Dossier

Visite du Judo club de Monaco

Le dojo du stade Louis-II est ouvert à tous. Des plus petits aux plus grands, on y initie au judo et on y peaufine les katas. Aux commandes des trois cents adhérents du Judo club de Monaco (JCM), on trouve Marcel Pietri, directeur technique haut en couleurs, ainsi que François Bick, entraîneur à ses côtés depuis onze ans.

Les cours de judo avec Marcel Pietri, c'est rarement calme. Plutôt pimenté. Un vendredi soir, bientôt dix-huit heures, les minimes, benjamins et cadets se préparent dans les vestiaires. Mais ça ne va pas assez vite au goût du grand chef. Il tambourine à la porte, rieur. 

Les jeunes judokas filent droit vers le tatami pour l'échauffement. "Allez, vous allez chercher le trampoline !" Entre-temps, il part chercher son poulain, Cédric Bessi, Monégasque exilé à l'Institut du judo parisien depuis cinq ans en vue de faire grimper son niveau. 

Le jeune homme se trouve quelque part dans les couloirs du Louis-II, son coach à ses trousses. "Les petits ont la chance d'avoir Cédric ce soir. Il va leur montrer quelques mouvements", s'enthousiasme le directeur technique. 

Mais une fois que le patron tourne les talons, c'est la fête au dojo. Instantanément, on retrouve un tas de kimonos empilés les uns sur les autres, hurlant de rire. "Eh ! Stop ! Les uns après les autres, pieds joints. On y va ! Emmanuel, attention, on dirait un crapaud !" 

L'excitation laisse vite place à la discipline. Pietri (père de Loïc, champion du monde des -81 kg et licencié du JCM jusqu'à ses 18 ans) en profite pour s'asseoir près de nous, sans jamais quitter des yeux ses apprentis. "Cette année, nous avons à peu près trois cents adhérents. Dans les meilleures années, ça peut aller jusqu'à trois cent cinquante", explique-t-il.

"J'adore les petits"

Au Judo club de Monaco, Marcel Pietri et l'entraîneur, François Bick, prennent en charge tous les niveaux. "Cela va de l'initiation aux seniors. Moi je m'occupe surtout des minimes, benjamins et cadets. C'est Marcel qui se charge des tout petits, les cinq-six ans", raconte Bick. 

Marcel passe tout de même le plus clair de son temps avec les juniors et les seniors. Il a pour mission de ficeler les plannings et déplacements des judokas de haut niveau tels que Yann Siccardi et Cédric Bessi. 

Dans sa vie de coach, avant d'enseigner aux petits, il avait commencé par les adultes exclusivement, en 1986, année où il terminait vice-champion d'Europe. "C'est en 1990 que j'ai repris la totalité des cours à temps complet. Au départ, j'étais professeur d'EPS et conseiller technique régional de la Côte d'Azur. Je m'occupais aussi de la formation des enseignants de judo, je leur faisais passer leur brevet d'État (BE)." 

C'est d'ailleurs Pietri en personne qui a fait passer son BE à François Bick. Il était aussi son entraîneur lorsqu'il faisait encore de la compétition. Marcel Pietri a ensuite été détaché à l'Éducation nationale monégasque. C'est ainsi qu'il a pu entrer à la Fédération de judo. Il coupe son récit. "Eh ! On a la chance d'avoir un vrai judoka international avec nous ce soir", lance-t-il à l'attention des petits. 

"Alors on va l'écouter bien sagement. Il va vous montrer comment on fait un ko oshi gake (fauchage)". Puis il se penche vers nous : "Regarde comme ils sont sages. Devant Cédric, ils n'osent rien dire. Ils sont admiratifs", s'amuse le coach. "Moi, j'adore les petits."

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