Little Barracudas

Ils ne sont pas forcément plus grands qu'une cage de hockey sur glace, mais tous aiment à patiner crosse en main. Eux, ce sont les "pee-wee" du Skating Club of Monaco, la classe biberon de hockeyeurs du club monégasque.

Il est encore tôt en ce samedi matin de janvier. Le soleil s'élève peu à peu dans le ciel et vient réchauffer l'atmosphère alors que le mercure ne semble pas décidé, lui, à décoller. Mais la fraîcheur matinale ne semble pas déranger la dizaine de petites têtes blondes présentes sur la glace, crosse en main et sourire aux lèvres. Réunis sur un côté de la patinoire éphémère du port Hercule, tous sont venus boire les paroles de Fabien Bonilla, leur entraîneur, mais aussi et surtout s'amuser sur la glace. Car tous les niveaux sont mélangés au sein de la dizaine de petits garçons présents. Des novices, qui découvrent la saveur d'une chute sur la glace, à ceux qui manient déjà la crosse avec une certaine habileté, il y en a pour tous les goûts. 

Img 0679

L'échauffement avant-tout

Tous les samedis matin, de 8h30 à 10 heures, ils ont ainsi rendez-vous pour leur entraînement hebdomadaire. Et ce n'est pas parce qu'ils sont jeunes qu'il faut lésiner sur l'échauffement. "On débute toujours par ça et quelques étirements, c'est important", nous glisse leur coach. Sur leur espace dédié, tous sont droits sur leurs patins, enchaînant mouvements de poignet et de coude. "Ça craque un peu ?", leur lance, rieur, leur entraîneur. La mise en bouche terminée, il est désormais temps de passer à la base du hockey sur glace, à savoir le patinage. 

Condition sine qua non pour prendre part au jeu, il leur faut savoir patiner. Et là encore, les scènes sont parfois cocasses. Ils enchaînent donc, tournant sur la patinoire comme les sportifs enchaînent les tours de terrain. Les moins rassurés ont ainsi le loisir de se tenir à la rambarde, histoire de gagner en confiance. Les exercices de patinage s'enchaînent, mais à des rythmes différents. "Allez, maintenant on croise, on va gagner de la vitesse", entend-on venir depuis le coach. Accélérations, dérapages, tout y est. Au gré des figures imposées, Fabien Bonilla leur explique également à quoi servent ces exercices. "Ce qui leur plaît, c'est de faire les matches, d'avoir un palet alors qu'il y a plusieurs phases, comme leur apprendre d'abord le patinage, la maîtrise de la crosse, du dérapage, de la marche arrière, parce qu'ils ne maîtrisent pas trop ça encore. Il faut d'abord commencer par s'étirer, ensuite on patine un peu, à droite, à gauche, on croise pour prendre de la vitesse, on leur explique comment déraper, ce qui est important, parce que quand tu es face à un adversaire, un défenseur, si tu ne dérapes que d'un côté, tu te retrouves dos à lui." 

Img 0532

Malgré tout, les chutes font partie du jeu. Et les petits garçons présents ce matin-là voulaient parfois aller trop vite et se retrouvaient régulièrement à regarder la glace dans le blanc des yeux. Pas de quoi les décourager cependant, puisqu'ils se relevaient aussitôt et repartaient à la conquête de cette maîtrise qui leur échappe encore par moment. Cela avant, bien entendu, de passer aux exercices techniques. 

Passe, frappe et but

Chez les "pee-wee" (catégorie de jeunes en hockey sur glace), c'est comme pour les enfants au football, au basket ou au rugby. On veut tirer et marquer. Et avant de passer au match de fin de séance tant attendu, on apprend à se faire des passes, le tout en mouvement. "On a la patinoire de décembre à fin février et on a ce créneau une fois par semaine avec une dizaine d'enfants en moyenne. Ça permet de faire une petite opposition en fin d'entraînement, ce qui leur plaît beaucoup", précise en rigolant Fabien Bonilla. 

Mais le but et le match ne sont pas les seules choses qui intéressent les enfants dans le hockey sur glace. Il y a aussi la tenue et l'armature qui vont avec. Cette espèce d'armure qui leur donne forcément l'impression de se sentir plus forts. "Ils aiment le fait que ce soit original, de porter cet équipement comme tu le vois à la télé et tu as l'impression d'être un guerrier." Et certains font déjà montre d'un bel état d'esprit de battant sur la glace, ne lâchant rien dès lors que le coup de sifflet a retenti. Le hockey rassemble aussi, et le groupe de Fabien Bonilla a la particularité d'être très hétéroclite. "On a plein de joueurs de différentes nationalités, puisqu'il y a par exemple des Finlandais, Américains, Danois, Italiens, Espagnols ou Français. C'est vraiment une particularité propre à notre club", précise le coach. 

Img 0604

Si pour le moment la compétition n'est pas encore à l'ordre du jour, un match amical pourrait bien avoir lieu en fin de saison. Une idée à laquelle le président, Franck Nicolas, jamais bien loin, n'est pas réfractaire, bien au contraire. Et comme il le dit lui-même, maintenant que la machine est lancée, il ne s'interdit pas de penser à un événement qui pourrait revenir à Monaco. "Au début de la fédération, il y avait un tournoi pee-wee à Monaco, qui était sur invitation et durait un week-end. Nous avons décidé de prendre un autre chemin, mais on n'a pas perdu ça de vue. Simplement, avant d'organiser le tournoi, on veut avoir des pee-wee à Monaco. L'idée est de recréer le tournoi mais avec nos petits Barracudas." Alors, à vos crosses ! 

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos