Thalys Beltram, la gagne dans la peau

À la force des pieds et des poings, elle fait régulièrement briller les couleurs de l'ASM au plus haut niveau. Âgée de 17 ans, la taekwondoïste a hérité du titre de meilleure sportive de l'année. Un bel encouragement pour cette demoiselle qui déborde d'ambition.

La rencontre entre Thalys Beltram et le taekwondo ? Elle tient à un bout de papier. Une affiche tombée sous les yeux de son père, Patrick, ancien boxeur. L'aventure démarrait en mode accéléré. "J'ai commencé à neuf ans. J'ai gagné une compétition puis une deuxième. Six mois après, j'étais aux championnats de France benjamines." Sous les couleurs de Beaulieu, la fillette frappait pour la première fois et revenait sur la Côte avec un premier titre national. Son arrivée à l'ASM allait renforcer son goût déjà bien affirmé pour la compétition. "J'ai sûrement pris des gènes de mon père", sourit la grande brune. "Son potentiel a très vite été décelé, elle avait des capacités physiques extraordinaires pour son âge, mais aussi des capacités mentales très adaptées à la compétition", assure Stéphane Mannino, le président de la section taekwondo.Sûre de sa force, Thalys Beltram a continué sa moisson dans toutes les catégories d'âge, est devenue championne de France en cadettes puis en juniors.

Rio en tête

Sous les projecteurs de l'auditorium Rainier-III, celle qui n'a pas encore franchi le cap de la majorité paraissait nettement moins offensive. Le visage a moitié caché par ses épais cheveux ondulés, elle croulait sous le poids de la récompense qu'elle venait de recevoir (elle pèse près de six kilos), adressant des sourires complices à son entourage. Mais qu'on ne s'y trompe pas : Thalys a envie de rester le plus longtemps possible sur le devant de la scène. Quand on lui demande quel est son plus grand objectif, elle répond illico : "Les JO, ceux de 2016 à Rio". 

Voir la sociétaire de l'AS Monaco sur les tatamis olympiques ? Cela n'a rien d'utopique, selon Stéphane Mannino. "On fonde beaucoup d'espoirs en elle. Thalys a une grosse marge de progression. Elle fait près de 1,80 m et elle est très explosive. Le fait qu'elle soit élue meilleure sportive de l'année, c'est une très grande fierté pour nous. Notre section avait déjà été honorée en 2008, avec Sandie Abellan."

"J'ai eu un déclic"

Élève en première au lycée Albert-1er, la jeune fille n'a pas l'intention de quitter son cocon familial pour rejoindre une structure fédérale. "J'essaie de concilier mes études avec le taekwondo, quatre fois par semaine. J'ai redoublé ma seconde, mais maintenant ça va", s'amuse-t-elle. "Et puis je vois les gens qui sont en Pôle espoirs, on fait les mêmes déplacements, les mêmes compétitions. Ça me motive de voir que j'arrive à avoir de bons résultats sans avoir leurs conditions d'entraînement. Ici, je n'ai pas vraiment de partenaire. Alors, je fais souvent des séances avec les garçons."

Régulièrement convoquée en équipe de France depuis 2009, l'Asémiste entraînée par Angelo Spataro fait preuve de plus en plus d'envie. Ce qui lui faisait parfois défaut, comme elle le concède. "Parfois, j'avais un peu la flemme d'aller à l'entraînement, il fallait un peu me pousser. Mais aujourd'hui, je vise très haut. En fait, j'ai eu un déclic quand j'ai gagné la finale des championnats de France espoirs (en janvier 2012, ndlr). Ce n'était pas ma catégorie, j'étais surclassée. Ça m'a fait prendre conscience de mes possibilités."

Son président expose une autre raison de verser dans l'optimisme pour sa protégée, qui a également raflé la mise lors des championnats de France juniors. "Dans notre sport, on arrive à maturité vers 24-25 ans. Anne-Caroline Graff a obtenu sa médaille d'argent à Londres à 26 ans). Thalys Beltram, désireuse de s'engager encore plus rapidement sur la voie du succès, peut s'appuyer sur sa principale qualité, "l'envie. C'est le plus important, parce que la technique, ça peut toujours se travailler. Je vais m'entraîner de plus en plus".

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