Ardissone-Pastorino, pieds et poings liés

Demain soir à la salle Leyrit, Jérôme Ardissone et Jonathan Pastorino combattront tous deux pour une ceinture mondiale WKN. Tenant du titre en moins de 54,9 kilos, Ardissone affrontera l'Argentin Federico Roma. Sacré champion d'Europe en juin dernier, Pastorino sera opposé à l'Espagnol German Tabuenca en moins de 60,8 kilos. Avant le jour J, nous sommes allés rendre visite à ces deux frères d'armes dans leur antre de la rue Beaumont. Interview croisée.

Mardi, 14 heures. A quelques jours de leur combat, Jérôme Ardissone (26 ans) nous ouvre les portes de sa salle d'entraînement, rapidement rejoint par Jonathan Pastorino (28 ans). 

Entre les deux hommes, qui se considèrent comme des frères, la complicité est évidente, forgée depuis plus de vingt ans. Coachés par Edmond Ardissone, le père de Jérôme, champion du monde en 1984 et 1986, ils avancent ensemble vers les sommet.

Pendant près d'une heure et demie, ils se sont livrés à un échange spontané, balayant leurs passions communes, leur relation et leur identité niçoise.


Vous pouvez nous parler de vos premiers pas en full contact ?
Pour toi, Jérôme, on imagine que ça a commencé très tôt…

Jérôme Ardissone : 

Ben en fait, on a commencé presque au même moment. Je crois que le père de Jonathan en avait marre qu'il fasse des châteaux de sable au foot…

Jonathan Pastorino : 

Voilà, c'est ça. J'ai commencé par le foot, mais je m'ennuyais. Ça ne me plaisait pas du tout. Etant petit, je cherchais à imiter Rocky ou Van Damme, tout ça. Il y avait aussi David Douillet aux JO. Je voulais faire un sport de combat, quoi. Avec mon père, on a fait le tour des salles, mais personne ne prenait des enfants de cinq ans, à part l'INS (l'Institut niçois du sport, l'ancien club d'Edmond Ardissone). Un soir, j'ai rencontré Edmond. Il m'a proposé de revenir. Et depuis, je ne suis plus jamais parti.

Un gamin de cinq ans qui fait des sports de combat
ça ne doit pas faire que des heureux dans une famille…

JP : 
En fait, mon père était content que je trouve une activité qui me plaise. Ma mère, elle, l'était beaucoup moins. Mes grands-mères, encore moins. A chaque fois que je revenais à la maison après avoir pris un mauvais coup, c'est mon père qui se faisait engueuler. Maintenant, les femmes de la famille tiennent à me soutenir. Elles ne manquent plus un combat important !

JA : 
Généralement, quand on boxe, nos mères se retrouvent, elles font des allers-retours, elles sont stressées à mort, plus que nous, mais elles sont là. Bon, le jour où j'arrête, ma mère sera la plus heureuse, même si elle me soutient entièrement dans ce que je fais. Au niveau diététique, elle m'aide beaucoup, elle prépare mes repas.

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A partir de quel moment avez-vous véritablement
considéré votre discipline comme quelque chose de sérieux ?

JA : 
A partir de 16 ans, je dirais. Quand on était petits, tout ce qui nous intéressait, c'était de se qualifier pour les championnats de France pour monter à Paris. Si on perdait au premier tour, c'était très bien, parce qu'après, c'était la fête pendant trois jours. A un moment, il y a eu un déclic. Quand tu es jeune, tu fais du light contact. Puis quand tu arrives à 18 ans, tu passes aux combats avec KO. Deux ans avant ça, on s'est dit : "Soit on devient sérieux et on voit ce que ça donne, soit on arrête tout."


"On nous prend souvent pour des frères"

Avait-on tout de même décelé un certain potentiel vous concernant ?

JA : 
Oui, quand même. Mon père, il devenait fou. Il disait qu'on devait être champions de France chaque année. Il nous le disait même d'une manière un peu plus crue que ça, mais bon… (il se marre)

JP :
Ce qui est bien avec Edmond, c'est que tout le monde est logé à la même enseigne.

JA : 
Ouais, des fois, il y a des gens qui viennent à la salle et ils croient que Jonathan est aussi son fils. On nous prend souvent pour des frères. 

Est-ce Edmond qui vous a transmis le goût de la compétition ?

JP : 
Je n'en suis pas certain, sinon ça serait peut-être venu beaucoup plus tôt. Non, je crois qu'il y a eu une vraie prise de conscience de notre part.

JA : 
En fait, mon père nous a toujours dit que dans le fond, il se foutait des résultats tant qu'on ne devenait pas pros. Là, on n'a plus eu le droit à l'erreur. Il nous a fait comprendre qu'on avait l'image du club à faire respecter. Ici, il y a eu trois champions du monde (Franck Saget et Zoubaïr Mahmoudi en plus d'Edmond Ardissone). Mais il ne nous a jamais forcés à faire des choses. Aujourd'hui, même si c'est dur, il y a quand même de la bonne humeur à l'entraînement.

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Photos

7 combats à l'affiche

La soirée de gala organisée par Ardissone Nice full contact débutera à 19 heures à Leyrit.

Le public pourra assister à sept combats (deux championnats du monde WKN, trois autres combats pros et deux rencontres entre amateurs).

Honneur - 57 kg
Jonathan Boyer (Ardissone Nice full contact) vs Alexandre Bise (FCM)

Honneur -85 kg
Chakib Mejri (ANFC) vs Anthony Roethinger (USV)

Elite - 72 kg
Olivier Bahurlet (ANFC) vs Sami Miloudi (SRSC)

Championnat du monde WKN -60,8 kg
Jonathan Pastorino vs German Tabuenca (Espagne)

Elite - 60 kg
Khalil Ben Salah (ANFC) vs Luc Genieys (Rocbaron)

Elite -67 kg
Kamel jebir (ANFC) vs Michel Darius (FCM)

Championnat du monde WKN -54,9 kg
Jérôme Ardissone (ANFC) vs Federico Roma (Argentine)

Tarifs :
tribune : 10€
chaise ring : 20€