Les paras monégasques 
dans un ciel d'argent

Le Monaco parachute team s'était envolé pour les Émirats arabes unis entre le 27 novembre et le 10 décembre. Les paras rouge et blanc se sont illustrés lors du 4e championnat international de Dubaï en ramenant l'argent en vol relatif à huit (VR8), et une 7e place en vol relatif à quatre (VR4).

Dubaï et son bon million d'habitants (1 616 430 en 2010). La capitale de l'émirat du même nom, caractérisée par la folie des grandeurs qui l'a fait connaître, s'est autoproclamée Mecque du parachutisme. 

Il faut dire que l'un des huit fils de Mohammed ben Rachid Al Maktoum, émir de Dubaï, s'est pris de passion pour la discipline.

"À Dubaï, c'est no limit dans l'organisation et d'investissement", annonce Stéphane Mattoni, capitaine du Monaco parachute team et chef de délégation lors du voyage au "Disneyland puissance vingt", comme il se plaît à le dire. 

C'est la quatrième fois que Dubaï organise son championnat international de parachutisme. Les gars du team monégasque y avaient pris part en 2011, puis y étaient retournés en 2012 pour les championnats du monde de la discipline. 

Ils se déroulent tous les deux ans et avaient pris d'assaut Dubaï. Quatre parachutistes rouge et blanc et leur vidéoman étaient allés en découdre avec les plus grands et s'étaient classés 21es parmi 38 engagés en vol relatif à quatre. 

Un décor bluffant

Cette fois-ci, le clan monégasque avait décidé de s'engager dans deux exercices: le vol relatif à quatre et à huit. Avec six Coupes de France remportées dans ces deux disciplines phares du parachutisme, et surtout trois titres de champions de France à huit, cela valait le coup d'essayer. 

"C'était la première fois que nous allions représenter la Principauté dans cette catégorie. Nous misions vraiment sur un podium", rapporte Mattoni.

Engagés parmi 1 500 concurrents venant de quarante-deux nations, les paras du Rocher ont atterri en terres dubaïotes le jeudi 28 novembre. "On avait six heures de vol. Juste le temps de regarder un film, de manger, de faire une sieste et on y était." 

Arrivée aux alentours de 2 heures du matin, la troupe pensait pouvoir profiter d'un jour de sauts d'entraînement, le vendredi 29. "Quatre d'entre nous n'avaient encore jamais mis les pieds à Dubaï et il était important qu'ils puissent s'entraîner parce que le lieu est surréaliste. 

On saute en bord de mer, juste en face des gratte-ciel. Le décor est vraiment bluffant", rapporte-t-il. "Le club de parachute se trouve à l'entrée de la "Palm" (Palm Jumeirah est un archipel artificiel en forme de palmier bâti sur le Golfe Persique, ndlr). D'un côté, il y a la plage sur plusieurs kilomètres. 

De l'autre, le terrain de parachutisme avec la piste d'atterrissage. Et lorsqu'il y a trop de monde là, on peut atterrir sur l'une des branches de la Palm. On revient ensuite en hors-bord", décrit le capitaine.

Changement de programme

"Une fois sur place, on a appris que la compétition avait été avancée d'un jour. Ce qui signifiait pas d'entraînement pour nous." Surprise pour Mattoni et sa troupe. "La plupart des délégations sont constituées de professionnels", explique-t-il. 

"Par exemple, les Français étaient cinquante-quatre. Ils ont l'habitude d'arriver plus à l'avance puisque c'est leur pain quotidien. Ce genre de changement ne gêne pas leur préparation. De notre côté, nous sommes semi-professionnels. 

C'était déjà difficile d'avoir les neuf gars en congés en même temps, alors on part toujours l'avant-veille pour faire nos sauts d'entraînement, mais pas plus tôt." Après une courte nuit passée dans un hôtel à cinquante étages, les hommes du Monaco parachute team étaient convoqués à 10 heures pour débuter les hostilités. 

"Les gens ont l'habitude que l'on se présente en vol relatif à quatre et non à huit. Ils étaient surpris. C'est un petit milieu", ajoute Stéphane Mattoni. Au niveau international, il estime que l'équipe à quatre a un niveau de milieu de tableau. "En revanche, à huit, on fait partie des meilleurs. Pourtant, notre cadence d'entraînement n'a rien à voir avec celle de l'équipe de France, mais nous ne sommes pas loin en terme de résultats." 

La plupart des grosses équipes comme les États-Unis, la Russie, la Belgique ou la France réalisent une moyenne de 1 200 sauts par an, associés à une trentaine d'heures en soufflerie. Quant aux licenciés monégasques, ils sautent entre 150 et 200 fois et ne s'offrent que trois heures de soufflerie.

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