Marcel Pietri fier de son fils Loic, champion du monde de judo

"On s'est déjà disputés pour la chasse 
ou la pêche, mais pas pour le judo"

Vice-champion d'Europe en 1986 et vainqueur du tournoi de Paris en 1988, Marcel Pietri n'a jamais cherché à pousser son fils vers le judo. Ses premiers pas sur un tatami, Loic les a faits presque naturellement. 

"A 4 ans, il venait avec moi. Il jouait pendant l'entraînement, il prenait un ballon. Il s'est mis au judo l'année suivante, puis il a fait de l'escrime. A huit ans, il est revenu pour de bon. Je l'ai entraîné jusqu'à ses 18 ans. Mais ce n'est pas moi qui ai voulu qu'il s'oriente vers le haut niveau. De toute manière, ça doit être un choix personnel. Un bon gamin, tu peux le faire devenir champion de France cadet, mais après…"

Le duo père/fils, entraîneur/entraîné, a rapidement trouvé son rythme de croisière. Le jeune disciple était prêt à entendre toutes les remarques, à condition qu'elles soient adressées en tête à tête. 

"Quand on rentrait le soir ensemble, dans la voiture, je lui donnais mes conseils. Ça s'est toujours bien passé entre nous. On s'est déjà disputés pour la chasse ou la pêche, mais pas pour le judo. Il n'y a jamais eu de rivalité entre nous par rapport à ce que j'avais pu faire pendant ma carrière. J'ai arrêté quand Loic avait un an, il ne m'a jamais vu combattre. Sauf quand il regardait mes vidéos en douce", sourit Marcel. 

Rio, terre de nouveaux exploits en 2016 ?

Voir Loic Pietri sur le devant de la scène n'a rien d'une surprise pour les observateurs réguliers des compétitions internationales. En 2009, lorsqu'il était encore junior, le Niçois avait frappé un grand coup en raflant les titres de champion de France, d'Europe et du monde. "Le plus drôle, c'est que cette année-là, il a perdu en finale du championnat régional", se rappelle son père.

Parfois branché sur courant alternatif, pas toujours en mesure de donner le change dans des confrontations supposément faciles, celui qui faisait partie du Pôle espoir du Parc impérial pendant son adolescence n'est jamais aussi fort que dans la peau de l'outsider. "Il sait se transcender. Sur une saison complète, il ne sera peut-être pas en tête des classements mondiaux. Mais lors des grands rendez-vous, il arrive à répondre présent."

Les Jeux olympiques de Londres, l'an dernier, devaient être les premiers de Loic Pietri, finalement lâché par son corps. Longtemps handicapé par des blessures, il avait vu Alain Schmidt lui ravir la place chez les moins de 81 kilos. "Disons qu'il en a trop fait à l'entraînement, on qu'on lui en a trop fait faire. Loic, ce n'est pas le genre de judoka qui accepte tout. Avant qu'il se lance dans quelque chose, il lui faut toujours des explications."

Pas question pour Pietri de manquer le prochain rendez-vous olympique. Et pas seulement pour faire de la figuration. Plus mature, capable de réaliser de nouveaux éléments techniques, l'Azuréen connait le chemin à suivre pour briller lors de l'édition 2016 à… Rio.

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