Les carabiniers du prince Physiquement parés

Cyclisme : en roue libre

"Pour moi, le vélo, c'est une bulle d'oxygène !", s'exclame Denis Raymond. Le responsable des ressources humaines nous accueille dans son bureau. Il est assis devant deux grands écrans d'ordinateur, saturés de lignes et de cases. "J'organise l'emploi du temps des 116 carabiniers", lance-t-il. On imagine le poids qui pèse sur ses épaules. Heureusement, ce sont des épaules de sportif. "Je me fais souvent deux heures d'entraînement, de 10 heures à midi. Je roule vers l'Italie ou vers Nice. J'avale entre 70 et 80 bornes à chaque session." Sacré programme. "Nous sommes une vingtaine à faire du vélo dans la compagnie, mais nous ne pouvons pas tous avoir le même emploi du temps", sourit-il. "Puis nous n'en faisons pas forcément en groupe. C'est un peu mon moment de liberté." Accroché au mur, le maillot de Cadel Evans, vainqueur du tour de France en 2011. "Il est dédicacé", annonce-t-il fièrement. "Frédéric Lacadée fait partie de notre groupe. Il est champion départemental troisième catégorie. Depuis dix ans, il court l'étape du tour de France consacrée aux amateurs. Il y a environ 10 000 participants et il arrive toujours dans les cent premiers. Nous avons aussi Frédéric Stoppa, ancien champion Côte d'Azur parmi nous." Le 24 juin dernier, les carabiniers-cyclistes ont réussi à se réunir pour une sortie de groupe. Puis le 15 septembre, ils ont participé aux Bosses du 13. Un parcours qui traverse le département des Bouches-du-Rhône. 

Beach-volley : service cinq étoiles

"Nous avons constitué deux équipes et nous participons au Challenge Albert II depuis cinq ans", explique le carabinier Gilbert Cazal, responsable de la section beach-volley. Le Challenge Albert II est une compétition multisports à laquelle participent les carabiniers, les sapeurs-pompiers, la Sûreté publique, des équipes issues de l'administration et d'entreprises privées. "Dans le Challenge, il y a trois divisions. Nous jouons dans la troisième." Les neuf beach-volleyeurs s'entraînent tous les lundis matin au Larvotto. Ils jouent une dizaine de matches dans l'année et concourent à deux tournois importants, en septembre et en juin. "On est trois sur le terrain et on touche souvent le ballon. C'est très dynamique. Les sports collectifs, c'est toujours bon. Ça renforce la cohésion entre les individus. Puis c'est agréable de faire du sport sur la plage." Cette année, le niveau est plus élevé dans le groupe de carabiniers. "Certains jouent en club maintenant." De quoi motiver la troupe et donner à tous l'envie de progresser.

Ultrafond : les coureurs de l'extrême

Pour le commun des mortels, courir durant des heures, empiler les bornes jusqu'à épuisement, peut paraître incompréhensible voire fou. Mais pour les spécialistes de l'ultrafond, c'est une raison de vivre, une incroyable source de bonheur. Sous les couleurs de la compagnie, Benjamin Rouyer, Philippe Dagnes et Jean-Christophe Agosta ont participé au Tour du Mont-Blanc en 2007. Une épreuve de 168 km et 9 000 m de dénivelé. "Un jour, j'ai vu une photo avec des coureurs complètement épuisés. Il y avait écrit : "Pourquoi ?" Moi, je me suis dit : "Pourquoi pas moi ?", se rappelle Jean-Christophe Agosta. Le responsable des sports ne se contente pas de participer. Il s'est imposé à deux reprises lors du raid Montpellier-Valencia (500 km à parcourir par tranches de 75 km par jour). Une épreuve durant laquelle Philippe Dagnes et Benjamin Rouyer se sont également distingués, sur la version 250 km. Jean-Christophe Agosta parcourt entre 160 et 180 km par semaine, sur son temps libre. Surhumain ? "Non, c'est la magie du corps. Plus on court et mieux on se connaît. On apprend à se gérer, on anticipe tout. Honnêtement, c'est l'extase." Le coureur de l'extrême projette maintenant de réaliser un Monaco-Paris (environ 960 km) qui, outre l'exploit sportif, aurait une dimension sociale. Chaque kilomètre serait "vendu" à un sponsor et la somme globale serait reversée à une association.

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