Les carabiniers du prince Physiquement parés

La compagnie des carabiniers du prince compte 116 membres. L'un des secrets de l'excellence de ces hommes dirigés par le commandant Philippe Rebaudengo, c'est le sport. sept sections permettent à chacun de peaufiner sa préparation physique.

Cinq boulevard de Belgique, l'antre des carabiniers du prince. La grande caserne, est une vraie fourmilière où chacun vaque à ses occupations. Sans surprise, on y croise des hommes en uniforme. Mais il y aussi beaucoup de carabiniers en survêtement. Loisir ? Travail ? Les deux, en réalité. Le sport fait pleinement partie de leur formation professionnelle. C'est même une condition sine qua non pour entrer dans la compagnie. Le commandant Philippe Rebaudengo est arrivé à la tête du groupement il y a sept ans. Après 25 années à servir l'armée française à titre étranger, il bénéficie d'une expérience riche. "J'étais dans l'infanterie et cela m'a donné un certain background de groupe. Ça m'aide à gérer mes hommes." 

Il accorde une importance cruciale au sport. Il est ceinture noire de judo, certes. Mais ce n'est pas exactement sa discipline phare chez les carabiniers. Son truc, c'est le MMA (mixed martials arts). Il y a initié ses hommes. Via cette discipline, il leur enseigne les techniques de gestuelle policière. "J'ai un ami médecin qui m'a dit : " Tu as un rapport bizarre avec ton corps, toi." Après avoir vu, il a noté que nous avons justement un rapport très sain avec celui-ci. Il y a une vraie dimension professionnelle. Cela nous enseigne le respect de soi, d'autrui et des règles, puis c'est idéal pour préserver nos conditions physiques." 

70% des carabiniers pratiquent régulièrement le sport. L'objectif est multiple, souder les troupes, créer une saine émulation, et entretenir son physique. La compagnie partage son temps entre la garde du palais princier, au cœur de Monaco-ville, et la surveillance de la propriété du Souverain, sur les hauteurs de Roc Agel. "Les longues stations debout exigent un gainage solide", explique le responsable de la cellule sport des carabiniers, Jean-Christophe Agosta. La compagnie compte sept sections, avec un responsable attitré. Ils pratiquent le MMA, le beach-volley, le vélo et la pétanque. Mais aussi la course à pied, le football et le badminton. On pourrait y ajouter le tir. Il n'y a pas réellement d'équipe puisque chacun le pratique, dans le cadre de sa profession. Mais certains participent au concours de tir du Challenge Albert II, avec la Sûreté publique.

Des évaluations physique exigeantes

Au-delà des compétitions auxquelles ils participent, les membres de la compagnie se remettent souvent en question. Ils mettent un point d'honneur à ne pas tomber dans la routine et à augmenter leur potentiel physique. Pour cela, ils ont leur propre gymnase dans la caserne, et jonglent avec les outils de "torture". Ils ont à disposition des appareils de musculation, des plateaux oscillo-vibrants ou encore des kettelbells (boules en acier venant de Russie). L'objectif est de se renouveler sans cesse.

De grandes aptitudes sportives constituent un critère évident pour faire un bon carabinier. Les tests d'évaluation y accordent une large place. "Les médecins du sport ont encouragé notre initiative sportive", indique Jean-Christophe Agosta. Bien sûr, il y a des examens écrits et oraux : français, maths et connaissance de l'actualité. Il y aussi des tests médicaux. Ensuite, on passe à la pratique. Au menu, remontées de jambes, pompes, tractions et gainage. Vient ensuite la session natation : cent mètres de nage suivis de dix mètres d'apnée. Il y a même une phase de test MMA, justement pour jauger les qualités morales de l'individu. "Ça nous permet de voir comment un homme réagit lorsqu'il est attaqué. Comment gère-t-il son stress ? Est-il courageux ? Sait-il maîtriser son agressivité ? Ce test d'aptitude est crucial, il en dit long sur la personnalité d'un homme", explique le commandant Rebaudengo. Cette année, huit ou neuf nouvelles recrues devraient faire leur entrée dans la compagnie, à condition de prouver qu'elles n'ont pas peur de mouiller le maillot pour leur pays.

"Entre vingt et quarante ans, les carabiniers déjà en activité passent des tests physiques deux fois l'an. Passé quarante ans, on les évalue une fois. Bien sûr, nous adaptons nos exigences physiques en fonction de l'âge de l'individu. De cette façon, on nivelle par le haut. On pousse nos hommes à aller toujours plus loin. Le sport est un moteur fort, et il permet de juger les gens." 

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