Tony Ramoin : "Le snow, c'est un moyen de se libérer"

Au bout du fil, le snowboarder d'Isola a l'air détendu. Oubliée, la "mauvaise" pression, place au plaisir. Dans quelques jours, Tony Ramoin participera à ses deuxièmes JO en boardercross. Médaillé de bronze à Vancouver en 2010, le rider aujourd'hui âgé de 25 ans a évolué, au gré des saisons réussies, des galères et des blessures. Posé, parfois volubile, il s'est livré sur sa passion et sur son envie de briller à nouveau.

Le snowboard

"Je m'y suis mis quand la personne qui m'a appris à skier a commencé à en faire. Quand tu es tout petit, celui qui t'apprend à skier, c'est un peu ton dieu, alors… J'ai quand même dû attendre d'avoir ma troisième étoile, à 6 ans, avant que mes parents me laissent le droit d'en faire."

"C'est un truc qui m'a attiré tout de suite. Je voyais les autres enfants qui étaient regroupés sagement, avec leur fuseau. Alors que moi, je pouvais partir dans la poudreuse."

"Avant, il y avait les études. Mais maintenant, c'est carrément toute ma vie. De toute façon, à partir du moment où je suis parti pour le lycée de Villars-de-Lans, en seconde, c'était inenvisageable de partir dans une autre direction. Pour moi, le snow, c'est un moyen de se libérer."

La compétition

"J'ai toujours fait de la compétition. C'est venu naturellement, en fait. J'ai commencé en alpin. Par la suite, on m'a demandé si je voulais faire une course régionale. Après, il y a eu les championnats de France, des Coupes d'Europe et des Coupes du monde. Je suis passé par toutes les étapes classiques."

"A part ça, j'ai fait un peu de cross à l'école. On nous envoyait faire les championnats UNSS. Mais je n'ai jamais pratiqué un autre sport sérieusement en dehors du snowboard. Après, dans la vie courante, j'aime bien jouer. Pas à la console, plutôt aux jeux de société ou aux cartes. Et là, j'ai envie de gagner aussi. Je ne m'énerve pas trop si je perds, mais bon… (il rit dans le combiné)."

Les Jeux de Vancouver

"L'année des Jeux, j'ai plus ou moins été mis de côté, je n'étais pas pressenti pour l'équipe olympique. Du coup, j'en ai profité pour progresser dans mon coin, faire du freestyle aussi. Ça m'a fait du bien."

"Finalement, ça s'est fait à la tête du client. Je pensais avoir le potentiel pour m'engager dans les manches de Coupe du monde, mais on ne me laissait pas y aller. Et puis "Paulo" (Paul-Henri Delerue) est tombé malade (il avait été victime d'une intoxication alimentaire). J'ai terminé cinquième en Coupe du monde et à partir de ce moment-là, je voulais montrer au staff qu'il s'était trompé."

"Comme je ne devais pas aller à Vancouver, je n'avais pas du tout été préparé à graviter dans un village olympique. C'est quelque chose de magique, ça m'a mis dans une bonne ambiance. J'ai participé à la cérémonie d'ouverture, j'en ai profité à fond, je ne restais pas du tout cloîtré. Bon, je me suis quand même forcé à ne pas manger à McDo avant mes courses !"

Tony Ramoin Snowboard

"Je n'ai jamais revu ma finale. Quand je suis revenu, on m'a montré des images, le podium ou des extraits de la course. Mais jamais en entier. Je crois que je trouvais ça bizarre, c'est un peu dur à expliquer. Je me reconnais dans ma façon de rider, mais j'ai l'impression que pour le reste, ce n'était pas moi. Comme si j'étais en transe ce jour-là… Bon, ça reste forcément un très bon moment et je pense que je pourrais le revoir aujourd'hui. Mais il faut avancer dans la vie."

Page 1/2

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos