Alessandria, saison tronquée

Ses ambitions de top 30 ne changent pas, mais Arnaud Alessandria a dû revoir ses plans pour cette saison, la faute à une vilaine blessure contractée au dos en août dernier, puis une commotion en janvier. Mais le moral est toujours là chez le jeune homme.

On peut être un spécialiste de la vitesse et devoir, parfois, savoir prendre son temps. C'est un peu ce qui se passe cette saison pour Arnaud Alessandria. Le Monégasque, qui avait découvert les Jeux Olympiques à Sotchi en 2014 (Descente, super-G et super combiné), a pour ambition de représenter à nouveau la Principauté l'an prochain à PyeongChang (JO du 9 au 25 février en République de Corée). Et cette saison devait l'aider à s'y préparer tout en emmagasinant des points et de la confiance. 

Mais la donne a brutalement changé lors de la préparation d'avant-saison, lorsque son dos lui a causé des tracas, mais aussi très récemment avec une commotion cérébrale. "J'ai eu une discopathie avec deux disques fissurés qui s'est déclenchée le 15 août. La discopathie était sans doute là depuis un moment, mais la douleur est arrivée avec l'écrasement des disques", détaille Arnaud Alessandria. Résultat des courses, un arrêt forcé de 3 mois et demi. S'en est suivie une période de rééducation au CERS de Cap Breton avant de partir en réathlétisation avec la Fédération Française de Ski. "L'avantage de ce genre de blessures, c'est qu'on peut continuer à bosser physiquement. Donc au niveau de la préparation physique, je n'ai pas perdu trop de temps. Même si je ne pouvais pas faire certaines choses à cause de mon dos, c'est plus au niveau de la préparation sur les skis où j'ai accumulé du retard. On peut bosser, mais on ne peut pas faire de skis, parce qu'on ne doit, entre autres, pas avoir de poids sur le dos. Le plus dur, c'est l'attente. Parce que c'est de la cicatrisation, donc on doit attendre. J'ai eu mal pendant 2 semaines, mais sur les 3 mois qui ont suivi, je n'avais plus de douleurs. Je pouvais tout faire normalement, mais je ne pouvais pas aller skier parce que sinon ça aggrave la chose."

Préparation tronquée et retour sur piste retardé

Après cette blessure, relativement chronique chez les skieurs, comme nous l'a confié le descendeur, il a donc fallu remonter sur les skis. "J'ai raté le stage de préparation en Amérique du Sud et j'aurais pu partir avec le groupe coupe du monde de l'équipe de France, mais au lieu de ça, je n'ai repris le ski qu'au mois de novembre", regrette le jeune homme de 23 ans. 

Et pour son retour courant novembre, Alessandria a donc dû reprendre directement en compétition. Pas l'idéal pour une reprise, mais il lui fallait en passer par là pour "faire du kilomètre", comme il le dit lui-même. "Pour pallier ce manque, on n'a pas pu beaucoup s'entraîner, donc j'ai rattaqué sur les courses et on a vu avec les coaches pour les prendre comme des manches d'entraînement, faire du ski, sans se soucier du résultat et remettre les choses en place." Une période délicate et difficile à évaluer dans le temps, mais à côté de laquelle il ne pouvait pas passer. En envisageant de commencer à être performant à la mi-janvier, Arnaud Alessandria se laissait donc un peu de temps avant les championnats du monde de février (à partir du 08/02). Mais un imprévu allait une nouvelle fois remettre en cause le programme établi pour la suite de sa saison.

Une chute aux lourdes conséquences

Malgré ce contre-temps dans son avant-saison, Arnaud Alessandria n'en restait pas moins ambitieux cette année. Il visait d'ailleurs le top 30 en coupe d'Europe et espérait faire un coup en super-G. Et pour ce faire, il travaille au quotidien avec le groupe France de descente. "Je suis avec l'équipe de France de coupe d'Europe. Ils ont un groupe vitesse, dans lequel je suis et un groupe technique. Il y a aussi des passerelles entre les deux, mais on fait la préparation physique ensemble. C'est une structure géniale parce que c'est une des meilleures équipes au monde, on a le suivi, que ce soit en préparation physique, sur les skis ou sur le plan médical et puis ça permet de se jauger en permanence par rapport aux autres et ça créé une émulation positive."

Le Monégasque avait ainsi une vingtaine de courses au programme avant Février et la coupe d'Europe. Mais une mauvaise chute est venue à nouveau remettre en question sa saison. Sur la piste de Streif, à Kitzbuehel, en Autriche, une perte de ski a entraîné une chute pour le jeune homme. Résultat, une commotion cérébrale et une nuit en observation à l'hôpital le 15 janvier. Une visite chez le neurologue plus tard, Arnaud Alessandria reçoit un nouvel arrêt d'au moins trois semaines."Je peux faire du sport normalement, je suis en possession de toutes mes capacités mais je dois absolument éviter tout choc à la tête", précise-t-il. Car à l'issue de cette chute, il a ressenti quelques troubles de la concentration et au niveau de la mémoire, ce qui l'a conduit à aller consulter un spécialiste. S'il n'y a pas de problème pour sa santé, un nouveau choc à la tête serait cependant dangereux, ce qui le pousse à s'éloigner de nouveau des pistes. Et donc à dire adieu aux mondiaux pour cette année. "C'est frustrant parce qu'avant ma chute, je sentais que ça revenait bien, mais ça fait aussi partie du jeu." 

S'il reste philosophe, Arnaud Alessandria n'en est pas moins déçu. Avec une saison aussi noire, difficile pour lui de regarder vers la suite sereinement. Pourtant, il ne perd pas son optimisme naturel et patiente en attendant de pouvoir revenir sur les pistes. Un retour qui ne devrait pas intervenir avant la mi-février, au mieux. Et c'est tout le mal qu'on lui souhaite !

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