AS Monaco natation synchronisée : l'élégance aquatique

Sophie Potel : "Le cirque du Soleil m'a beaucoup apporté"

Championne de France en duo et par équipe à de multiples reprises, Sophie Potel apporte maintenant son expérience à Monaco depuis six ans. La pro de la synchro âgée de 25 ans jongle entre sa passion et son activité de maître-nageur au stade Louis-II. Son rêve : nager en rouge et blanc lors des championnats du monde de natation synchronisée qui se tiendront à Kazan, en Russie, en 2015.

Comment as-tu découvert cette discipline ?

J'ai commencé par la danse classique puis j'ai fait de la natation sportive. Ma mère était entraîneur de natation synchronisée pour les tout petits. J'avais le choix de poursuivre la danse ou de me mettre à la synchro, et j'ai choisi la synchro. J'ai commencé à faire des petits galas à cinq ans. Ma mère m'a mise en sport-études à Aix-Provence à onze ans. Et dès l'âge de douze ans, chez les minimes, je suis passée en équipe de France. J'ai fait trois ans en minimes, en juniors et en seniors.

Quel a été ton parcours avant d'arriver à Monaco ?

J'ai nagé en équipe de France de 12 à 20 ans. J'ai été championne de France par équipe, des minimes jusqu'aux seniors, et championne de France en duo pendant six ans. Ensuite je suis allée à l'INSEP et j'ai fait mes derniers championnats d'Europe, à Budapest (où elle a terminé sixième en équipe, en 2010). C'est là qu'on m'a repérée pour partir au Cirque du soleil, à Las Vegas, dans le show "O", au Bellagio.

Raconte...

À cette époque, j'étais un peu lassée de l'équipe de France. Je ne voyais plus l'intérêt d'arrêter mes études et de m'entraîner huit heures par jour pour arriver sixième. A un moment, on aimerait monter vers la troisième marche. Donc j'ai accepté de quitter l'équipe et de partir au Cirque. C'était mon rêve et j'ai été sur un nuage pendant un an et demi. Là-bas, on est reconnus et attendus, les gens nous remercient. On faisait un show d'une heure et demie, deux fois par soir, de 19 heures à 1 heure du matin, avec 4 000 personnes devant nous.

Finalement, tu es revenue à la compétition...

J'ai repris la compétition pour Monaco, quand je suis rentrée. Mais ce n'est pas ce que je préfère. J'aime vraiment le spectacle, le maquillage, les jeux de lumière. On peut jouer avec le public, il y a plus de complicité. Alors qu'en compét', on a ce stress intense tout le temps. On doit satisfaire les juges et le public est un peu laissé de côté parce qu'il ne s'y connaît pas trop. Il y a plus de critiques entre les filles et les entraîneurs. Quand je suis revenue de Vegas, tout le monde m'attendait au tournant. J'avais quitté l'équipe de France et les coaches l'avaient un peu mal pris. Malheureusement pour elles, quand j'ai fait mon premier solo, je suis arrivée troisième. Et Monaco n'avait jamais été vu en compétition de natation synchronisée.

Es-tu vue comme l'exubérante des compétitions ?

En tout cas, celle qui fait le plus de théâtre. Quand j'arrive en compét', les juges attendent de voir le maillot que j'ai choisi. J'ai toujours des maillots de fou que ma coach customise. Je prends des musiques que personne n'ose prendre. Ils guettent ma coiffure et mon maquillage. Le Cirque du soleil m'a beaucoup apporté sur le plan artistique. Mon but c'est de mettre mal à l'aise le jury. En le fixant, en jouant sur les émotions. J'aime bien jouer avec lui.

Comment vois-tu la suite de ta carrière ?

J'aimerais représenter Monaco à l'international, mais j'aimerais aussi devenir entraîneur ici. Sinon, j'ai l'opportunité d'ouvrir mon club de synchro à Dubaï. Des dirigeants sportifs m'ont vue sur Internet et ils aimeraient que je nage pour eux. C'est un sport inconnu là-bas. J'aurais mon salaire de nageuse, assez élevé parce que c'est Dubaï, puis mon salaire d'entraîneur.

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