Le prince des patins

Ils sont loin les débuts de Davide Lewton-Brain sur la patinoire du stade nautique Rainier-III. Aujourd'hui, le jeune poulain de la Fédération Monégasque de Patinage vient de participer à ses deuxièmes championnats du monde juniors et ne compte pas s'arrêter en aussi bon chemin.

Nous l'avons rencontré lors d'un passage éclair en Principauté au lendemain des Championnats du Monde juniors. Juste avant que Davide ne rejoigne Annecy où il a posé ses valises il y a près de 4 ans. C'était alors un sacré bond en avant pour ce pur produit de la formation monégasque, qui a fait ses premiers pas au Port Hercule en 2008 à tout juste 10 ans. "Au début, je voulais faire du hockey, mais mon père ne voulait pas. A cette époque d'ailleurs, il n'y en avait pas à Monaco, uniquement à Nice. Il m'a dit va quand même essayer le patin, ça pourrait te plaire." 

Son père visait juste. Très vite, il commence les cours et passe ses "Crystal", les tests qui valident le niveau de patinage. "Il était très doué dès le début", se rappelle Valérie Gallo, membre de la fédération monégasque, que l'on retrouve toujours aux côtés de Davide lors des compétitions internationales. Il faut dire qu'avec des parents anciens danseurs des Ballets de Monte-Carlo, cet enfant du pays avait sans aucun doute de bonnes prédispositions pour réussir : le sens artistique et la rigueur. 

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Place aux choses sérieuses

A l'âge de 15 ans, Davide décide de quitter la patinoire éphémère de Monaco qui ne lui permet plus de progresser. Direction Annecy donc, sous la houlette de Didier et Claudine Lucine, qui ont entraîné leur fils, Kim, et Mérovée Ephrem, deux anciens représentants de la Principauté sur la scène internationale. "C’est la seule structure en France qui forme des petits depuis des décennies", explique Valérie Gallo. 

A l'âge des grands bouleversements, ce changement de vie n'est pas facile pour l'adolescent. "Les six premiers mois ont été très compliqués. Ça a été dur physiquement, car je suis passé de trois séances par semaine à trois quotidiennes. Sans compter les 20 minutes de bus pour aller au lycée, avant de revenir à l'entraînement et ce, plusieurs fois par jour. Et au lycée, c'était compliqué aussi, tout comme dans la famille d'accueil où j'étais la première année". Mais il s'accroche et rapidement prend ses marques. Aujourd'hui, c'est "à peu près 4 heures sur glace, une heure de préparation physique par jour, plus une de préparation mentale par semaine. Et deux heures de danses aussi", précise le patineur. 

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Et les progrès sont rapidement là. Dès sa troisième année à Annecy, il réussit les minimas validant sa participation aux championnats du monde juniors avant d'enchaîner cette année sur ceux d'Europe, mais en senior cette fois.

Toujours plus haut

Après avoir déjà assuré sa participation aux prochains championnats d'Europe, celui qui passera senior la saison prochaine, vise désormais les Monde 2019 au Japon. Si le niveau des minimas est très élevé, Valérie Gallo est confiante. "Il se fixe ses propres objectifs et il met en place ce qu'il faut pour les réaliser". Aujourd'hui, il lui reste encore quelques caps à passer, notamment le perfectionnement de certaines pirouettes et figures, dont le triple lutz et le triple flip. 

Mais le jeune homme n'est pas inquiet. "Il ne me manque que de l'entraînement et de la technique, pas grand-chose. Ces derniers mois on était fixé sur les compétitions, à répéter les programmes sans vraiment pouvoir pousser le travail sur les nouvelles choses." C'est donc un calendrier chargé qui l'attend. D'autant plus que son but ultime, celui qu'il garde précieusement dans un coin de sa tête, est encore plus audacieux. Les Jeux Olympiques d'hiver à Beijing en 2022.

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