Prise d'otages en plein coeur de la ville

A l'occasion de la 3e édition du challenge de tir Albert II, qui s'est tenue du 3 au 26 juin, les carabiniers du Prince nous ont invité à tester l'épreuve de la villa. Le temps d'une simulation de prise d'otage, j'ai troqué calepin et stylo pour la tenue de Lara Croft.

Boom boom. Boom boom. Le coeur résonne dans les tympans. Pourtant, ma main qui tient le Glock 17 est assurée. Devant la villa abandonnée du boulevard du Jardin Exotique, l'heure n'est plus aux doutes, ni à l'angoisse que je sens poindre. Il faut foncer. La journaliste a fait place au membre du groupe d'intervention. 

C'est l'heure du dernier briefing avec mes quatre coéquipiers : Alberto, mon confrère, Erwan et Doggy de Mc-Clic, les organisateurs de l'épreuve et Gilbert, membre des carabiniers du Prince. "On ne sait pas s'il y a un otage ou pas. Il semblerait qu'il y en ait un", rappelle Doggy. "A l'intérieur, il va falloir fouiller. Il y a des intrus cachés. Quand vous voyez une cible, shootez. C'est traité et on avance. On rentre, annoncez vous. Exigez qu'ils se rendent, qu'ils se couchent. On verra s'ils obéissent..."

En colonne d'assaut

Boom boom. Boom boom. On s'apprête à bouger en colonne d'assaut. "Je passe devant, vraiment ?" d'un ton peu rassuré. "Allez, allez !" Ok, c'est parti. La porte s'ouvre. Je vérifie les abords immédiats. "Ok, c'est bon", lâchais-je, invitant l'équipe à me suivre. "Et le placard sur la droite ? On ouvre ! Il est armé ou pas ?" me demande Erwan. "Oui..." Près de deux secondes s'écoulent entre ce oui et mon tir... Réactivité zéro ! 

Heureusement que nous sommes pas dans la vraie vie. La pièce est sécurisée. On progresse. L'arme toujours au poing, sur le côté, prête à tirer. Je me sens comme Lara Croft, perdue dans un univers qui ressemblerait étrangement à Call of Duty. Il ne me manque que... "Gilbert ! La porte, vas-y. On reste en protection", lance Erwan. "Un contact au fond". Les balles sifflent. Elle n'est vraiment pas passée loin celle-là. "Traité", l'assaillant ne gênera plus personne. On continue notre progression. Sur notre gauche, la visibilité est réduite. Je me positionne et lance un petit regard. Vraiment tout petit. Sait-on jamais, ma tête pourrait servir de cible. "Clair ! "

Courageuse, pas téméraire

Boom boom. Boom boom. Erwan et Doggy prennent les devants. Je les observe partir à l'assaut d'une porte fermée. "Vas-y ouvre !" Echange de tir. "Une personne". "Attention ! Contact !". "J'envoie une flash, j'envoie une flash... Flash en place". L'explosion m'assourdit. "Allez allez, go go go". Trop d'informations se bousculent, je me sens tétanisée. "Attention flash, on recule, on recule". Le premier étage est sécurisé. L'otage n'est pas là. Pour rejoindre le rez-de-chaussée, il faut descendre par la corde tendue à l'extérieur. Bien sûr, c'est le moment parfait pour que ma peur du vide se rappelle à moi... "Ca va aller ?" me demande Erwan. Courageuse - mais pas téméraire - j'enfile le harnais de rappel pour rejoindre mes coéquipiers quatre mètres plus bas.

"C'est la police. Rendez vous !"

Boom boom. Boom boom. La visibilité est réduite. Les passages se font plus étroits. Les pneus dans les couloirs ralentissent notre progression et nous empêchent de repérer les terroristes, qui se dressent entre nous et notre otage. "Police. Rendez vous !" crie Erwan, alors que des tirs se font entendre à notre droite. L'intensité monte d'un cran. 

Sous mon casque, il fait de plus en plus chaud. Assurément, on se rapproche. Calée dans un renfoncement, mon arme s'enraye. Euh...à l'aide ? Erwan demande à Doggy de nous couvrir et me rejoint. Ni une ni deux, il me rend mon Glock. Heureusement car des silhouettes se dégagent de la pénombre. "Attention grenade". L'explosion retentit. Erwan parvient à maîtriser l'assaillant qui se jette alors sur nous. Doggy met en joue le deuxième. "Police ! Lâche ton arme. Les mains dans le dos". Le terroriste capitule.

 Sur le côté, dessiné sur une cible, se dévoile le troisième preneur d'otage. Il tient entre ses bras notre victime. Vite, je lève mon arme et l'abat ! "Extraction, extraction". Sans réfléchir, je suis le mouvement. Mais, devant la maison, quelques minutes plus tard, l'adrénaline s'estompe. Le doute m'assaille. Et si j'avais touché l'otage ? "Elle va bien", m'assure Erwan. Je respire de nouveau. 

Mission accomplie !

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Le virtuel s'invite au challenge

Durant deux jours, une soixantaine d'hommes en uniformes venus de toute l'Europe se sont mesurés lors des sept épreuves de ce 3e challenge. Au programme, du tir indoor (parcours en milieu clos), du tir de précision à l'arme à air comprimé, du tir de vitesse, le swat test (gestion de crise) le cross shooting (épreuve physique intensive avec tirs sur cible), sans oublier l'épreuve de la villa. Cette année, le challenge s'est également doté d'une épreuve sur simulateur d'entraînement d'armes à feu, le Virtra. Conçu avec d'anciens membres des forces de l'ordre, des neurologues et des développeurs, ce système recrée sur écran géant de nombreux scénarios de crise ultra-réalistes. De plus en plus utilisé pour l'entraînement des forces de l'ordre, il s'adapte en temps réel aux actions et réactions du participant. Pour la deuxième année consécutive, les Autrichiens du groupe Eko Cobra ont remporté le challenge. Le binôme monégasque, Julien Dalmasso et Sébastien Medard (Unité spécialisée d'intervention et de voie publique), monte sur la deuxième marche du podium.