Morgan Girardeau fait escale sur le Rocher

Cette semaine, le Judo Club de Monaco a accueilli le judoka Morgan Girardeau qui, depuis le 14 septembre 2015, arpente les dojos du monde dans le cadre de son "Judo World Tour".

Il est 14h00 et Marcel Pietri précédé de ses apprentis judokas s'apprêtent à pénétrer dans le dojo du stade Louis-II. Les petites têtes blondes semblent bien impatientes de monter sur le tatami. Il faut dire que ce mercredi, c'est en présence d'un invité spécial que le cours va se dérouler. En bout de file Morgan Girardeau, 5e dan et professeur de judo, s'amuse de l'agitation des enfants. 

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"Depuis hier, il a participé à tous les cours, que ce soit avec les adultes ou les enfants", nous rapporte le directeur technique du club monégasque. Il y a deux ans, ce Breton âgé de 40 ans, a décidé de vendre sa maison, sa société, la quasi-totalité de ce qu'il possédait pour se lancer dans un tour de monde pas comme les autres. Son but : découvrir "l'universalité du judo".

La passion, rien que la passion

"Avec mon père, on regardait beaucoup la télévision et les reportages d'Ushuaia et du Commandant Cousteau. J'ai toujours été attiré par les pays étrangers et par le judo que je pratique depuis de très nombreuses années. J'ai donc eu cette idée de partir faire le tour du monde en 1996 et d'aller pratiquer cet art martial japonais à l'étranger. Et puis ce désir de partir a mûri dans mon esprit, jusqu'à il y a quasiment deux ans, quand j'ai décidé de tout quitter le 14 septembre 2015."

Depuis ce jour-là, il arpente les dojos des cinq continents et affronte des combattants du monde entier tout en découvrant une multitude de cultures et de modes de vie. "Ma philosophie : explorer, rencontrer et partager à travers ma passion. C'est toujours un bonheur d'arriver dans un nouvel endroit", nous explique Morgan Girardeau. "Je suis parti avec un but bien précis. Celui de m'entraîner dans chaque pays où je poserai les pieds."

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Brésil, Cambodge, Japon, Australie, Etats-Unis, la Principauté est sa 38e destination. Et à chaque pays qu'il visite, il n'en part pas sans être rentré dans un dojo. Mais il y en a un qu'il a bien failli quitter sans avoir foulé le moindre tatami. "C'était en Uruguay. Dans chaque pays que je traverse je fais passer le judo avant le tourisme. Et là-bas, j'ai fait le contraire. J'ai finalement trouvé un club à 21h, alors que je prenais l'avion le lendemain à 8h00. Si je n'avais pas pu faire de judo, j'y serai retourné." 

Mais pour l'heure alors qu'il ne lui reste que deux pays à découvrir, son objectif est rempli à 100 %. Et il revient de son voyage, nourri d'une expérience riche à la fois humainement et spirituellement. "La pratique du judo est sensiblement la même partout. Elle est régie par des règles, celles que nous retrouvons lors des compétitions, comme les Jeux olympiques", souligne Morgan Girardeau. "C'est la façon de l'enseigner qui diffère selon les pays. Et c'est cela qui m'intéressait d'observer. On ne l'enseigne pas de la même manière à des enfants, qu'à des adolescents ou des adultes. Il y a aussi selon les pays des petites subtilités sur le respect de l'étiquette, sur l'environnement, sur comment on salue le dojo. Le respect des traditions et de la culture japonaise. C'était très intéressant de découvrir tout cela et d'en avoir différentes versions." 

Un livre pour finir

Cette belle expérience, il la partage via les réseaux ou son blog. Aujourd'hui, il a presque atteint les 26 000 abonnés. "Je me fais un devoir de partager ce que je fais. Et je fais vivre aux autres mon aventure de différentes manières." Interview, vidéos, photographies, cartes postales, tout est bon pour tenir son public et ses amis au courant de son actualité.

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Dans une quinzaine de jours, son magnifique périple va prendre fin. "Au départ j'étais parti pour faire 37-38 pays. Mais comme j'ai eu 40 ans cette année, j'ai décidé de finalement me rendre dans 40 pays différents. C'est un petit clin d'oeil symbolique.", raconte ce globe trotteur en judogi. "Et puis il y a la question budgétaire qui rentre en compte. Un tour du monde comme celui-là m'a coûté plus de 50 000 euros. Et pourtant, le Breton sait se contenter de peu et n'est pas dépensier. "Je n'ai pas trop fait d'excès pendant mon voyage. Au début je voyageais en stop, pour m'héberger, je vais soit chez la famille des judokas que je rencontre ou dans des auberges de jeunesse."

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Son tour du monde n'est pas encore achevé que dans sa tête, la suite est déjà toute tracée. Il a pour objectif de retrouver une vie active et d'ouvrir une société liée bien évidemment à sa passion. Mais pas que… Un tel voyage mérite bien un écrit. "J'ai déjà commencé à écrire un livre intitulé Judo world Tour – Mon tour du monde du judo. Je pense que je l'aurai terminé d'ici la fin de l'année. Il ne me restera plus qu'à trouver un éditeur."  Mais avant cela, il lui reste encore les dojos suisses et italiens à visiter !

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