Philippe Manassero : "On ne peut pas vivre le sport qu’en remettant des coupes"

A quelques minutes du colloque (le 8 décembre) sur le harcèlement dans le sport, organisé par le Comité Départemental Olympique et Sportif des Alpes Maritimes, le président du CDOS, Philippe Manassero, est revenu sur les raisons qui l'ont poussé à organiser cet évènement.

Pourquoi avoir décidé d’organiser ce colloque ?

C’est un travail qu’on a eu en collaboration avec la direction de la cohésion sociale. Cette thématique n’est pas souvent ou très peu abordée dans le milieu du sport. Et j’étais très intéressé, parce que je pense qu’aujourd’hui, on ne peut pas vivre le sport qu’en remettant des coupes. On doit aborder toutes les thématiques. Et ces problématiques liées au harcèlement, elles existent dans la vraie vie. Donc elles existent aussi dans le sport. 

Est-ce quelque chose de très répandu dans le sport aujourd’hui ?

Je ne sais pas. Mais on voit très bien que certains endroits ou certains cas ont fait la une des médias. L’idée de ce colloque m’a paru intéressante. J’ai été assisté par Lorenza Bergamasco qui est chargée de mission chez nous (CDOS 06), et avoir comme grand témoin quelqu’un qui a subi ce genre de choses, avec l’agression qu’a subi Isabelle Demongeot, ça donnait à ce colloque une dimension nationale, voire internationale. Je suis fier que l’on puisse mener ce colloque dans les Alpes Maritimes, qui va donner de l’information à tous les publics. Mais aussi des outils au cas où une situation de ce type interviendrait dans une structure sportive. 

Ce genre d’action peut amener à briser l’omerta autour de ce sujet ?

Bien sûr. Le sport c’est la vraie vie, et de partout se trouvent des délinquants et des prédateurs. Il faut passer l’information. Le prédateur qui a sévit sur Isabelle Demongeot est aujourd’hui en prison pour 10 ans. Ce type d’évènement doit permettre à une multitude de personnes de pouvoir prendre en compte ce problème qui peut exister. Et s’il existe, qu’on ait les outils pour pouvoir répondre.

Pourquoi  y a t il une telle omerta sur ce sujet dans le monde du sport ?

Je ne sais pas. Mais l’omerta, elle était aussi dans le monde du travail. La parole se libère petit à petit. Et je pense que ça va avancer dans le sport aussi. Ce qui est important, c’est que si demain un enfant est pris par des prédateurs autour des clubs, il faut qu’on ait l’information et les outils pour réagir. Et si ce type de colloque doit avoir une performance, c’est plus sur la prévention que la répression. 

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