Ça patine à monaco

Les fines lames du Rocher

Ils étaient 45 à défiler sur la glace monégasque, mardi 24 mars. Comme chaque année, les jeunes patineurs avaient revêtu leurs tenues de scène et venaient montrer le fruit de leur apprentissage auprès des professeurs Christine Sabattini et Jean-Christophe Simond.

En Principauté, la saison de patinage artistique est brève. Le stade nautique Rainier-III ne se pare de glace que jusqu'au 7 mars. Cela laisse peu de temps aux coaches pour enseigner à leurs élèves les subtilités de la discipline, et encore moins de temps pour mettre sur pied un spectacle. Mais chaque année, le défi est relevé avec brio. En témoignaient les sourires qui animaient les jeunes frimousses, ainsi que les applaudissements des parents venus en nombre. "Le Skating Club of Monaco et la Fédération monégasque de patinage vous remercient de supporter le froid avec eux", démarrait le speaker. Les bonnets et capuches garnissant les tribunes y allaient de quelques rires et cris d'encouragement. "Ils ne sont que 45 petits cette fois", déplorait Pascal Camia, le président de la Fédération. "Nous avions planifié le championnat hors vacances scolaires au départ. Ce devait être le 14 février. Mais il a plu, alors nous avons dû le décaler." Malgré l'absence des bambins partis tracer la neige, Monaco s'est vu fièrement représenté. 

Coupe ou médaille, pas de recalés

Tout commençait aux alentours de 17 heures, avec les plus jeunes. Campés sur leurs patins et coiffés d'un casque, ils effectuaient soigneusement leurs exercices. "Ils montrent ce qu'ils ont appris durant les derniers mois", intervenait Pascal Camia, précisant qu'ils avaient déjà validé leurs acquis. "Il n'y aura pas de recalés ce soir, que des enfants heureux. Les trois meilleurs de chaque catégorie remporteront une coupe, les autres seront décorés d'une médaille." Pourtant, deux juges - un Suisse et une Monégasque - observaient le show afin de noter les participants. Cela fera office d'indicateur, montrant ce qu'il faudra encore peaufiner l'an prochain. "On a quasiment les mêmes patineurs d'une année sur l'autre", remarque Christine Sabattini, professeure d'EPS à Monaco, que l'Éducation nationale, de la jeunesse et des sports "prête" aux membres du club. Elle travaille avec Jean-Christophe Simond ainsi que plusieurs autres instructeurs : Grégory et Noella Reverdiau, Angela Dumaine, Joshua Stanley et Gwen Visset.

Les compétiteurs donnent le ton

"L'an passé, on était plus sur de la glisse. Comme ils ont évolué, on a pu ajouter des mouvements techniques et davantage de comédie. Beaucoup de jeunes découvrent le plaisir du patinage grâce aux créneaux de sport scolaires", indique la coach. "J'y amène les CE2 le matin, de 9 à 11 heures. Nous laissons ensuite la place à la séance publique. De 14 à 16 heures, les enfants du club cohabitent avec le public et travaillent en demi-piste. On remarque avec beaucoup de plaisir que même les plus petits bravent le vent et la pluie, tant que la glace est praticable. Ils arrivent bien emmitouflés. C'est super."

Par ailleurs, une poignée de patineurs tire le club vers le haut grâce à un niveau supérieur. Alexandra de Hanovre, Tom Bouvart et Davide Lewton Brain ont intégré la structure sport-études d'Annecy. "Ils patinent tous les jours et ont vraiment progressé. Ils participent à des compétitions internationales. Alexandra a été la première patineuse monégasque à s'illustrer au Festival olympique de la jeunesse européenne en janvier", précisait Pascal Camia. Quant à Chelsea Bouilly, Issey Muraki et Rubina Peruchetti, "ils prennent part à environ cinq compétitions régionales par an", détaillait Valérie Gallo, membre de la Fédération et responsable artistique du club.

Kalinka et Katiousha à l'honneur

Sous le ciel rosé de Monaco, huit catégories  illustraient les difficultés de leur niveau en musique. Ils étaient plusieurs à enchaîner les pas et les mimiques humoristiques sur la célèbre musique de la Panthère rose. Les petits bonshommes avaient revêtu un pantalon noir agrémenté d'une chemise, afin de rester classes sur la glace. Quant aux jeunes filles, elles arboraient de gracieux justaucorps colorés. Certaines, tirées à quatre épingles, brillaient de mille feux grâce aux barrettes en strass venues renforcer le chignon. Même les yachts, pourtant aux premières loges, faisaient un peu pâle figure auprès des stars d'un soir.

Alors que l'heure du gala final approchait et que les patineurs enfilaient leur ultime costume, trois hockeyeurs du team des "Barracudas" offraient une démonstration au public curieux. Le palet tapait et faisait grimpait l'enthousiasme général.

Pendant ce temps-là, tout le petit monde du patinage monégasque était à l'œuvre. Valérie Gallo allait et venait, poussant la chansonnette sur "Nathalie", de Monsieur 100 000 volts. "C'est Christine qui a confectionné les costumes, elle s'investit à fond dans sa mission", glissait cette dernière. Les sportifs virevoltaient en rouge et noir. "Valérie m'a rappelé que Monaco fête la Russie cette année, alors on a eu envie de participer à notre manière, avec les couleurs et en élaborant des chorégraphies sur des musiques russes typiques telles que Kalinka et Katiousha", ajoutait Christine Sabattini, ravie du résultat.

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