Marcel Pietri fier de son fils Loic, champion du monde de judo

Directeur technique national de la Fédération monégasque et entraîneur du Judo club de Monaco, Marcel Pietri a eu le bonheur de voir son fils, Loic, devenir champion du monde des moins de 81 kilos à Rio. Volubile mais mesuré, le technicien est revenu sur les premiers pas du fiston sur les tatamis monégasques et a évoqué la personnalité de ce garçon atypique et déterminé.

"48 heures avant une compétition, je sais s'il va bien ou pas", énonce Marcel Pietri au téléphone. De l'autre côté de l'Atlantique, depuis le Brésil, Loic lui avait donné de bonnes nouvelles. Pas de bobo, un moral au beau fixe. Il fallait au moins ça avant de se lancer à la conquête d'un titre loin d'être acquis. 

"Au départ, il n'était que quinzième mondial. Il n'était pas tête de série, donc il savait qu'il aurait de gros combats rapidement. Mais plus il y a de pression, plus il est bon", poursuit le paternel à la voix rocailleuse.

Depuis sa maison de campagne à Valdeblore, ce dernier a suivi la journée historique de son fils devant son écran de télé. Les nerfs en pelote ? Pas vraiment… "Je bricolais dans mon jardin, j'allais et venais. J'étais juste avec ma femme, elle m'appelait dix minutes avant les combats de Loic. On est restés tous les deux, on ne voulait personne autour. Finalement, quand il a gagné, je n'ai pas trop réalisé."

Dans un dojo où près de 20 000 personnes avaient pris place, le Niçois Loic Pietri a commencé par écarter le Coréen Suk Woong Hong (champion d'Asie) puis le Néerlandais Neal Van de Kamer. Lors du troisième tour, l'ancien sociétaire du Judo club de Monaco a réussi un très beau coup, qui donnait une sérieuse indication sur ses capacités du jour. "Il a sorti le numéro un mondial, Victor Penalber. Ce n'était pas évident du tout parce qu'il évoluait devant son public."

Nouvelle dimension

Le Russe Ivan Vorobev, le Mongol Uuganbaatar Otgonbaatar puis le Géorgien Avtandili Tchhirikishvili, son adversaire en finale, ne pouvaient pas non plus résister à la fougue de Loic Pietri. "Il savait que cela allait être difficile, mais il est totalement imperméable à ce qui peut se passer autour de lui. Loic n'est jamais dans la rivalité, il se focalise uniquement sur ce qu'il sait faire, ce qu'il doit faire", détaille Marcel.

Hier, le tout frais champion du monde a regagné la France, où l'attendait une nuée de journalistes. Une situation nouvelle pour le judoka âgé de 23 ans : "Là, c'est prenant ! On était à Rio, on était entre judokas, c'est pas du tout la même ambiance. Je réalise petit à petit que c'est un titre mondial, que ce n'était pas une compétition comme une autre. On a l'habitude parfois de gagner des compéts mais quand on revient la vie continue normalement. Là, il y a des petites choses qui changent. Quand on sort de l'aéroport et qu'il y a toutes les interviews, ça prend tout son sens", a-t-il déclaré avant de filer sur les ondes du Moscato show puis sur le plateau de BeIn sport.

Une belle gueule, une notoriété soudaine et des portes qui s'ouvrent. Nombreux sont les sportifs qui se sont laissés prendre au piège, perdant pour toujours le fil d'une carrière prometteuse. Selon son père, Loic Pietri ne risque pas de se brûler les ailes. 

"Avec les autres membres de l'équipe de France, à Paris, ils ont la possibilité de rentrer dans toutes les boîtes de nuit. Mais ce n'est pas vraiment son truc. C'est un garçon un peu introverti, ça lui arrive de partir tout seul à la pêche. Il n'a pas vraiment besoin des autres pour avancer. Il faut juste qu'il se sente appuyé dans sa démarche".

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