Une soirée multi-fights

Le 30 juin dernier s'est déroulé la 5e édition du Monte-Carlo Fighting Trophy. Un gala de sports de combats au cours duquel deux championnats du monde ont été disputés et où une démonstration de catch a eu lieu. En tout, ce sont cinq disciplines qui étaient au programme de cette soirée.

La lumière est éteinte. Ou presque. Quelques spots diffusent des faisceaux lumineux laissant deviner le ring au milieu de la salle Gaston Médecin. La musique est encore en sourdine alors que les premiers spectateurs font leur entrée. Les tribunes se remplissent petit à petit et l'heure fatidique approche. Il faut dire que le menu du soir est conséquent. Shows de danse, 7 combats de 4 disciplines différentes, démonstration de catch, autant dire qu'il y en avait pour tous les goûts. D'autant plus qu'il y avait du lourd pour ce 5e Monte-Carlo Fighting Trophy. 

Riv 7882   Copie  2

Et pas que dans les catégories de poids. Deux championnats du monde, plusieurs têtes connues en Principauté déjà venues combattre ici, la carte des combattants avait de quoi interpeller les spécialistes du monde du pied-poing. Et pour changer des habitudes, la soirée était montée dans le sens inverse de ce qu'on peut voir généralement. A savoir que les "main events", soit les combats les plus importants, étaient proposés en première partie de soirée. "C'est un moyen de permettre aux personnes ou aux familles qui ne souhaitent pas finir la soirée trop tard de voir les meilleurs combats", glissait Claude Pouget, directeur de l'événement, lors de la conférence de presse précédant le gala.  

Une soirée caritative

Le Monte-Carlo Fighting Trophy avait également une portée caritative. Tous les bénéfices de la soirée ont en effet été reversés à Peace and Sport, l'organisation qui prône la paix par le sport. Le partenariat noué à cette occasion va ainsi permettre de mener à bien une action de terrain en Jordanie, dans le camp de réfugiés syriens de Za'atari. "Le programme Live Together est mené par Peace and Sport en coopération avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) dans le camp de réfugiés syriens de Za'atari en Jordanie. Les fédérations internationales telles que la World Association of Kick-boxing Organizations (WAKO) offrent des séminaires pédagogiques pour les entraîneurs et des sessions d'entraînement pour les enfants en coopération avec les ONG locales." Un chèque de 10 000 euros a ainsi été remis à Joël Bouzou, président et fondateur de Peace and Sport, à l'issue du premier combat de la soirée. 

Retour au ring

Car c'est bel et bien sur le ring que le spectacle avait lieu. Si les danseuses de MC Performers ont investi l'aire de combat à plusieurs reprises pour donner lieu à un show qui a ravi ces messieurs dans le public, la vedette est cependant revenue aux acteurs principaux de la soirée. Et pour ouvrir le bal, c'est un combat féminin qui était proposé. D'un côté, la Raphaëloise Mallaury Kalachnikoff, dont le dernier passage à Monaco s'était soldé par une victoire et un K.O. hyper rapide consécutif à un joli crochet du droit. Face à elle, un sacré morceau avec la Serbe Teodora Manic, deux fois championne du monde WAKO (2015 et 2017). Et très vite, le combat se montre intense. S'il se déroule en 5 rounds de 3 minutes, il n'y a cependant pas de temps d'observation entre les deux combattantes. Le début de l'opposition est d'ailleurs à l'avantage de la Serbe alors que la Française a du mal à trouver l'ouverture. 

