Dossier

Paris-Nice : Une fusée nommée Wiggins

Classé parmi les favoris du prochain Tour de France, le Britannique Bradley Wiggins a inscrit son nom tout en haut du palmarès de l'édition 2012 du Paris-Nice (disputée du 4 au 11 mars). En prime, le triple champion olympique a terminé la semaine à toute allure, en réalisant un chrono record au col d'Eze.

Sisteron, ville natale du poète Paul Arène, est une séductrice qui peut se targuer de bénéficier d'un taux d'ensoleillement de trois cent jours par an. C'est aussi une gourmande qui, grâce à ses produits du terroir, dont la douceur de ses agneaux et le sucré de ses pommes, sait se faire apprécier des gastronomes."
Voilà ce que disait la plaquette touristique. A son grand dam, le peloton du Paris-Nice n'a pas pu vérifier si tout cela était exact. Car pour les coureurs, cette commune des Alpes-de-Haute-Provence, perchée à 485 mètres d'altitude, allait seulement faire office de halte, en préambule de la journée la plus longue de la semaine. Vendredi après-midi, toute la troupe avait atterri ici, après une "balade" démarrée quelques heures plus tôt à Suze-la-Rousse (Drôme). Le premier à poser ses valises au pied de la citadelle se nommait Luis Leon Sanchez. Avec une demi-roue d'avance sur l'Allemand Jens Voigt (41 ans), l'Espagnol de la Rabobank enlevait la quatrième victoire de sa carrière durant Paris-Nice. Vainqueur de l'épreuve en 2009, il avait néanmoins déjà abandonné tout espoir de doublé dès la deuxième étape.
Après une nuit de repos, tout le monde remettait le nez dans le programme. Celui d'une septième étape qui allait les conduire jusqu'à Nice, au terme de 219,5 kilomètres. Soit la portion la plus copieuse (mais sans agneau) de l'épreuve. A un peu plus de cinquante bornes de l'arrivée, l'ascension du col de Vence (première catégorie) faisait office de plat de résistance.

Les Vacansoleil ne chôment pas

Avant cela, plusieurs protagonistes avaient déjà demandé l'addition. Ni Andy Schleck ni Ivan Bassi ou encore Sandy Casar, qui avaient abandonné au cours de la semaine, n'allaient avoir l'occasion de respirer l'air marin de Nice. Auteur d'un joli numéro l'an passé sur la Prom', Thomas Vœckler s'élançait cette fois avec moins d'entrain, déjà semé au général. Même cas de figure pour l'autre Schleck (Frank), Andreas Klöden et surtout Tony Martin, lauréat 2011.
Ceux qui restaient encore en lice pour la gagne, pour un maillot ou tout simplement en quête d'un moment de gloire, allaient-ils se jeter à corps perdu ? Rien n'était moins sûr, tant le chrono de l'ultime étape semblait canaliser toute l'attention. Dans cet environnement où chacun ménageait sa monture et se regardait en chiens de faïence, certains n'allaient pas tarder à réclamer leur bon de sortie. Sur le qui-vive, le peloton reprenait de volée tous les hommes qui avaient une réelle carte à jouer au général. Respectivement 65e et 96e, Thomas de Gendt et Rein Taaramae, ne collaient pas avec cette description. Alors, quand le duo prenait la fuite après un peu moins d'une heure de course, la meute décidait de le laisser ouvrir la route. "Selon que serez puissant ou misérable…" disait La Fontaine.
Pendant leurs 170 kilomètres d'échappée, le Belge et l'Estonien n'en ont a priori pas profité pour réviser leurs classiques. Pire, le tandem se prenait même le bec. "Dans l’ascension vers le col de Vence, j’ai demandé à Taaramae de prendre un relais, et il n’a pas voulu. Alors j’étais un peu énervé, et ça m’a placé dans les bonnes dispositions pour attaquer", racontait De Gendt.

Membre de l'équipe Vacansoleil, il avait l'occasion d'offrir sa troisième victoire en sept jours à la formation néerlandaise. Touché lors d'une chute en début de parcours, Rein Taaramae (Cofidis) cédait peu à peu sous les coups de boutoir du Flamand.

Page 1/3

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos