Stéphane Clamens, le franc tireur

À 41 ans, le tireur mentonnais va participer à ses quatrièmes Jeux consécutifs. Malgré les nombreuses difficultés qu'il rencontre pour s'entraîner régulièrement, stéphane clamens aimerait entrer pour la première fois en finale olympique. Et plus si affinités.

Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. On a creusé. Pas pour savoir qui était le bon, la brute ou le truand. 

Juste pour en apprendre plus sur Stéphane Clamens. Dans ses mains, pas de trace de pistolet, mais un fusil de ball-trap. Le seul désert qu'il traverse ? Il est médiatique. 

"Forcément, on ne s'intéresse pas souvent à nous dans la presse. Après, c'est vrai que je n'aime pas trop les interviews. Il y a toujours des retombées négatives, des petites phrases récupérées…" On a quand même tenté le coup et notre interlocuteur a fini par baisser (un peu) la garde. 

"Je sens que je progresse"

Stéphane Clamens a commencé par évoquer ses conditions d'entraînement, pas géniales. "Avant, il y avait un stand à Antibes, mais il a fermé. Maintenant, je dois faire presque 400 km pour aller jusqu'à Montpellier. Quand tout va bien, j'arrive à y aller deux ou trois fois par semaine. Je ne me considère pas vraiment comme un professionnel de la chose."

On pourrait imaginer que le quadra mentonnais, après de longues années à haut niveau, trois JO et de nombreuses performances internationales, a fini par rendre les armes. 

Il évacue l'idée aussi rapidement qu'il canarde les pigeons d'argile. "Tant que ça marche pour moi, pourquoi lâcher ? Malgré les difficultés pour s'entraîner, je sens que je progresse. J'arrive à être plus régulier." 

Sa récente troisième place à l'épreuve de coupe du monde de Lonato (Italie), début mai, en atteste. Tout comme sa médaille de bronze aux championnats du monde de Belgrade, en 2011.

"70 % de mental"

Que lui faudrait-il pour faire encore mieux ? Plus de flexibilité au niveau du rythme de préparation. Ce que Stéphane Clamens traduit à sa manière : "Je devrais tirer peu, mais souvent. Alors que moi, je tire beaucoup, mais pas souvent", glisse-t-il dans un rire sonore. 

On en profite, comme sans doute mille autres avant nous, pour lui demander s'il a vraiment le sentiment de pratiquer un sport à part entière. "Il faut un peu de muscle, parce que le fusil pèse quatre kilos, avec 1 200 bars de pression.Après, quand je vais voir le médecin pour le suivi longitudinal (examens obligatoires pour les sportifs de haut niveau), il se marre. J'aimerais bien avoir un corps d'athlète, mais ce n'est pas le cas !"

Son atout principal ? Le mental. "Je pense que la concentration représente 70 % du boulot. Contrairement à d'autres, je ne fais pas appel à un sophrologue ou un préparateur mental."

"Tout faire pour ne pas avoir de regrets"

À Londres, Stéphane espère faire mieux que lors de ses trois précédents rendez-vous olympiques. 30e à Sydney, 9e à Athènes, 25e à Pékin, il est toujours rentré du côté de la Cité des citrons (où il est d'ailleurs employé de l'office de tourisme) avec un goût d'inachevé. 

Pas question que cela se passe à nouveau de la sorte. "Mon objectif, c'est d'entrer en finale. Dans un deuxième temps, ce sera d'essayer de faire une médaille."

Pour la première fois, il aura le temps de participer à la cérémonie d'ouverture, ses épreuves débutant le 5 août. Ensuite, il faudra passer au plat de résistance, avec des qualifications sur deux jours (trois séries de 25 plateaux le premier jour, deux séries le lendemain). 

Les six premiers du classement accéderont à la finale, où les tireurs disposeront d'un seul coup pour toucher les vingt-cinq derniers plateaux.                      

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