Chpts du monde de kick-boxing : Monaco prend des airs de Vegas

La salle Gaston-Médecin transposée à Las Vegas l'espace d'une soirée. Un ring rouge ancré au centre, des douches de lumière et 2 461 places prévues, le décor adéquat pour accueillir seize des meilleurs kick-boxeurs mondiaux. Au programme, huit combats pour huit titres de champion du monde. Rien que ça.

Il fallait à la cité-Etat un événement à sa hauteur. Un show grandiose, unique et prestigieux. C'est ce que Claude Pouget et l'Académie internationale de self-defense et sports de combat de Monaco, présidée par son épouse Félicia Pouget, ont su offrir à un public visiblement en demande. Tout a commencé avec la pesée des combattants, vendredi 8 mars, à 19 heures, sur la terrasse du Café de Paris. 

Une mise en bouche où les spécimens musculeux jouent cartes sur table. C'est en caleçon fluo pour certains, en slip pour d'autres, qu'ils se font jauger. Pas question de tricher et d'arriver avec un kilo en trop. Le lendemain soir doivent avoir lieu quatre combats en kick-boxing, et quatre autres en K1-rules, qui en est une variante. Dans ces deux types d'arts martiaux, il y a plusieurs catégories réglementées par des poids imposés. Ce défilé de molosses venant de France, de Russie, de Roumanie, d'Italie, des États-Unis, des Pays-Bas, d'Afrique du Sud et de Serbie n'a pas manqué d'épater la galerie. Et même si ça fait un peu bêtes de foire, on se prend volontiers au jeu. Un amusement, voire un régal des yeux pour certaines.

Trêve de plaisanteries

C'est "la" soirée à ne pas manquer, annoncée depuis des semaines. Des panonceaux estampillés kick-boxing, fond blanc, écriture rouge (sang ?) ont été méticuleusement semés dans le tout Monaco pour attirer les curieux et adeptes vers le cœur névralgique de la Principauté en ce samedi 9 mars. Le rendez-vous était fixé à 20 heures. 

Mais dès 19 heures et des poussières, des grappes d'individus patientent déjà dans la pénombre, devant l'entrée du stade Louis-II. Nous nous laissons conduire à nos sièges VIP (avantage presse) par une charmante hôtesse. Nous sommes tout près du ring. Nous n'allons rien louper des fracas de cuir contre chair et inversement. L'excitation nous gagne tranquillement. De jeunes et fraîches demoiselles (dé)couvertes par un léger shorty rouge et blanc ainsi qu'un haut laissant admirer leur ventre plat déambulent sur le ring. Ce sont elles qui remettront les trophées - de larges ceintures dorées - aux champions. Perchées sur des escarpins vermeils, elles échauffent leurs longues jambes.

Un autre Monaco

La température monte nettement lorsque le public afflue enfin. Les tribunes se remplissent. La musique s'empare de nos tympans, les pompiers sont sur le pied de guerre en bas des tribunes et les techniciens accomplissent leurs derniers réglages. Le matériel de pro était de rigueur car le show allait être diffusé en différé sur Canal+ sport et Eurosport. 

Les fourrures et les sacs griffés sont de sortie. Les amateurs, discrets, prennent aussi leurs quartiers. Cheveux ras ou carrément longs, vestes cintrées et sombres, les habitués des sports de combat sont chez eux ici. 

La lumière laisse la place à une musique plus forte. Dans le noir, on distingue deux silhouettes à l'allure robotique, respectivement couvertes de leds vertes et bleues. Puis la fumée jaillit près de l'estrade à l'américaine par laquelle arrive "Crazy Fred", vêtu d'un costume bicolore. Moitié noir, moitié blanc. Pleins feux sur celui qui va animer la soirée. Il grimpe sur le ring et salue le public. Jean-Paul Maillet, consultant sports de combat depuis 20 ans sur Canal+, vient le rejoindre. 

"Nous allons vivre quelque chose d'exceptionnel ce soir  ! Une soirée digne de Las Vegas !", s'enthousiasme-t-il. Puis vient le tour de l'expert du kick-boxing Claude Pouget et de la Baronne Cécile de Massy, respectivement directeur technique, et membre du comité d'honneur et vice-présidente de l'Académie internationale de self-defense et sports de combat de Monaco. Ils se faufilent entre les cordes du ring et remercient en chœur la Principauté et le public venu en masse. "Et désormais, place aux combats !", rugit l'homme au costume bicolore.

Dans le vif

Une belle plante hissée sur des échasses vient présenter la ceinture du futur vainqueur aux spectateurs excités. Dans la catégorie des poids moyens, deux nerveux de 75 kilos font leur entrée tour à tour. Le Russe Aleksandr Zakharov, 21 ans, foule le ring en premier, suivi par le Biélorusse Yury Bessmertny, nanti de cinq titres de champion du monde à seulement 25 ans. Il y a du niveau. 

Les démonstrations de respect témoignent de l'éthique qui anime cette discipline. Les hommes de coin se serrent la main, les combattants se saluent en faisant claquer leurs gants ou en se donnant une brève étreinte. La salle se lève lors des hymnes des deux camps. Le Russe se signe, le Biélorusse engloutit sa gouttière puis on entend "fight", de la part de l'arbitre présent sur le ring. Le gong retentit et c'est parti pour cinq rounds de trois minutes. 

Les coups tardent à partir. Les hommes de coin vocifèrent dans leur langue. Le Russe lance un crochet du droit direction la mâchoire du Biélorusse. Contré. Celui-ci se moque et lui fait signe de mieux viser. Le combat se poursuit et le Russe se fait administrer une série de coups de pieds et de poings. Sonné, il continue de se défendre et manque de tomber du ring par deux fois. Plus il reçoit de coups et plus le public est en liesse. Ils terminent le troisième round péniblement. Ils sont épuisés. Le Biélorusse Yury Bessmertny l'emporte aux points, 3-0. Il est immédiatement sacré champion du monde sur l'inusable "We are the champions", de Queen.

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