Des atouts dans la manche

Au Judo Club de Monaco, on forme ses judokas dès le plus jeune âge. De la technique travaillée à Monaco à l'âpreté des combats en allant au pôle espoirs de Nice, les élèves de Marcel Pietri et François Bick disposent d'un enseignement pouvant les amener au plus haut.

Des kimonos sur chacun. Seules les couleurs de ceinture diffèrent des uns aux autres. Dans le dojo du Judo Club de Monaco, petits (mais pas trop quand même) et grands s'entraînent sous les yeux attentifs de François Bick et Marcel Pietri. "Là, ce sont les petits de la classe sportive", nous glisse-t-on dans l'oreillette alors que nous venons de faire notre entrée dans le dojo. Dans les vestiaires, les cadets, en passe de devenir juniors, finissent de se préparer pour leur cours. 

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Le changement d'année marque le passage d'une catégorie d'âge à une autre pour certains d'entre eux. Notamment pour Tizié Gnamien et Marvin Gadeau, qui vont désormais évoluer chez les juniors. L'un a rejoint le club en cours de formation quand l'autre y a débuté. Mais les deux amis ont déjà pris part à plusieurs compétitions nationales et internationales, comme bon nombre de licenciés du Judo Club de Monaco avant eux. 

Classe sportive, incubateur de talents

"Sans maîtrise, la puissance n'est rien". Les publicitaires ayant imaginé ce slogan pour la marque Pirelli auraient tout aussi bien pu la penser pour le Judo Club de Monaco. Si dans certains clubs le travail technique n'est pas une priorité, François Bick et Marcel Pietri ont eux décidé de mettre l'accent dessus. Notamment lors des premières années de formation de leurs jeunes pousses. Et ce jusqu'à leur entrée en cadets. 

"Elle est importante tout au long de la carrière d'un judoka. Et ce qu'on a remarqué, c'est qu'au pôle espoirs de Nice, on voit des gamins qui bagarrent, qui bagarrent, et sont forts en cadets. Mais en juniors, ça devient compliqué et en seniors on ne les voit plus. Et sur du plus long terme, on pense qu'assurer bagage technique est plus intéressant", explique François Bick. 

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"On regarde à ce qu'ils travaillent bien sur les formes de corps. Quand ils commencent à avoir leur physique d'adulte, ça joue. Si tu es petit et trapu, tu vas plutôt faire des mouvements de bras. Lorsque tu es grand, tu as plus tendance à faire des mouvements de jambes, parce qu'elles sont dominantes. Et on ne veut pas qu'ils se focalisent sur un style de judo. Parfois, on pense qu'ils vont être grands, au final ils sont petits et inversement. Ils doivent connaître tous les mouvements basiques", détaille de son côté Marcel Pietri.

 Ce bagage technique enseigné à Monaco relève donc d'une importance toute particulière, d'autant que le retard accumulé sur ce point, en début de formation, peut s'avérer difficile à rattraper, contrairement au physique. Un choix assumé par le JCM, quitte à ce que les résultats ne soient pas immédiatement au rendez-vous.

 "Nous avons pu voir avec des garçons comme Loïc Pietri ou Yann Siccardi qu'assurer un bon bagage technique au départ reste plus intéressant. Certes, les gamins sont moins performants en terme de résultats dans les catégories de jeunes, mais sur le long terme, c’est payant. C'est en juniors/seniors que c'est décisif. Un champion de France cadets, on l'oublie facilement. Tandis qu'un champion juniors ou seniors, on s'en rappelle", précise François Bick. 

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