Les archers du Rocher

Le 24 février dernier, la Première Compagnie de Tir à l'Arc de Monaco a pu organiser sa 13e Coupe Prince Albert II. Une compétition revenue après 4 ans d'absence et précédée, la veille, par un premier concours mixte. De quoi attirer la lumière sur les archers de la Principauté qui ont récemment vu de nouveaux adhérents rejoindre leurs rangs.

Il est encore tôt en ce dimanche de février. Malgré le rendez-vous matinal, le soleil a déjà pris de la hauteur et brille plus que de raison. L'hiver, pourtant toujours présent, et les lève-tôt sont cueillis par une douceur printanière. De quoi contraster avec la neige de l'an dernier à pareille époque. Mais s'il est quelque chose qui n'était pas là l'an dernier, ce sont les archers prenant position à l'Espace Saint-Antoine. A l'abri des rayons lumineux mais sous les néons de la salle abritant généralement les handballeurs ou les joueurs de futsal, les tireurs prennent place.

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 Sur le terrain, ou plutôt sur les terrains, des chaises disposées sur deux rangées. Deux longues rangées. A quelques pas devant elles, des arcs. Posés sur un pied, ils attendent que leurs propriétaires viennent les empoigner. En face, à 18 m de la ligne des tireurs, des cibles. Elles sont au nombre de 22. Sur chacune, deux "blasons", comme on les appelle. Comprendre ici ce que les non-initiés ont tendance à prendre pour les cibles justement, ces cercles imbriqués les uns dans les autres et de différentes couleurs. A mesure que l'heure fatidique approche, les cordes se tendent et les dernières vérifications vont bon train. La 13e Coupe Prince Albert II ne va pas tarder à débuter.

Retour après quatre ans d'absence

Ce n'est pas leur premier rodéo. Mais les membres de la Première Compagnie Tir à l'Arc de Monaco ont dû s'armer de patience pour voir poindre cette 13e édition de leur événement phare. "Notre dernière édition date de 2015 car, depuis, nous n'avons pas réussi à avoir de salle", déplore la présidente du club, Marie-Gabrielle Costa-Bodé. "Avant, nous recevions à Gaston Médecin, qui est dorénavant dévolue au basket, ce que je comprends très bien. Nous avions la salle une fois tous les deux ans et nous organisions également une compétition en extérieur sur la pelouse du stade Louis-II. Mais comme il y a beaucoup d'associations, nous n'avons pas réussi à avoir la salle depuis, ce qui est bien dommage." 

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Et si tout n'est pas toujours simple, les astres se sont alignés cette année pour que la compétition ait bien lieu. Car, au-delà de l'accord des instances dirigeantes monégasques, il faut aussi trouver une place dans le calendrier fédéral, ce qui n'est pas toujours aisé. De quoi susciter encore un peu plus de plaisir aux archers de la Principauté cette année. "La Coupe Prince Albert II est un rendez-vous très important pour nous et nous avons de la chance de pouvoir être à l'ESA car cette salle, très grande, nous permet de recevoir plus de monde", détaille la boss du tir à l'arc monégasque. Avec 110 engagés (arc classique et arc à poulies confondus), une première, la journée s'est divisée en deux parties. Une trentaine d'archers le matin, 80 l'après-midi. Et sur la fournée matinale, une dizaine de tireurs du club organisateur. 

Des flèches par dizaines

Pas ou peu de bruit dans la salle. Après les séries d'échauffement, les premières volées sont tirées. Côte à côte, parfois dos à dos, si un gaucher et un droitier évoluent l'un à côté de l'autre, les archers tendent leur corde, bloquent leur bras, ajustent la mire puis relâchent leur flèche. Laquelle va, inéluctablement, trouver la fin de sa course sur la cible. Systématiquement, c'est une volée de trois flèches qui est tirée, chaque participant disposant d'1 minute 20 pour s'acquitter de sa tâche. Leur devoir accompli, tous partent ensuite retirer leurs projectiles des blasons, notant au passage leur emplacement, sous l'œil attentif des juges, afin de comptabiliser les points. "Les blasons utilisés aujourd'hui disposent de 5 cercles. Les deux jaunes, les plus au centre, valent 10 et 9 points. Les rouges rapportent 8 et 7 points tandis que le bleu en apporte 6", précise la présidente. 

