Bastien Mayet, "The American Dream"

Bastien Mayet est licencié au Judo Club de Monaco depuis près de 10 ans et s'est attaqué au circuit vétéran il y a quelques mois, avec une participation au championnat d'Europe en juin et au championnat du monde en novembre. Retour sur cette aventure qui l'a emmené sous le soleil floridien.

Un championnat du monde de judo chez les vétérans, une opération de crowdfunding pour mener à terme son projet, une préparation drastique les mois précédents son départ, Bastien Mayet s'était donné les moyens pour aller au bout de son idée. Une idée qui l'a mené jusqu'en Floride où il a pu se frotter aux meilleurs de sa catégorie d'âge, avant de sans doute remettre le couvert dès cette année. D'autant que, comme souvent, si la performance sportive est recherchée, c'est aussi et surtout une aventure humaine à vivre, entre amis. C'est d'ailleurs comme cela que tout a commencé à la mi-2016. "C'est parti d'amis qui faisaient des compétitions vétéran il y a quelque temps et j'ai décidé de me lancer sur le circuit l'année dernière", détaille Bastien Mayet. Ce papa de deux petites filles, âgé de 38 ans, écume le circuit senior depuis pas mal de temps déjà, mais face à la jeune garde, les choses deviennent de plus en plus difficile, comme il l'a souligné. "Sur les compétitions seniors, je n'étais pas au niveau donc c'était compliqué et se retrouver dans des catégories d'âge et de poids similaires, j'avais l'impression de combattre d'égal à égal." 

Les Europe pour commencer

Mais avant de regarder en direction de l'Amérique, c'est sur le Vieux Continent que tout a commencé. L'occasion pour lui de découvrir un niveau de compétition qu'il n'avait alors jamais connu. "Les championnats vétérans, c'est bien organisé, c'est bien fait, et je me suis retrouvé avec une dizaine de copains, en Croatie, en juin. J'ai vraiment découvert le haut niveau, chose que je n'avais pas connue dans les compétitions de deuxième division en France, ça m'a donné envie." 

Malgré une préparation correcte, Bastien Mayet est tombé sur plus fort que lui pour finalement se classer à la neuvième place des -81 kg. Loin d'être une déception pour lui, cette expérience l'a, au contraire, motivé à se lancer à la conquête des championnats du monde qui devaient se tenir quelques mois plus tard, à Miami. Une envie renforcée par l'état d'esprit qu'il a trouvé en Croatie. "Chez les seniors, quand tu croises les regards de compétiteur, c'est assez agressif, alors que là, en vétéran, on va partager entre nous les choses qu'on a pu faire, discuter de notre famille, d'où on vient, de ce qu'on a fait, c'est assez amical, c'est ce qui est aussi très intéressant, parce qu'on partage notre passion en gardant un bon niveau de compétition." 

Objectif Miami

Mais pour regarder vers les Etats-Unis et les championnats du monde de novembre, Bastien Mayet devait d'abord en passer par deux choses. Une bonne préparation et trouver les fonds nécessaires. "Tout de suite après les Europe, je me suis mis à l'entraînement pour atteindre le niveau requis, parce qu'il m'en manquait aussi bien sur le plan cardio que technique. J'ai pu analyser mes combats en vidéo pour voir mes erreurs et comment les travailler. " 

De juin à novembre, le judoka s'est donc mis au travail. Au programme, séances quotidiennes et week-end comme temps de repos. Une préparation qui a nécessité quelques ajustements. "Je me suis arrangé avec ma femme et j'avais réussi à négocier un créneau horaire supplémentaire pour aller au pôle espoir de Nice une fois de plus par semaine. Je faisais en plus du cardio le lundi puis récupération le mardi. Le mercredi, je travaillais la force, jeudi, c'était circuit training et le vendredi, c'était la trilogie : course à midi, force à 18h puis entraînement de judo." De quoi travailler sur tous les points, tout en étant accompagné par le staff du Judo Club de Monaco. "Marcel Pietri apporte beaucoup grâce à son expérience et sur le plan technique. François Bick m'entraîne aussi et Thierry Mathieu m'aide beaucoup plus sur le plan psychologique." 

Pour le versant logistique, il lui a fallu passer par une opération de crowdfunding. Aidé par un ami dans la communication pour monter son dossier, ce sont surtout ses proches qui se sont manifestés pour l'aider dans son entreprise. Mais son salut est venu de son employeur. "Ils ont décidé de sponsoriser le reste de mon voyage, donc j'ai mis leur marque sur mon kimono. J'ai pu clôturer la collecte et j'ai eu le budget réuni." 

"Une belle aventure"

Une fois sur place, accompagné de sa femme, qui est également son préparateur physique, il n'était pas question de flâner les quelques jours précédant la compétition. Entre les entraînements quotidiens et une alimentation à surveiller, pas question de faire trop d'écarts, d'autant qu'il fallait être au poids le jour J. "On n'avait pas emmené de balance avec nous, et impossible d'en trouver une là-bas. J'ai fini par me peser sur un appareil pour la viande dans un supermarché !" Et si les souvenirs restent beaux, l'aspect sportif laisse un arrière-goût mitigé à Bastien Mayet. "J'ai eu un tirage assez difficile et je suis tombé sur un Russe au premier tour, ce qui ne m'a pas forcément aidé. J'ai rencontré pas mal de judokas français qui étaient au championnat d'Europe, et ils ont tous eu le même problème que moi." 

Sorti au premier tour, le licencié du JCM était déçu de s'arrêter aussi vite après tous les efforts faits pour parvenir à ce stade. "J'étais contrarié pendant quelques jours, mais ça reste exceptionnel pour moi, c'était une superbe aventure. J'ai envie de le revivre et je vais m'entraîner pour ça." Avec les Europe en ligne de mire au mois de juin prochain.

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