Riv 7831

Dès la deuxième reprise, Kalachnikoff se montre plus incisive dans ses coups et ses attaques. Si elle n'use que peu de ses jambes, elle utilise bien son anglaise pour travailler son adversaire et commencer à inverser la tendance. Plus le temps passe, mieux elle se sent, tandis que Manic baisse en intensité au fil des minutes. Fatiguée, elle semble même à court de forces dès le 3e round. Et cela, la Varoise l'a bien compris. En variant ses attaques, usant notamment plus de ses jambes, Mallaury Kalachnikoff a su travailler efficacement pour marquer ses points. Usée physiquement, la Serbe n'a plus rien proposé ou presque après le début de la troisième reprise. "C'était un bon combat, une belle guerre. Elle faisait très mal avec ses jambes, je suis donc vraiment très contente de l'avoir emporté", glissait ainsi la jeune Française (21 ans) après sa victoire aux points. Un succès qui lui donne par la même occasion le titre de championne du monde WAKO Pro en kick-boxing (K1-Rules) chez les -62 kg et la coupe Peace and Sport.

Kryklia expéditif

C'était l'autre "main event" de la soirée. L'autre ceinture de champion du monde en jeu sur ce Monte-Carlo Fighting Trophy. Et là encore, cela se passait en kick-boxing (K1-Rules). Mais les carrures n'étaient pas les mêmes qu'avec ces demoiselles. Après cette opposition en -62 kg chez les filles, deux colosses ont pris place sur le ring. Et chez les super lourds (+ 94,5 kg), Roman Kryklia a de quoi faire peur. Il faut dire que l'Ukrainien facture 2 mètres pour un peu plus de 100 kg, ce qui ne l'empêche pas de faire partir ses jambes à une vitesse incroyable. Fabrice Aurieng, son adversaire l'an dernier à Monaco, doit sans doute encore s'en souvenir, leur combat s'étant arrêté par jet d'éponge au cours de la deuxième reprise. 

Riv 8231

Face à lui cette année, Daniel Skvor, un autre gros morceau, champion du monde en titre (1,95 m / 104,2 kg à la pesée). Un véritable choc de titans. Mais l'affrontement a finalement tourné court. Après un premier round d'observation au cours duquel les coups échangés étaient tout aussi puissants que les corps des combattants le laissaient supposer, Kryklia a écourté les débats. Le combat venait de reprendre depuis quelques secondes quand l'Ukrainien a asséné un terrible direct du droit dans L'œil du Tchèque. A terre, il finira bien par se relever mais ne pourra reprendre. Comme pour son premier combat à Monaco, Kryklia a attendu le deuxième round pour s'adjuger la coupe Prince Albert II. Une coupe à laquelle est venue s'ajouter cette année un titre de champion du monde WAKO Pro.

Susperregui l'emporte

Il avait combattu à Monaco et avait connu la défaite. De quoi laisser un goût amer à Stéphane Susperregui de son premier passage sur le ring monégasque. "Ce sera ma deuxième fois ici, la première s'était un peu mal passée. On a tiré les conclusions de ce combat, ça nous a fait avancer. Je suis content que Claude Pouget m'ait de nouveau invité, c'est un gros événement dans le pied-poing", confiait le natif du Pays Basque avant le combat. Face à lui, un Russe solide, avec Mikhail Tiuterev, qui a remplacé Zinedine Hameur-Lain, blessé et forfait pour le gala. "Malgré ce changement d'adversaire, on a bien préparé ce combat. On a changé quelques petites choses dans la prépa qui me conviennent un peu plus, donc j'ai hâte de voir ce que ça va donner sur le ring, d'autant plus face à gros boxeur comme lui." Et il faut croire que ce travail réalisé en amont, notamment basé sur les appuis et la vitesse, a porté ses fruits. 

Riv 8096

Face à un garçon assez dur au mal, solide, plus petit que lui, Stéphane Susperregui a réalisé le combat qu'il fallait. Mobile, il a bien usé de ses jambes pour attaquer son adversaire sans pour autant trop se découvrir. Il lui fallait rester sur ses gardes car Tiuterev attendait l'opportunité de contre. "Il était hyper fermé, très compact, il n'a pas de déchet et fait vraiment mal, solide sur les appuis. Je savais qu'il attendait le contre. Comme il est plus petit, il fallait qu'il ait peur en rentrant, j'ai mis les genoux un peu en l'air pour qu'il sache qu'ils étaient là, j'ai voulu lui montrer et lui faire perdre confiance." Une tactique payante qui a permis à Stéphane Susperregui de marquer des points et d'être déclaré vainqueur à l'issue des trois rounds. "Ça me tenait à cœur de bien boxer et de gagner ici. Je suis revenu à mes basiques, avec des décalages, j'ai bien bougé, je suis content d'avoir montré ça", glissait le Basque après son combat.