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Fait cocasse, certaines flèches opposent une belle résistance aux tireurs au moment de les extraire. Un exercice qu'ils ont dû répéter à plusieurs reprises, chacun devant tirer 10 volées de 3 flèches, avant de refaire de même après une pause de 15 minutes. "Cela permet d'arriver à un total sur 600 points", note la présidente, avant d'évoquer la qualité des tireurs présents. "Sur les arcs à poulies, le niveau est international puisque certains reviennent de Las Vegas où ils ont marqué jusqu'à 599 points. En France, le niveau moyen se situe à 580-590 points tandis que chez nous, on est autour de 550. Sur les arcs classiques, le niveau moyen est à 540 points et dans notre club, on se situe aux alentours des 510 points." Le ballet incessant des flèches atteignant leur cible a duré toute la journée, voyant certains réaliser de très belles performances, comme l'a souligné la présidente de la Première Compagnie Tir à l'Arc de Monaco. "Nos tireurs ont plutôt bien marché, d'autant que ce n'est jamais facile d'organiser une compétition sur laquelle on tire ensuite, car cela demande beaucoup d'implication pour nos membres." Des membres qui avaient d'ailleurs eu l'occasion de s'illustrer dès la veille, certains ayant également pris part au concours mixte organisé le samedi.

Tir en duo

Quitte à avoir une salle immense rien que pour eux, les archers monégasques ont décidé d'en profiter à plein régime. D'autant plus que cela s'est fait avec un concours novateur, comme l'explique Marie-Gabrielle Costa-Bodé. "C'est un tir mixte, qui regroupe un homme et une femme dans la même arme (arc à poulies ou classique). C'était une première édition et elle est homologuée par la Fédération Française de Tir à l'Arc. Ce genre d'événement se découpe en deux parties, avec une session en intérieur et une en extérieur."  Si Monaco marquait la fin de la saison "indoor", il faudra cependant attendre encore un peu pour savoir où aura lieu la seconde partie de ce tir mixte, où les archers tireront à 50 m.

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Si le nombre de participants le samedi n'était pas très élevé, du fait du peu d'équipes mixtes dans la majorité des clubs, cela n'a pas empêché ce premier concours de faire l'unanimité. "Chez nous, il n'y a que trois filles qui tirent en compétition, dont deux en classique, Sonia Landra et moi-même. Sandrine Picaud évolue, elle, en arc à poulies. Nous étions donc 17 équipes et tout le monde a apprécié, c'était assez amusant." Sur un format où le duo dispose de 80 secondes pour tirer 4 flèches (deux pour ces dames, deux pour ces messieurs), mieux vaut ne pas traîner si l'on ne veut pas handicaper son partenaire. Une mécanique à trouver qui n'a pas empêché Sandrine Picaud et son partenaire, Francis Picaud, de briller avec une place sur la 2e marche du podium. Des résultats intéressants allant avec la nouvelle dynamique du club.

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Photos

De bons résultats pour les archers monégasques

Avec une douzaine d'engagés sur la Coupe Prince Albert II, la Première Compagnie de Tir à l'Arc de Monaco avait de quoi nourrir quelques ambitions. Et les archers de la Principauté ont répondu présent. Si Xavier Kemp (poulies) est passé près du podium (4e avec 547 points), Sandrine Picaud (poulies) a fini sur la 2e marche du podium en seniors 2, tandis que Francis Picaud a terminé 3e (545 points) dans la même catégorie, de même qu'André Scipioni en seniors 3 (3e avec 531 points). Du côté des arcs classiques, Sonia Landra (seniors 1) s'est adjugée la 2e place avec 444 points tandis que Damien Tang Po a terminé 5e (376 points, seniors 1). Michel Larini et Bruno Durand ont respectivement pris les 4e et 6e places (520 et 481 points, seniors 2), quand Gérard de Gregori s'est classé 7e en seniors 3 (399 points). Chez les cadets, Ronan Gatti a pris la 7e place également avec 287 points. L'équipe des arcs classiques (Michel Larini, Bruno Durand, Damien Tang Po et Ronan Gatti) a remporté la médaille de bronze tandis que celle des hommes à poulies (Xavier Kemp, Francis Picaud et André Scipioni) a fini 2e.