Loïc Pietri :  "Ne plus être un outsider

Après une année en demi-teinte à cause de blessures à répétition, Loïc Pietri, judoka prometteur de l'élite française, compte bien revenir en force. Le grand gaillard est bien dans son corps et s'apprêt à frapper fort dans les compétitions à venir.

Tu te sens chez toi ici ?
Ouais, j’ai vécu ici jusqu’à 18 ans. Après pour le judo, je suis allé vivre à Paris. Ça fait cinq ans que j’y suis, mais mes racines sont ici. J’ai appris mon sport à Monaco, je suis allé au collège et au lycée à Nice et j’y ai fait le pôle espoirs. Ma famille est de l’arrière-pays niçois, un peu de la Tinée et un peu de la Vésubie. J’ai aussi de la famille en Corse. 

À l’Insep, tu as vraiment le sentiment de progresser ? 
Oui, les meilleurs judokas sont à Paris. On a besoin de sparring-partners pour continuer d’apprendre et gagner de l’expérience. À l’Insep on s’entraîne deux fois par jour, on ne fait que ça. J’ai un peu continué les études en même temps, pour devenir entraîneur. Mais faut être réaliste, le judo est un sport semi-pro et lorsqu’on arrive à un niveau international, on n’a plus le temps. Mais ça n’empêche pas de reprendre les études plus tard. 

Comment expliques-tu ton absence aux JO ? 
En début d’année, j’étais clairement dans les favoris, puis ça s’est mal goupillé. J’ai eu plusieurs blessures d’affilée. J’ai eu des problèmes au psoas, une pubalgie et je me suis “fait” un ligament interne au genou, entre autres. Ce n’est pas grave mais ça demande toujours trois semaines ou un mois d’arrêt. C’est ce qui m’a empêché de monter en puissance dans l’année. Je regrette peut-être de ne pas avoir fait une pause après les championnats du monde à Paris, où j’avais fait cinquième. Mon concurrent, Alain Schmitt, a fait une excellente saison. La meilleure de sa carrière. Il a mérité sa place aux JO. J’étais déçu, j’avais un peu les boules cet été, mais c’est pas dramatique. 

À quoi étaient dûes ces blessures à répétition ? 
J’en étais arrivé au point où j’étais en surentraînement et je ne m’en rendais pas compte. Je pensais qu’il fallait toujours se faire mal. Mais en fait, il faut que je me préserve un peu et que je sois plus dans la réflexion. Un jour de compète c’est différent, il faut se faire mal, y a pas le choix. Mais le jour des entraînements, il faut écouter le corps quand il commence à dire non et soi-même s’imposer des limites. J’essaie de me réguler. Je suis assez explosif lors des combats, alors j’essaie de moins attaquer. 

Qu’as-tu fait le jour j ? 
Le jour de ma caté, j’étais parti pêcher avec un pote pour me changer un peu les idées. D’habitude j’adore regarder les Jeux, mais là... Puis un yacht est passé, s’est arrêté devant nous, et à l’intérieur il y avait un écran géant qui diffusait les combats de judo ! C’était fou, ça me poursuivait. 

As-tu encore plus de motivation pour participer aux jO de 2016 ? 
Oui. Mais après, moi je fonctionne pas comme ça. Même si tout est calculé sur le long terme, je préfère me focaliser sur les trois mois qui viennent. Ça ne sert à rien d’être obsédé par un seul événement. Je sais qu’il y a Rio, mais pour l’instant je pense au tournoi de Paris, en février. Récemment, j’ai eu une autre tendinite au psoas. Avec mes entraîneurs, on a décidé d’améliorer la récupération pour réussir à enchaîner des périodes d’entraînement plus longues sans me blesser. Je vais faire des sessions de deux semaines dures et une semaine plus tranquille. J’ai repris le judo depuis trois semaines et ça se passe bien. Je pense que ça va payer. 

Comment vois-tu ton avenir proche ? 
Là, le vrai objectif, c’est de passer le cap du niveau mondial pour pouvoir être favori sur les grosses compétitions internationales, et ne plus être un outsider. Généralement, j’ai tendance à être un cran au-dessus de mon niveau pendant les championnats. J’arrive à surprendre souvent. Mais je veux quand même y aller avec une base. Je veux plus être obligé de faire l’exploit à chaque fois. Je veux entrer dans la cour des grands.

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