Les bases du combat

Le Judo Club de Monaco abrite en son sein une section ju-jitsu. A la veille du Tournoi International de Judo de Monaco, un stage ainsi qu'une compétition de ju-jitsu ont été organisés. L'occasion de découvrir un peu plus cette discipline et sa section monégasque.

Ils sont une vingtaine sur le tapis qui s'est érigé en lieu et place du parquet de la salle Gaston Médecin. Exit panneaux de basket et inscriptions au sol, bonjour tatamis et tables de marque. Les installations pour le TIJM sont bien présentes, mais ce ne sont pas les judokas que l'on devait retrouver le dimanche qui travaillaient au sol. Au milieu des kimonos et des ceintures de différentes couleurs, un homme, tenue blanche, ceinture noire et inscription rappelant les Jeux des Petits Etats d'Europe de 2007 dans le dos distille les conseils. Cet homme, c'est Thierry Mathieu, responsable de la section ju-jitsu du Judo Club de Monaco. "J'ai commencé par le judo, puis je me suis un jour tourné vers cette discipline que j'ai découverte lors de mes périodes de formation en tant qu'enseignant. J'ai tout de suite aimé et je suis devenu un ju-jitsuka", confie-t-il. Passionné par son art martial, il est à l'origine de la création de la section il y a de ça 17 ans. Et le tournoi de l'après-midi connaissait quant à lui sa 11e édition. 

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Apprentissage,découverte et compétition

Avec un stage de perfectionnement et d'apprentissage en matinée et une compétition départementale l'après-midi, Thierry Mathieu avait du pain sur la planche en ce samedi. Loin d'être une sinécure pour lui, c'est surtout un moyen de donner la possibilité à ses licenciés, et aux autres, de venir profiter d'un enseignement et de le mettre en pratique dans la foulée. Mais aussi de découvrir une des formes du ju-jitsu. "C'est un stage et une compétition de ju-jitsu ne-waza (travail au sol). Cette discipline est répandue dans peu de clubs, mais permet pour des premières années de participer aux manifestations, avec un seul timbre de licence. C'est une école de travail orientée au sol parce que la finalité du combat, c'est la soumission, à travers les étranglements et les luxations. Le règlement fait que la soumission se passe toujours au sol, même si on démarre debout." 

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Des débutants aux confirmés, reconnaissables à la teinte de leur couleur de ceinture, tous enchaînent les mouvements. De retour en début d'après-midi, tous sont inscrits pour la compétition. Une fois les consignes d'engagement et de sécurité données, le tournoi est lancé. Rapidement, un combattant sort du lot. C'est sans surprise qu'il finira premier. "Aujourd'hui, c'était une animation départementale, mais ce que je souhaite, c'est qu'on fasse grandir le tournoi pour qu'à terme, on arrive à l'équivalent du TIJM", explique Thierry Mathieu.

Développer la section

Faire monter en gamme son tournoi n'est pas la seule volonté du responsable de la section. Avec 60 licenciés au sein de son groupe, le ju-jitsu "représente environ 25% des inscrits au JCM", précise Thierry Mathieu. Avec une moyenne d'âge qui tourne aux alentours de 35 ans, les personnes qui veulent découvrir cette discipline dérivée du judo peuvent s'inscrire au club dès 15 ans. "Pour moi, le ju-jitsu, c'est l'ancien judo. On a plus de liberté de mouvements et je pense qu'on a la possibilité de développer l'activité dans les années à venir." Avec 5 entraînements par semaine, cet ancien de la maison monégasque a déjà de quoi faire, d'autant qu'il assure tous les cours ou presque, deux personnes étant là pour l'aider. Mais s'il regrette "avoir du mal à toucher un public jeune", il croit tout de même en l'avenir. "On a des jeunes qui, à un moment, en ont assez et se tournent vers d'autres sports. Si on arrivait à créer une passerelle à cet instant-là, ça permettrait au club de garder ses licenciés." 

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D'autant que le ju-jitsu propose plusieurs formats de combats, de quoi plaire à différents publics. Trois formes sont d'ailleurs enseignées au JCM sous la houlette de Thierry Mathieu. "On fait le fighting (voir encadré), le ne-waza (travail au sol), et le duo-système, la pratique la plus exigeante, parce qu'il faut être deux, toujours les mêmes, soit mixte, soit masculin, soit féminin, et on part sur des attaques imposées et les réponses sont libres." De quoi satisfaire tout un chacun et, peut-être, créer de nouvelles vocations.

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Le ju-jitsu fighting système en détails

Le fighting système ou combat sportif en ju-jitsu se découpe en trois phases. Il y a tout d'abord les atemis, soit des coups portés sur son adversaire. C'est ce qu'on appelle aussi le combat en pied-poing. La deuxième partie de ce format porte sur la projection, étape qui rejoint grandement le judo, les techniques étant relativement similaires. Le troisième et dernier point rejoint là encore le judo puisqu'elle se déroule au sol. Et toutes les techniques d'immobilisation propres au judo sont autorisées.