"Etre champion d'Europe"

Premier champion du monde français de decathlon, Kevin Mayer a acquis son titre l'été dernier lors des mondiaux de Londres. Un couronnement qui faisait suite à sa médaille d'argent aux Jeux de Rio.

Présent en tant que membre du jury des Sportel Awards, Kevin Mayer avait les traits tirés suite à une grosse séance d'entraînement au Louis-II. Car le décathlonien ne sait pas vraiment s'arrêter quand il s'agit de sport. 

Comment vous-êtes vous senti après votre titre à Londres ?

Bien (rires). J'avais énormément de pression. J'étais tellement stressé avant que j'avais l'impression de ne plus être dans le même corps, après, quand le stress est retombé. Donc c'était une sensation de plénitude totale. Je pouvais profiter de ce que j'avais réalisé avec mes proches.

Vous évoquez une lourde pression. Avoir ce titre, après la passation de témoin qu'il y a eu lors des JO de Rio, ça vous a enlevé un poids ou au contraire, ça vous en rajoute pour la suite ?

Je ne pourrai pas avoir plus de poids à porter que celui que j'avais avant les Championnats du Monde, parce que tout le monde me disait que j'allais l'être avant même que la compétition n'ait lieu et que je le sois. Donc je ne vois pas comment je peux avoir plus de pression. J'ai prouvé aux autres et à moi-même que je pouvais assumer mon statut de favori et je vais essayer de continuer dans les prochaines années.

Et le prochain objectif de Kevin Mayer (il coupe)

Les Championnats d'Europe à Berlin (août 2018). Je n'ai jamais été champion d'Europe, donc je veux l'être avant tout, avec le maximum de points possible bien sûr (9 045 points). Tout le monde me parle du record du monde mais on voit que ça peut aller très vite dans un sens comme dans l'autre. Quand j'ai raté la perche, j'étais très loin du record du monde, donc je vais essayer d'être champion d'Europe et les points viendront peut-être avec.

Est-ce qu'être le premier Français à réussir cela confère à ce titre une saveur particulière ?

Oui, c'est sympa, après je ne me pose pas toutes ces questions. J'essaie juste de profiter de ce que le sport peut m'apporter. Quelqu'un disait que ce n'était pas une finalité mais plus un moyen de plein de choses, de moments à vivre et j'étais surtout dans la sensation des émotions que je ressentais à ce moment-là. Après oui, c'est plaisant. Mais ce que je retiens avant tout c'est ce que j'ai ressenti pendant ce décathlon.

Paris 2024, c'est un objectif ou c'est encore trop loin ?

Ce n'est pas trop loin parce que ça va très vite. Quand on a des objectifs de championnat chaque année, j'ai l'impression qu'une semaine se passe entre chaque échéance. Je ne me dis pas que c'est trop loin et ce sera énorme si je l'atteins, mais je pense que ce sera largement possible pour moi d'y être. Et j'espère en étant encore plus fort que maintenant. Après, il y a beaucoup d'événements qui arrivent d'ici là, mais ce serait pour moi l'apothéose de faire les Jeux Olympiques dans le Stade de France.

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