AS Monaco Taekwondo : Génération montante

L'AS Monaco Taekwondo compte près de 200 licenciés dans ses rangs. Parmi eux, un groupe s'oriente vers la compétition. Entraînements plus nombreux et travail spécifique, ils sont ceux qui représentent le club lors des sorties officielles. Un groupe dont la nouvelle génération de compétiteurs est en train d'éclore.

Pour observer un entraînement du groupe compétition de l'AS Monaco Taekwondo, il faut se rendre au sous-sol du stade Louis-II. Véritable dédale pour les non-initiés, l'enceinte sportive monégasque offre au club un espace où chacun peut trouver sa place. De la pratique loisir à la compétition, tout le monde trouvera son bonheur. "On a la chance d'avoir notre propre salle et, à la différence de certains clubs qui doivent faire des cours de masse et de l'individualisé avec les compétiteurs, nous avons la possibilité de faire des cours en fonction des différents groupes", note Angelo Spataro, le directeur technique de l'ASMT. 

Ce soir-là, ils sont une quinzaine à s'équiper sous les yeux bienveillants de leur président, Stéphane Mannino. Attentif à ce qu'il se passe dans son club, celui qui est aussi un ancien pratiquant de la discipline semble heureux de la bien portance de la section Taekwondo. "On tourne généralement sur une moyenne de 200 membres, mais de façon générale, on oscille entre 180 et 250 licenciés. Mais cela relève plus d'un choix de notre part. Il y a des moments où l'on décide d'ouvrir un peu plus nos portes et on descend dans les tranches d'âges. Cette année par exemple, nous avons fait le choix de prendre les enfants à partir de 5 ans. Si on avait choisi l'âge de 4 ans, on tournerait autour de 230 membres", note le boss du club. 

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Une section qui connaît un succès régulier donc, d'autant plus que la diversité est forte dans les rangs de l'AS Monaco Taekwondo. "Nous avons eu jusqu'à 120 nationalités, nous en avons actuellement 35. On trouve cela souvent chez les plus petits. Les enfants viennent de façon tout à fait naturelle et le renouvellement se fait lui aussi naturellement."

Passage de témoin

Et en matière de renouvellement, le groupe compétition est lui aussi dans une phase de transition. Lors de la séance à laquelle nous avons assisté, deux anciens compétiteurs du club étaient là, dont Anouk Doria, qui était pressentie pour aller aux JO avant que les choses ne tombent à l'eau. C'est sous leurs yeux que la relève s'équipe avant l'entraînement du soir. "On a à côté de nous des anciens compétiteurs qui ont fait des résultats au niveau national et international il y a quelques années et qui ont désormais pris du recul pour mener à bien leurs études supérieures ou leur vie professionnelle. Et on en a de nouveaux qui ont entre 14 et 17 ans, comme Marine, qui sont les compétiteurs qui, cette année, l'an prochain et dans deux ans feront les résultats du club", détaille Stéphane Mannino. 

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Une sorte de période de transition entre anciens et nouveaux, mais un phénomène qui n'est pas récent et qui serait même plutôt comme une forme de tradition au sein de l'AS Monaco Taekwondo. "Nous sommes là depuis 1995 et on a toujours eu une génération qui fait des résultats, motive les jeunes qui eux ont toujours besoin d'une année de latence où ils apprennent, se forment, afin d'y arriver. On a toujours cette phase où on a une génération qui arrive et va, une fois ses résultats acquis, arrêter la compétition et s'en détourner pour les études supérieures ou la vie professionnelle. Et cette génération, où l'on a des collégiens et lycéens, ce sont eux les futurs générateurs de résultats pour le club", explique le président. 

Esprit de formation

Et comme dans de nombreuses sections de l'AS Monaco, tous les compétiteurs sont des gens présents depuis plusieurs années. "On n'en prend pas venant d'autres clubs, on a plus la philosophie de former les nôtres et les faire évoluer. Nous les confrontons à travers des opens ou des compétitions qu'on organise en interne avec des clubs amis. À partir de là, on les fait avancer vers des championnats nationaux ou coupes nationales." Un peu comme si l'ADN de l'AS Monaco portait en lui ce socle formateur tout en s'adressant à une population relativement locale. "En règle générale, on forme par rapport au tissu de résidents, de la population monégasque ou des communes limitrophes. Le but n'est pas d'avoir absolument un résultat mais de former des gens du cru." 

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Avec un peu plus d'une vingtaine de compétiteurs dans le groupe éponyme, la relève est donc en marche. De 10 (pour le plus jeune) à 50 ans (pour le plus âgé), tous suivent les préceptes d'Angelo Spataro. Dans ce groupe "seniors", qu'ils intègrent dès l'âge de 14 ans, "car les compétitions dès les cadets ressemblent à ce qui se fait dans les catégories supérieures", précise le président, tout le monde effectue le même travail, bien qu'il faille composer avec les spécificités physiques de chacun. "On a tout le monde à l'entraînement, mais il y a des dispositions physiques qui sont telles que l'on ne peut pas confronter des gens qui n'ont pas la même taille ou la même force. On est obligé de cadrer techniquement les différentes typologies de personnes. Mais le fait d'évoluer ensemble reste un élément moteur et motivateur, les gamins prennent exemple sur les jeunes et leurs résultats."

Coups de pied et tactique de combat

Dans les enseignements dispensés à l'AS Monaco Taekwondo, il va sans dire que le groupe compétition travaille différemment des autres. Avec au moins 4 séances par semaines, dont 3 dédiées au taekwondo et une autre pour l'entretien physique, les compétiteurs ont également développé un esprit de groupe, de corps, tout particulier, comme l'explique leur président. "Ils sont très souvent ensemble, ils sont un peu moins connectés que les autres. Ils ont les réseaux sociaux, mais quand ils viennent ici, ils les laissent de côté. Il y a un vrai esprit de corps, une bonne discipline, ils ne vont pas faire autre chose. Ils ne sont pas contraints, ils sont vraiment concentrés sur ce qu'ils font. Ils sont tentés de dire qu'ils sont chez eux ici, on ne le leur a pas imposé, c'est venu naturellement." 

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Sur un plan plus technique, les trois sessions de travail leur permettent de grandir par le biais de mises en situation. "Les arts martiaux, au départ, c'est basique. Une déformation des disciplines s'est faite avec l'arrivée des compétitions. En dehors du travail de base, le taekwondo en compétition est très différent", précise Angelo Spataro. Travaillant beaucoup avec du matériel de contact, l'apprentissage se fait essentiellement via ces contacts, ces oppositions. "On a aussi du perfectionnement de geste avec une explication pédagogique propre à l'action. Quand on veut travailler sur le rendement, je prends le sifflet lors des assauts pour mettre plus de rythme", détaille le directeur technique. 

Par ce découpage des phases de combat, chaque élève apprend à réagir en fonction d'une situation de manière à ce que l'acquis devienne de l'inné. "L'idée est de disséquer les parties d'un combat et de faire en sorte que nos combattants en maîtrisent toutes les parties", vient compléter Stéphane Mannino. Si l'apprentissage suit son cours sous les ordres d'Angelo Spataro, les résultats, eux, devraient poindre dans les semaines et mois à venir. D'ici à la fin de saison, qui aura lieu en juin, les taekwondoïstes de l'AS Monaco vont prendre part à plusieurs compétitions. Après un open fin mars en Alsace, 4 d'entre eux partiront à Athènes du 26 au 30 avril. De quoi permettre à ces élèves de se situer sur l'échiquier mondial et de vivre une belle aventure sportive. 

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