Démonstration

C'était l'un des moments forts de la soirée. Entre les combats, le public a eu droit à une représentation de catch. Entre lutte et art théâtral, cette discipline très populaire aux Etats-Unis n'est que peu représentée en France. Pour en faire une parfaite démonstration, deux hommes étaient présents. L'Italien Red Scorpion, dont l'identité est restée secrète, pour rester conforme à la tradition des catcheurs masqués. Face à lui, une montagne, un colosse. Passé par les Etats-Unis, où il a officié sous le nom de Sylvester Lefort à la WWE (World Wrestling Entertainment), Tom La Ruffa. Le Niçois, aussi surnommé "Le spartiate", a fait une entrée remarquée. Lançant des "aouh, aouh, aouh" (cri des spartiates dans le film "300") à un public qui le lui a bien rendu, le local de l'étape avait les tribunes derrière lui. Le visage marqué d'une grande trace rouge, faisant écho à Kratos, personnage du jeu vidéo "God of War", La Ruffa a fait étalage de tout ce que peut proposer le catch. 

Riv 7939

Saut de corde, prises, chutes lourdes, mimes de coups sur le crâne, de quoi divertir un public visiblement conquis par la prestation des deux hommes. Mais il fallait bien un vainqueur à ce combat pas comme les autres et c'est le Niçois qui l'a emporté. Après un court entract, quatre autres combats ont eu lieu (voir encadré). Parmi eux, deux disciplines que l'on ne peut voir que rarement. Avec notamment, une opposition en pancrace, une version française du Mixed Martial Arts. A la différence du MMA, interdit en compétition en France, les combats se déroulent sur un ring (au lieu d'un octogone) et les combattants ne peuvent frapper leur adversaire une fois au sol. De cet affrontement, au cours duquel Mathieu Morandi et Ghiles Oudelha ont passé beaucoup de temps à chercher la soumission de l'autre, c'est Oudelha qui en est sorti vainqueur. La soirée s'est clôturée sur un combat de Wushu Sanda, une forme de boxe pied-poing où les projections sont autorisées. De quoi finir sur une note inédite à Monaco, titrée "capitale mondiale du kick-boxing pour la période 2013 à 2018" par la WAKO. 

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos

Les résultats complets

Coupe Prince Albert II et Championnat du Monde de kick-boxing WAKO pro
(K-1 / +94.1kg) :
Roman Kryklia bat Daniel Skvor par KO au round 2.
Coupe Peace and Sport Championnat du Monde kick-boxing WAKO pro
(K-1 / 62kg) :
Mallaury Kalachnikoff bat Teodora Manic par décision partagée.
Ceinture Monte-Carlo Fighting Masters (K-1 / -94.1kg) :
Stéphane Susperregui bat Mikhail Tiuterev par décision partagée.
Ceinture  Monte-Carlo Fighting Masters kick-boxing (K-1 / -60kg) :
Tristan Benard bat Mohamed Rajifi par décision unanime.
Ceinture  Monte-Carlo Fighting Trophy (Muay Thai / 60kg) :
Mathis Djanoyan bat Loïc Cahuzac par décision unanime
Ceinture Monte-Carlo Fighting Trophy (Pancrace / -73kg) :
Ghiles Oudelha bat Mathieu Morandi par soumission (triangle) au round 2
Ceinture Monte-Carlo Fighting Trophy (SANDA / -60kg) :
Antonio Robalo Borges Garcia bat Yassin Hai par décision unanime