"La richesse intellectuelle est plus forte que la financière"

Didier Drogba n'est plus à présenter. L'ancien avant-centre de Chelsea et de la Côte d'Ivoire a presque tout gagné durant sa carrière de footballeur. Mais il a aussi pris part à l'histoire de son pays lors de "l'appel de Khartoum".

Comment voyez-vous votre arrivée dans cette "armée de champions" ?

C'est un honneur pour moi quand on voit la liste des représentants de Peace and Sport. Des champions dans tous sports et surtout des valeurs très honorables. J'ai été choisi en tant que sportif, mais surtout en tant qu'homme. 

Vous êtes engagé dans des projets humanitaires avec la Fondation Didier Drogba. Quel est son rôle ?

Depuis 2007, on a commencé un travail dans les orphelinats et depuis 2010 j'avais l'ambition de construire une clinique. Là, elle est sortie de terre et on travaille avec le ministère de la santé pour ouvrir rapidement. C'est quelque chose de très important pour moi. C'est une sorte de "legacy" (héritage), ma manière de redonner au peuple africain, et comme je ne peux pas construire cinq cliniques, avec mon staff on a réfléchi à comment impacter les populations, comment être auprès d'elle et on est arrivé à ce concept de clinique mobile. Ça me prend beaucoup de temps, mais je suis content parce que j'ai l'impression de contribuer à aider et à sauver des vies. 

Votre engagement pourrait aussi se tourner vers le sport ?

Dans le sport, et le football notamment, je viens de prendre une équipe en Côte d'Ivoire, donc on va essayer d'être bon, de bien jouer, mais aussi d'avoir des joueurs ambitieux intellectuellement. Car tout le monde ne voudra pas forcément devenir footballeur professionnel, de renommée ou "devenir riche". Mais la richesse intellectuelle est bien plus forte que la financière. 

Qu'est-ce qui vous procure le plus d'émotions, soulever des trophées ou se rendre compte qu'on est utile auprès des gens ?

Les deux sont des émotions fortes mais différentes. Je suis quelqu'un de très, très émotif quand il s'agit de faire du bien autour de soi. Quand je remporte des trophées aussi (rires), mais c'est incomparable parce qu'on sait que dans les deux cas, on fait du bien aux supporters au club, à nos partenaires. Mais après, c'est plus que du foot. 

Georges Weah président du Libéria, pourrait-on voir Didier Drogba se lancer en politique ?

Je pense qu'à partir du moment où on se lance dans le social, comme j'ai pu le faire, indirectement, on fait de la politique. Parce qu'on essaie de changer le bien-être des gens, mais moi c'est de la politique sociale. Je trouve que c'est toucher vraiment, être au cœur des vrais problèmes. Je ne dis pas que le reste n'est pas important, mais je pense que le travail qu'on fait avec la Fondation Didier Drogba, c'est sûrement de la politique mais ce n'est pas pour autant que j'ai envie de me lancer dans ce genre de combats. Mon côté neutre face à la politique est ma plus grande force. Donc je ne vois pas pourquoi j'irais en faire. Parce que quand on se lance dedans, on perd forcément certains admirateurs. 

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