Les Bear Paw, vainqueurs sans trembler

Pour la deuxième année consécutive, la finale de combat médiéval, le Buhurt Prime, s'est disputée à Monaco. Samedi 15 février sous le chapiteau Fontvieille, les Russes de Bear Paw, finalistes l'an dernier, ont remporté la Buhurt League.

Les Bear Paw vont définitivement laisser leur patte sur le Buhurt Prime. Battus l'an dernier en finale par Bayard, les Russes sont revenus à Monaco pour s'imposer. Impressionnants de maîtrise tout au long de la compétition, les combattants du club de "Berne" n'ont pas perdu un seul round. Dans une ambiance médiévale, de la lice à la musique, Bear Paw a cloué au pilori tous ses adversaires.

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Les combats ont commencé dès midi. Les dix équipes qualifiées sont réparties en deux groupes et après 20 matches, au total, les quart-de-finalistes seront connus. Cette année, l'ensemble du plateau n'est pas uniquement européen. L'ACM Mexico a obtenu son billet lors des qualifications en Amérique du Nord, un continent où le Béhourd est plus rare. Les Mexicains, petits poucets de ce Buhurt Prime 2020, ont fait la découverte du plus haut niveau de leur sport. Des débuts délicats, avec quatre défaites 2/0 en poule.

Des matches à sens unique

Répartis en deux poules, les dix équipes s'affrontent ainsi lors d'un premier tour parfois déséquilibré. A l'image de l'équipe mexicaine, qui n'a remporté aucune manche au cours de ses différents matches, certains ont du mal à s'exprimer face à la puissance d'équipes telles que la White Company ou les Bear Paw, les grands favoris du tournoi. Quelques rencontres ont cependant été indécises, notamment du côté d'Old Friends, qui a concédé un round à Taurus avant de ne pas réussir à se départager avec les Western Towers.

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C'est d'ailleurs dans cette poule que l'on retrouvait Aquila Sequania, l'équipe française. Soutenus par tout le chapiteau de Fontvieille, les franc-comtois ont su tirer leur épingle du jeu pour rejoindre les quarts de finale malgré deux défaites lors des deux premiers combats. Mais la tâche en quart de finale s'annonçait beaucoup plus compliquée pour les coéquipiers d'Adrien Bedot. "Jusque-là, ça s'est passé comme on espérait. On ne démérite pas, on se bat, on en veut et on va jusqu'au bout. En quart, on affronte la White Company. On ne les a jamais battus, ça risque d'être dur", a expliqué le "French Ninja" juste après la phase de groupes. Et il avait raison puisque les Britanniques ne feront pas fait de détails et s'imposeront 2/0.

Au sein de la bataille

Après une courte pause, les combattants sont revenus dans la lice pour les play-offs. A l'exception de l'ACM Mexico et des KS Rycerz, les huit équipes encore en course peuvent espérer remporter le Buhurt Prime. L'imminence du sacre se sent dans le Chapiteau, où les gradins sont garnis et plus bruyants qu'en début de journée. L'apparition de l'équipe locale, les Grimaldi Milites, quelques minutes avant la finale, a apporté un supplément d'âme à la compétition, d'autant plus que les "Chevaliers de Grimaldi" l'ont emporté dans leur combat d'exhibition face aux italiens de Feltrio. 

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Et durant cette phase finale, les combats ont été encore plus âpres que durant la matinée. Des coups de hache d'une violence rare sur la tête des adversaires, des balayages, un jeu de jambes digne des combats de judo ou encore des charges, les combattants s'emploient pour faire tomber leurs adversaires. En effet, il suffit qu'un troisième appui soit posé au sol (ou d'un morceau d'armure qui cède) pour éliminer un des "fighters". Si la force de frappe est importante, la tactique, elle aussi, joue un rôle majeur, notamment au fil de l'avancée des combats.

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Les duels sont plus disputés et, à l'exception des Bear Paw, dominateurs sans partage, les autres équipes laissent beaucoup de force dans la bataille. La lice devient encore plus importante dans le jeu, point d'appui pour récupérer des forces ou éviter d'en sortir, les combattants n'hésitent pas à en user. Quitte à parfois encaisser plus de coups. De quoi émerveiller et surprendre les plus jeunes spectateurs : "c'est violent quand même, je me demande comment ils tiennent", entend-on dans les travées. D'autant que, parfois, quelques étincelles naissent des chocs entre armes ou sur les armures.

Des Bear Paw supérieurs

Mais dans la lice, à la fin, c'est souvent Bear Paw qui gagne. Dans toutes les configurations, face à tous leurs adversaires, les Russes s'en sortent avec la manière. Ils rejoignent la finale en sortant facilement Taurus UA puis Old Friends, en gagnant à chaque fois 2/0. Mais la rencontre phare de ce Buhurt Prime a été la seconde demi-finale. La White Company et Western Tower se sont livrés un mano à mano digne des plus grandes batailles. Chacun des deux premiers rounds a été à son terme, sans vainqueur. A chaque chute, les combattants emportent leurs adversaires et aucune équipe n'a su prendre l'avantage. Et au prix d'une folle débauche d'énergie, Western Tower vient à bout des Britanniques au bout du troisième round.

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Entamés physiquement, le plus dur attend encore les équipiers d'Artem Savanovich. Le capitaine des Western Tower affronte de nouveau les Bear Paw en finale après les avoir battus l'an dernier au sein de l'équipe Bayard. Mais, bien décidé à ne pas laisser passer sa chance une deuxième fois, l'équipe considérée comme la meilleure du monde ne se laisse pas surprendre et Bear Paw devient donc champion de la Buhurt League. Vainqueurs de la petite finale, les Old Friends complètent un podium entièrement russe. Une hégémonie que les autres équipes auront à cœur d'arrêter pour le prochain Buhurt Prime, l'année prochaine à Monaco.

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