Azur sports Cannes dépoussière le karaté

Créé en 2008 par Sabrina Ristagno, l'AS Cannes karaté a pris son essor. Dynamique, l'association tente d'enseigner son art martial en mariant modernisme et tradition. Découverte.

Pour assouvir sa passion, Sabrina Ristagno a longtemps dû "s’exiler" du côté de Nice. Pas forcément par choix. Juste parce qu’aucun club de sa ville ne permettait l’apprentissage du karaté shotokan.

En 2008, la jeune femme, alors âgée de 23 ans, décide de prendre les choses en mains avec détermination, sans appréhension. Elle dépose les statuts de l’AS Cannes karaté et enclenche la première.

"J’ai démarré l’aventure toute seule. Au début, je travaillais dans un ou deux autres clubs. Mais je voulais proposer ma propre vision du karaté", expose Sabrina, cheveux courts et regard malicieux.

Sa vision du karaté ? Un dosage équilibré entre tradition et nouveauté. "J’ai vraiment envie de transmettre aux gens ce que j’ai appris, en m’adaptant à ce que chacun vient chercher ici. Pour faire simple, je veux développer quelque chose de moderne, loin des vieux clichés des coups de poing dans une planche en bois répétés à l’infini."

"Stages commando" et karaté fitness

Ceinture noire 4e dan, la Cannoise a décidé d’ouvrir les portes de ses cours à un large public. Une nécessité pour assurer la pérennité économique de sa structure, mais surtout une approche moins conservatrice de son art martial.

A l’AS Cannes, les plus jeunes pratiquants ont 3 ans et demi. Dans le club, on trouve des spécialistes du combat ou des katas (ensemble de mouvements codifiés), ou encore des adeptes du karaté fitness. "C’est quelque chose qui plaît pas mal aux filles. On travaille sans kimono, en musique. Tout en effectuant des mouvements du karaté, on fait du renforcement musculaire, des abdos-fessiers… C’est très dynamique."

Dynamique, sans doute. Et pourtant loin d’être aussi éprouvant que les "stages commandos" lancés il y a quatre ans par Sabrina Ristagno. Une ou deux fois dans la saison, elle propose aux plus accros de ses 60 licenciés de partir pour trois jours sur les Îles de Lérins.

Les jeunes et moins jeunes sont prévenus d’entrée : ils sont là pour en baver. "Tôt le matin, on commence par un footing, on enchaîne avec un parcours du combattant et un premier entraînement. On mange ensemble, on se repose un peu et on repart pour une deuxième séance. Le soir, après le dîner, on termine avec une troisième séance. Bien sûr, le programme est plus allégé pour les enfants. Ce qui est intéressant, c'est voir autre chose que la salle. S'entraîner à l'air libre, c'est agréable."

L’ouverture à d’autres disciplines
et d’autres enseignants

Parfois à l'étroit dans le petit dojo de la rue Paul-Sérailler, l'AS Cannes karaté dispose d'un créneau par semaine au collège Capron, où les élèves de Sabrina Ristagno cohabitent avec des judokas.

Les membres de l'ASC, qui apprennent les subtilités du shotokan, la plus répandue des différentes formes de karaté, touchent parfois à d'autres disciplines, comme le désire leur prof. 

"Je n'ai pas envie qu'ils restent enclavés dans un style ou une pratique. Il n'y a pas une seule vérité… J'aime faire intervenir des spécialistes du krav maga ou encore du kickboxing dans mes cours. Lors du dernier stage, on a pu travailler avec Nathalie Leroy, qui est une référence en matière de karaté."

La méthode semble fonctionner, comme l'atteste la récente deuxième place obtenue par l'équipe féminine (dont Sabrina fait partie) lors de la coupe de France kata


Coupe de france Katas par ASCannesKarate

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