Objectif PyeongChang

Olivier Jenot n'est pas du genre à faire dans la suffisance. Focalisé sur les prochains Jeux Olympiques d'hiver de PyeongChang en février 2018, le skieur monégasque regarde aussi vers les mondiaux de St-Moritz (6-19 février).

La vie d'un skieur de haut niveau n'est que rarement un long fleuve tranquille. Voire jamais. Toujours à parcourir le monde, ces athlètes constamment en quête de blanche sillonnent le globe toute l'année, que ce soit pour les entraînements d'avant-saison comme pour la compétition. Olivier Jenot fait bien évidemment partie de ceux-là, à l'instar de ses comparses monégasques Arnaud Alessandria et Alexandra Coletti. Basé près de Méribel, à Bozel, le jeune homme ne passe que peu de temps chez lui. "La majeure partie du temps, je ne suis pas chez moi, on est sans arrêt en déplacement", confirme celui qui a obtenu son diplôme d'ingénieur en 2013 et qui est désormais membre du groupe France de coupe d'Europe. "Je fais essentiellement des courses du circuit coupe d'Europe, qui sont d'un niveau plus élevé que les courses traditionnelles FIS. L'objectif est de progresser, marquer des points. Et pour ça, cela veut dire rentrer dans les 30 meilleurs de chaque course. Le gros objectif de la saison, ce sont les mondiaux de St-Moritz en février. Mais cette année est avant tout une année de construction en vue de l'an prochain et des JO", précise Olivier Jenot. 

Du groupe au retour sur les piste

Un objectif à moyen terme donc, mais qui démontre toute l'envie du garçon. C'est aussi en ce sens, qu'à l'issue des Jeux Olympiques de Sotchi, en 2014, il avait pris la décision de retourner à une pratique au sein d'une équipe. "L'année de Sotchi j'étais dans une structure très privée, avec un coach qui me suivait sur l'année, mais après j'ai voulu rejoindre un groupe. J'ai passé les deux dernières années avec une équipe, Orsatus, basée près de Méribel. Ça a été un choix de réintégrer une équipe pour avoir plus de confrontations et plus de soutien logistique." Et très vite, le travail porte ses fruits avec une bonne préparation pour la saison qui suit les JO. Problème, une vilaine blessure vient freiner Olivier Jenot dans sa progression. "En novembre 2014, je me suis fait le ligament croisé antérieur sur les premières épreuves de coupe d'Europe. Du coup, la saison a été vite terminée", regrette-t-il. 

Une opération quelques semaines plus tard et la suite l'emmène en centre de rééducation. Avec pour conséquence une saison quasi-blanche. Mais cela a pu lui permettre de travailler quelques mois au sein de la Société Monégasque d'Électricité et du Gaz (SMEG). "Après avoir eu mon diplôme d'ingénieur fin 2013, j'ai signé un contrat avec la SMEG. Une convention de sportif de haut niveau qui me rattache à eux. Quand j'étais blessé, pendant ma convalescence, j'y ai travaillé pendant 3 mois", se remémore l'homme aux 28 printemps (29 le 28/02). 

Un peu plus de six mois après sa blessure, Olivier Jenot est donc remonté sur les skis. Mais tout doucement, sans prendre de risques, afin de pouvoir revenir le plus fort possible. "J'ai fait un retour, seul, en dehors du groupe Orsatus, pour bien prendre mon temps. Je me suis entouré de plusieurs coaches, j'ai fait des petits stages jusqu'en octobre, et à partir de là, j'ai réintégré la structure avec pour but de retrouver mon niveau et le dépasser."  Une reconstruction étape par étape, qui l'a d'ailleurs vu passer par une épreuve de coupe du monde en Corée, sur le site des prochains JO. "J'ai réussi à rééditer mes meilleures performances et à les améliorer. Je suis devenu meilleur dans toutes les disciplines et mes classements mondiaux s'en sont ressentis, puisqu'à l'issue de la saison 2015/16, je faisais parti des 200 meilleurs de 4 disciplines", explique Jenot. 

Le groupe France,un apport particulier

Après ces deux saisons passées chez Orsatus, le Monégasque a donc intégré le groupe France de coupe d'Europe. "J'avais exprimé ce souhait à ma fédération et ils ont entrepris les négociations avec leurs homologues français en marge des championnats de France et de Monaco qui se sont tenus en même temps", explique Olivier Jenot. Des négociations aussi facilitées par les résultats du jeune homme, puisque ce dernier avait brillé l'année précédente. "Je me suis classé dans les 10 premiers au championnat de France dans 3 disciplines, j'étais dans le paquet des gars du groupe coupe d'Europe. J'ai fait une bonne saison et pour moi, la démarche était simplement d'intégrer un groupe avec un niveau plus élevé et une densité plus forte." Et en terme de niveau et d'intensité, le Monégasque n'a pas été déçu. 

Après une très grosse préparation l'été dernier, "elle a été très dure, j'en ai bavé", Olivier a surtout trouvé une force d'encadrement supérieure à ce qu'il avait pu connaître jusqu'à présent. "Au niveau du ski, dans la forme, ça ne change pas beaucoup de ce que je faisais avant, mais on a un encadrement plus étoffé et intense, on a plus de coaches avec nous. Je suis dans un groupe très dense, on est un petit paquet, donc à l'inverse des années passées où j'avais tendance à être le leader du groupe, à devoir tirer tout le monde, là, on est toujours 7-8 à se tirer la bourre." Une émulation qui fait du bien à Olivier Jenot, obligé de se pousser dans ses derniers retranchements. De quoi lui permettre de s'améliorer encore, lui qui regrettait de manquer de régularité sur ses premières courses de la saison. Et de profiter encore du ski, puisqu'il ne voit, pour l'instant, pas plus loin que les prochains Jeux. "Cette année est quand même une année de préparation pour moi, réaliser le travail de fond qui paiera en cours de saison et surtout sur la saison suivante. L'idée est d'améliorer mon ski et engranger de la confiance. Ce sera sans doute l'occasion de mettre un terme à ma carrière. Les JO sont un objectif mais je ne réfléchis pas à la suite. J'aurai 30 ans, je ne me pose pas de limites, ça dépendra de comment j'ai pu évoluer jusque-là. Mais dans ma tête, je n'ai pas de plans post-JO." Quoi qu'il en soit, il reste encore du temps à Olivier Jenot pour réfléchir. Mais avant cela, il y a les mondiaux de St-Moritz sur sa route...

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