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Club bouliste du Rocher : Retrouvailles au sommet

Il suffit de s'élever un peu, direction Monaco-ville, pour poser le pied dans un coin paisible. Au Club bouliste du Rocher (CBR), on pratique le sport boules en toute détente et à tous âges. Pas de stress, même si l'équipe première accède cette saison au championnat de Nationale 3.

Accueillis par Jean-Louis Barrera, le manager général du club et coach de l'équipe de N3, on se sent rapidement adoptés. Dans ce lieu ombragé avec vue plongeante sur la Principauté, on a qu'une envie, faire connaissance avec tout ce petit monde. Sur les terrains de sable, on joue au boules, et autour des tables, on s'affronte à coup de belote et de rami. 

Parfois, ça râle sévère ou ça se marre, selon qu'on a la main chanceuse ou pas. On s'interpelle d'un bout à l'autre de cet écrin à l'écart du tumulte citadin. "Avant le début de la saison, on essaie de réunir tout le groupe pour que tout le monde se connaisse mieux", explique l'entraîneur. Si Philippe Grauss est le président du club, il est rigoureusement secondé par Jean-Louis Barrera. Et pour cause, l'homme de 53 ans a commencé à taquiner le sport boules dès l'âge de 14 ans. Alors, on ne la lui fait pas… "J'ai jamais joué à la pétanque", précise-t-il. 

L'Europa League du sport boules

"Nous avons environ 300 membres dont une soixantaine de licenciés qui part en compétitions. De mon côté, je chapeaute le club et je m'occupe de constituer les équipes pour les épreuves nationales ou internationales. Pour les rencontres régionales, les joueurs se regroupent par affinité. Je n'oblige personne à jouer avec Pierre, Paul ou Jacques", lance-t-il.

Les compétiteurs du club n'ont pas boudé leur plaisir la saison passée et ont participé à une ribambelle d'épreuves. Ils ont notamment gagné la Coupe d'Europe Fib (Fédération internationale de boule) C2. "Cela correspond à la deuxième division européenne. Pour comparer avec le foot, ce n'est pas la Champions League, mais l'Europa League", explique Dominique Verger, entraîneur du centre de formation du CBR. 

Mais les Monégasques avaient encore de l'appétit et se sont octroyé le titre de champions de France de Nationale 4. "C'était la première fois que l'on participait. Jusqu'à présent, nous n'avions pas d'accord avec la France. En terme de niveau, nous étions bien. Nous n'avions pas trop à craindre. Contre Annonay (Ardèche), c'est la seule fois où nous avons un peu transpiré. La partie était moins évidente tout de suite, on va dire."

"La force de l'équipe,c'est l'excellente ambiance"

L'équipe de Nationale 3 sera sensiblement la même que celle de N4, avec trois joueurs en plus. "Ils viennent de la zone niçoise où plus personne ne participe au championnat national. Les clubs de Nice sont malheureusement dépeuplés. À Monaco, on a une image assez positive, on fait parler de nous par nos résultats", poursuit Jean-Louis Barrera.

Cyril Djekhar, ambulancier de 28 ans, n'est pas nouveau à Monaco, mais il participera à son premier championnat de France. "Je joue depuis que j'ai 13 ans et demi. Mon père jouait à la pétanque, donc je pratique depuis que je sais marcher. Puis il est devenu gérant d'un club de Lyonnaise, d'où ma transition vers le sport boules. 

Éric Lotto m'a recruté lorsque le centre de formation commençait à exister. C'est un peu comme une famille, pas de sang, mais amicale." "Ce qui fait vraiment la force de l'équipe, c'est l'excellente ambiance qui y règne. Et l'une des qualités de Jean-Louis, c'est de bien savoir gérer les égos", remarque Dominique Verger. "Il y a deux ou trois caractères forts", concède Jean-Louis Barrera.

Le CBR lorgne déjà la N2

Toute l'équipe est bien consciente que le niveau sera logiquement plus relevé désormais. Mais pas de quoi trembler. "Ce sera justement plus intéressant. On peut même penser à monter en N2", lance le manager, jetant un regard entendu à Dominique Verger. Éric Lotto, l'un des capitaines d'équipe avec Nicolas Laugier, n'en pense pas moins. "Je pense qu'on va pouvoir gérer ça. 

Ça reste encore un niveau accessible pour nous. On va jouer le titre. Ne pas être dans le dernier carré, ça serait une déception." Au club depuis 22 ans, ce fidèle de la discipline a confiance en son équipe. "Il faut savoir dire le mot qu'il faut, quand il faut. Je connais bien le sport boules, je connais bien le haut niveau ainsi que mes partenaires et leurs qualités", déclare-t-il, serein.

Concrètement, le championnat verra évoluer cinq poules de six clubs. Deux équipes peuvent espérer monter dans la division supérieure cette année. (La saison a repris le 27 septembre, Monaco rencontrait Loriol-sur-Drôme, dans la Drôme).

La relève fait sa place

Si l'on se penche un peu sur les boulistes qui s'activent, on remarque qu'il n'y a pas que les bonshommes qui maîtrisent l'art du sport boules."On avait déjà deux femmes l'an passé, et deux autres nous ont rejoints", indique le chef d'orchestre du club. Tee-shirt et short foncés, Christine et Babette portent la même tenue. "Ça fait au moins 20 ans qu'on joue ensemble", s'exclame Christine.

 "Babette est ma belle-sœur. On est venues à Monaco parce qu'on veut voir un peu plus loin. On veut évoluer et peut-être faire des compétitions internationales comme la Coupe d'Europe. Avec le Club bouliste du Rocher, c'est possible. En plus, les joueurs sont très sportifs et ont du niveau." Il est bientôt 19 heures, et côté restaurant, on met la table. Dans la salle, on a déjà sorti la tarte aux pommes. Mais les passionnés s'éternisent. Parmi eux, quelques ados, la relève.

 "J'entraîne une vingtaine de jeunes au centre de formation. Ils ont entre 9 et 23 ans et ça donne un bon mélange des générations", détaille Dominique Verger. "On a du mal à les faire venir au départ, parce qu'ils confondent le sport boules et la pétanque et pensent que c'est un sport statique. Souvent, leurs parents ont une mauvaise image du milieu. Mais nous essayons de casser ces clichés. Une fois qu'ils ont passé le portail, généralement, c'est gagné."


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