Carré d'As

La jeunesse s'élance

Dernière arrivée au sein de l'AS Monaco natation, la discipline du plongeon (33 licenciés) a fortement évolué depuis sa création en 1988. Et a pris un nouvel essor sous l'impulsion de John Neeld, son entraîneur et responsable, présent au club depuis 2010.

Elle est l'une des plus vieilles disciplines olympiques (1904). Acrobatique, spectaculaire, aquatique, cyclique, on y saute de 1, 3 ou même 10 mètres. Elle ? C'est la discipline du plongeon, que l'on peut trouver au sein de l'AS Monaco natation. Derrière la piscine olympique du stade Louis-II se trouve un bassin, presque caché, derrière un mur. Sur l'un des quatre bords, des plongeoirs. A différentes hauteurs. En ce mercredi après-midi de novembre, les petites têtes blondes de l'école de plongeon terminent joyeusement leur séance. 

Erika Tanaka Csm Plongeon 21

L'heure est à la découverte et, un peu, à l'amusement. Un moyen de leur faire découvrir ludiquement la discipline. A côté d'eux, d'autres enfants prennent leurs marques. Plus vieux, plus sûrs d'eux aussi. Mais ce n'est pas une surprise puisqu'ils font partie du groupe compétition coaché par John Neeld, le responsable de la section. "Ils sont 12 et âgés de 7 à 17 ans. Tous pratiquent le plongeon en individuel et nous avons également six équipes, deux de filles, deux de garçons et deux duos mixtes pour les plongeons synchronisés", glisse le Mexicain. 

Un travail quasi quotidien

La séance débute rapidement. Après quelques mouvements d'échauffement, Bryan, Alessandro, Coralie, Aurora, Mila, Samantha, Florian, Nathan et Ian-Andrée enchaînent les sauts. Sous les yeux de leur coach, toujours prompt à leur donner des indications sur les positions à tenir lors des sauts. "Les bras et les genoux plus rapides et abdomen dur à l'intérieur", assène-t-il à son fils avant que ce dernier ne s'essaye à un nouveau saut à la complexité apparente. Il faut dire que John Neeld les connaît bien puisqu'il s'en occupe depuis pas mal d'années maintenant. Huit ans exactement que le coach a fait ses débuts à l'AS Monaco. 

Erika Tanaka Csm Plongeon 20

S'il a formé bon nombre de jeunes plongeurs, comme Ian-Soren Cabioch, qui a notamment participé aux championnats d'Europe juniors à Bergame (Italie, 2014) avec Lola Cotton, aux championnats du monde juniors à Penza (Russie, 2015) et seniors à Kazan (Russie, 2015), ainsi que diverses compétitions du Grand Prix série de la Fédération Internationale de Natation Amateur (FINA), et aux 1er Jeux Européens de Bakou (2015), John Neeld a su renouveler son groupe au fil des ans. Pour cela, il lui faut détecter les talents de demain le plus tôt possible. "Nous avons des débutants et des confirmés au sein du club et je fais une sélection de ceux en qui je vois le plus de qualités physiques et intellectuelles, mais aussi qui n'ont pas peur et qui pourraient ensuite avoir des résultats en compétition." 

Erika Tanaka Csm Plongeon 18

Pour les amener à performer et intégrer les 7 étapes du plongeon, les jeunes pousses de l'équipe première doivent en passer par de nombreuses heures d'entraînement. Mais pas forcément dans l'eau. "On s'entraîne tous les jours, du lundi au samedi, entre 2 h 30 et 3 heures par jour. Il y a la partie en piscine, bien-sûr, mais aussi du travail en salle." Au menu de ces séances au sec, du trampoline, des acrobaties au sol et de gros efforts sur la force physique. "On travaille sur la ceinture abdominale, le gainage mais aussi la force des jambes car cela nous permet ensuite de gagner en explosivité et en vitesse de réaction.

"Relève le menton"

S'il est préférable d'être quelqu'un d'assez souple au départ, il est également important pour un pratiquant de plongeon d'avoir une bonne position de corps, celle-ci étant l'un des points de la notation des juges lors des compétitions. "Il y a aussi les pointes de pieds, ce sont des choses que l'on observe pour voir si la personne a un certain talent au départ", glisse le coach, entre deux remarques à ses jeunes. "Relève le menton", crie-t-il soudainement à une demoiselle à la tête trop rentrée lors de son saut. 

Erika Tanaka Csm Plongeon 13

"Il doit être bien relevé parce qu'il faut avoir un bon alignement corporel car cela va jouer sur la position où la trajectoire avec laquelle on va sortir du saut. Si l'on a la tête basse, le buste le sera aussi et on va avoir tendance à sortir assez loin de la planche alors que l'on cherche la parabole la plus haute et proche possible de la planche." Afin de les amener au haut niveau et réussir à glaner chaque année plus de médailles (plus de 75 depuis 2010), le coach suit le même schéma avec chaque jeune qui arrive. "On commence toujours par les figures vers l'avant car c'est le plus naturel. On passe ensuite au plongeon arrière avant d'enchaîner sur le renversé et le retourné, de manière à avoir les 4 directions plus la vrille." A la suite de quoi les rotations sont insérées dans le saut afin de diversifier et complexifier les figures. Mais aussi pour répondre au cahier des charges de la fédération française qui impose des mouvements et un certain coefficient de difficulté en concours.

Erika Tanaka Csm Plongeon 1

"Ça dépend des compétitions, on commence à 1 m, puis 3 m et ensuite plus haut, ça varie en fonction des catégories. Il faut choisir parmi les figures pour atteindre le coefficient de difficulté imposé et ensuite on passe sur les programmes libres." Que ce soit en individuel ou en plongeon synchronisé, les plongeurs de l'ASM ont performé la saison dernière et ont de grandes ambitions pour cette année et celles à venir. "On vise à nouveau de bons résultats à la Comen Cup (Confédération méditerranéenne de natation) et nous allons chercher à marquer des points en vue des championnats d'Europe juniors auxquels Samantha Synave et Coralie Briano seront prochainement éligibles pour Monaco." De quoi revoir la Principauté sur le circuit international d'ici quelques années...

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos