Adriani Vastine : "On vise un championnat d'Europe d'ici 3 ans"

À 32 ans, exit la boxe amateur, Adriani Vastine se tourne désormais vers la boxe professionnelle. Un choix dû à sa non-sélection pour les JO et à la proposition qui lui a été faite pour rejoindre la Fédération Monégasque de Boxe et l'AS Monaco.

Présent pour son premier combat professionnel le 30 septembre dernier à Monaco lors du 5e Monaco Boxing Challenge, Adriani Vastine revient sur ce qui l'a poussé à rejoindre la FMB mais aussi sur son parcours dans la boxe amateur.

Comment avez-vous commencé la boxe ?

J'ai commencé à 8 ans parce que mon père en faisait et avait son club, donc tout petit on a voulu essayer et faire comme papa. J'ai commencé un an, après j'ai arrêté pour jouer au foot. Mon frère avait continué et quand je l'ai vu boxer et gagner ses premiers combats, il était heureux, ça m'a donné envie de recommencer. C'est un sport individuel, donc quand on gagne quelque chose, on ne peut être fier que de soi-même, c'est un dépassement de soi, ce sont ces choses-là qui me plaisent. 

Vous avez rapidement gravi les échelons ?

Petit à petit, j'ai commencé en éducatif, j'ai fait champion de France éducatif, donc chez les jeunes. Ensuite, avec l'âge, on monte chez les amateurs et j'ai fait champion de France junior suite à quoi j'ai été repéré par les équipes de France junior, et ainsi de suite. J'ai remporté mon premier titre de champion de France senior puis j'ai intégré les équipes de France senior et j'ai fait ma carrière amateur.

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Vous avez été 7 fois champion de France et ce dans 3 catégories différentes. Pourquoi ces changements ? 

Avant j'étais dans la même catégorie que mon frère en -64 kg et j'avais été champion de France une ou deux fois. Avec Alexis, on n'avait pas le droit de se boxer, donc pour qu'on puisse faire tous les deux les championnats de France, je suis monté en -69 kg où j'ai été champion et lui l'a fait en -64 kg. C'était notre premier "doublé". Une fois on a inversé, lui est monté et moi je suis redescendu et on a refait champion de France. Ensuite je suis passé chez les -75 kg parce qu'avec l'âge, les régimes pour rester en -69 kg devenaient plus durs à tenir. J'ai donc changé de catégorie et je suis aussitôt devenu champion de France. 

Y-a-t-il de grandes différences d'une catégorie à l'autre ?

De -64 kg à -69 kg pas trop, mais de -69 kg à -75 kg ça change, la morphologie des adversaires est différente, ils sont plus costauds et ça frappe un peu plus. J'ai eu de la chance parce que je suis monté et j'ai gagné à chaque fois. Mais c'est vrai que si on n'a pas le gabarit pour, ça devient de plus en plus dur.

Vous avez souvent été à l'ombre des médias, votre frère était plus exposé, on vous connaît moins. Est-ce que ça peut être difficile à vivre quand on est l'aîné ?

Non, mon frère mérite sa médiatisation parce qu'il a fait des résultats. Il a aussi été assez médiatisé par rapport au fait qu'il ait été volé deux fois aux Jeux. Moi j'ai fait mes résultats mais ça ne me gêne pas. Mais je rappelle toujours que je ne suis pas Alexis, je suis Adriani, et il faut voir ce que moi je fais, je ne suis pas que le frère d'Alexis.

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Est-ce qu'il a été difficile de remonter sur le ring après la disparition d'Alexis ? 

J'ai arrêté six mois, je n'avais plus d'envie. Mais les Jeux arrivaient, mon père et ma famille m'ont dit qu'Alexis aurait aimé les faire, donc ça m'a reboosté. J'ai remis les gants, je me suis entraîné et j'ai fait champion de France donc j'étais super content. Malheureusement la fédération en a décidé autrement.

Vous espériez aller aux JO, mais ça ne s'est pas fait. Comment expliquez-vous cela ?

Ils ont préféré la boxe d'un autre, donc on ne peut rien faire. Il y avait un jeune qui était en train de monter, il gagnait pas mal de tournois, on ne s'est jamais rencontré, ils auraient pu nous faire faire un test match. Quand vous faites des résultats, vous êtes dans leur tête, donc ils ont privilégié l'autre boxeur sans nous concurrencer. Ce n'est pas correct. Moi j'ai ramené des médailles internationales, j'ai fait 3e aux championnats d'Europe et voilà comment on m'a remercié. 

C'est ce qui vous a poussé à vouloir passer pro ?

La boxe professionnelle ne m'a jamais vraiment attiré. La décision de la fédération m'a dégoûté. Je voulais arrêter et Laurent Puons m'a contacté à ce moment-là. Il m'a envoyé un message via Facebook car il n'avait pas mon numéro de téléphone, puis on a échangé quelques coups de téléphone avant de se rencontrer. Il m'a fait une proposition chez lui, chez les professionnels et j'ai mis du temps à me décider parce que je n'étais pas trop chaud au départ pour m'orienter vers le milieu pro. On a vu ensemble, on est tombé d'accord et je me suis dis, pourquoi pas me lancer ? ! On verra ce que ça donne. 

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Qu'est-ce qui vous a poussé à signer avec eux ?

La Fédération Monégasque de Boxe ne fait pas partie de la Fédération Française de Boxe et je me dis qu'ils ont confiance en moi, comparé à la FFB ils croient en moi, donc je vais essayer quelque chose pour eux. Quels sont vos objectifs maintenant que vous allez boxer en professionnel ?On vise un championnat d'Europe d'ici à peu près trois ans. Je pars sur environ 4 à 6 combats par an où je n'ai pas le droit à l'échec pour pouvoir accéder à un titre européen parce qu'il me faut uniquement des victoires.

Est-ce que cela vous met un peu de pression ?

Non, pas trop. On se la met toujours quelques heures avant le combat, mais là, actuellement ça va. Je ne m'en mets pas parce que c'est là où on perd ses moyens. Je suis là pour gagner mais après on verra ce qu'il se passera. Quoi qu'il arrive, je me donne les moyens de ne pas perdre. 

Vous allez venir régulièrement sur Monaco ?

Oui, à chaque combat je viens une semaine avant, mais après je viendrai faire des semaines d'entraînements à Monaco. C'est mon nouveau club, donc je veux me familiariser avec eux et je viendrai faire des petites semaines d'entraînement ici.

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