Olympiens

En piste !

Ils étaient donc 3 à porter les couleurs de la Principauté lors de cette XXXIe Olympiade. Kevin Crovetto chez les gymnastes, Yann Siccardi en judo et Brice Etes en athlétisme. S'ils ont connu des fortunes diverses, tous ont fait de leur mieux pour figurer au Panthéon des Olympiens.

Il n'est pas toujours facile de rentrer dans sa compétition. Mais lorsqu'il s'agit des Jeux Olympiques, la motivation, déjà très forte sur des championnats du monde ou d'Europe, s'en trouve décuplée. La pression laisse place à l'adrénaline, qui ne cesse de monter à mesure que l'entrée en lice approche. Une adrénaline porteuse pour ces champions qui, même s'ils n'ont pu jouer une médaille, ont tout de même fait de leur mieux au cours de cette quinzaine brésilienne. 

D'autant que pour deux d'entre eux, l'entrée en lice se faisait dès le 6 août, soit dans la foulée de la cérémonie d'ouverture. Une cérémonie durant laquelle Yann Siccardi devait initialement être le porte-drapeau de la délégation monégasque. Mais, devant combattre le lendemain, le judoka a dû renoncer à ce rôle symbolique. La faute à la pesée qui était organisée dans le même temps que la cérémonie. C'est finalement Brice Etes qui l'a remplacé.

Siccardi, premier de cordée

C'était donc à Yann Siccardi qu'incombait la lourde tâche d'ouvrir le bal côté monégasque. Au lendemain de la cérémonie d'ouverture, le judoka de la Principauté s'avançait donc sur le tapis avec un sacré client en face de lui. "Dès le tirage au sort, quand j'ai vu que j'avais ce Japonais (Naohisa Takato, médaillé de bronze à Rio), je savais que ça allait être compliqué", confie Yann. 

Gêné dans sa préparation par une blessure à la cheville, le pensionnaire de l'Athletic Club de Boulogne-Billancourt savait qu'il ne pourrait être au top de sa forme. Cependant, le combat de Yann n'a pas évolué comme espéré, tournant même assez court, la faute à une décision des arbitres. "Au début, inconsciemment, j'avais une petite appréhension de prendre un mec aussi fort d'entrée. Il m'a fallu une ou deux prises pour me rendre compte que c'était un garçon comme un autre. J'arrivais à poser mes mains comme je le voulais, le combat se déroule pendant 1'30 et à un moment il attaque, j'essaie de me rattraper pour ne pas me retrouver sur le dos et je touche sa jambe avec mes doigts." Problème, toucher les jambes d'un adversaire avec sa main, que ce soit en position d'attaque ou de défense, est désormais interdit en judo. 

1 Siccardi Avant Combat

"Il tenait bien, il était dans son combat, sans complexe, il a pris des risques et puis, d'un coup, c'est la frustration. Je n'ai pas vu qu'il avait touché, lui a percuté 10 secondes après", explique Marcel Pietri, qui accompagnait Siccardi. Pour Yann, ce qui est rageant, c'est qu'il repart "avec le sentiment de ne pas avoir pu tirer toutes les cartouches, de ne pas avoir pu essayer jusqu'au bout. J'ai eu la chance d'aller voir Kevin dans la foulée, ce qui m'a permis de passer à autre chose, même si pendant les deux jours qui ont suivi, j'ai un peu accusé le coup. Mais je me suis rappelé que j'étais aux Jeux Olympiques, que certains tueraient pour être à ma place, donc je suis passé à autre chose." 

Une première réussie

Si Yann était tout de même un peu déçu de la tournure du combat, Kevin Crovetto était, lui, satisfait de sa prestation brésilienne pour sa grande première aux JO. Il faut dire qu'il revenait de très loin après avoir subi une blessure terrible au genou à peine plus d'un an auparavant. Et pour cette première, le jeune homme a atteint l'objectif qu'il s'était fixé, à savoir finir dans la première moitié de tableau. 

5 Crovetto Avec Prince

"Kevin a fait ce qu'il avait à faire. Il aurait pu avoir une meilleure note, parce qu'il se fait voler quelques dixièmes, mais il a bien fait son boulot, avec un match quasi sans faute. Quatorze mois après ses croisés, il refait le sol, le saut avec des sorties stabilisées", détaille son entraîneur, Thierry Aymes. Pour le gym monégasque, cette expérience restera à jamais gravée dans sa mémoire. 

"Dans mon état, j'ai fait le maximum. Avec un peu plus de temps pour consolider ma jambe, j'aurais pu viser un peu plus haut, mais j'avais annoncé mon objectif en étant conscient de mon état de forme. Je n'ai pas fait d'erreurs dans ma compétition, mais je me contente de ça vu d'où je reviens. J'ai aussi pu mesurer tout le chemin qu'il me reste encore à parcourir pour devenir un acteur principal et ce qui me séparait des meilleurs pour espérer faire une finale dans quatre ans.

Derniers tours de piste olympique

Brice Etes était arrivé à Rio avec l'envie de faire mieux qu'il y a quatre ans, à Londres, où il avait été disqualifié. Malgré des douleurs persistantes au tendon d'Achille, qui ne lui ont pas permis d'être dans une forme optimale, la faute "à un changement de chaussures qui a réveillé de vieilles douleurs", d'après son entraîneur, le coureur monégasque a réussi malgré tout une course honorable. 

800m Action

"Même s'il n'a pas pu jouer les premiers rôles, et qu'il n'était pas physiquement au top car il n'avait pas pu s'entraîner quelques semaines avant, il laisse quand même une dizaine de coureurs derrière lui et il a été au niveau de l'évènement", note Bastien Perrault, son entraîneur. Pour Brice, le bilan est également positif. "Sur le plan sportif, ça aurait pu être pire mais j'ai pu finir la course, je n'ai pas été disqualifié et je n'ai pas été ridicule puisque je mets 11 ou 12 personnes derrière moi. J'étais quand même un peu frustré à l'issue de la course parce que je n'avais pas réussi à récupérer le niveau que j'avais un mois avant. Mais j'ai pu relativiser grâce à mon coach et au groupe." 

D'autant qu'avant la compétition, Brice avait eu la bonne surprise d'être désigné porte-drapeau, Yann Siccardi ne pouvant tenir ce rôle qui lui avait été initialement attribué. "J'ai été surpris et très heureux que ce soit moi. C'est un honneur de pouvoir le faire et comme c'étaient mes derniers Jeux, je savais que si ça n'avait pas été là, ça ne serait jamais arrivé. Et porter le drapeau de sa délégation aux JO, c'est quelque chose…"

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