Dossier

AS Monaco natation synchronisée : l'élégance aquatique

La piscine du collège Charles-III, et de temps en temps celle de stade Louis-II, est souvent prise d'assaut par les 56 nageuses de la section natation synchronisée. Par petits groupes et sous l'œil vigilant de Chantal Moschetti, responsable de la section, les bonnets fluo ou à motifs s'agitent sans relâche et avec discipline.

"1, 2, 3, 4, 5 !", rugit en boucle Lucero Lima, l'un des entraîneurs. Voilà comment sont rythmées les séances des jeunes nageuses pendant le stage des vacances de Pâques. Les coaches battent la mesure en frappant sur une barre de fer immergée afin que les demoiselles puissent coller au rythme, tête sous l'eau. Lors de ce stage, les nageuses présentes ont entre 10 et 15 ans, et font de la natation depuis l'âge de 7 ou 8 ans. 

Odeur de chlore qui pique les narines, éclaboussures, ordres claironnés et ballets de gambettes ! Une discipline assez ludique à observer en somme. En revanche, on n'arrive pas bien à se représenter certaines appellations. Marsouin, flamant rose, coup de pied à la Lune, ibis, flamenco… 

"Ce sont des noms de figures un peu exotiques", sourit Chantal Moschetti, assise sur une chaise en plastique au bord de la piscine. Nous la rejoignons. Même pas peur de repartir mouillés. 

Vers la Comen en juillet

"Il y a un poser jambes tendues d'abord, bien étiré dans la tête, fesses serrées, hanches en surface, torpille, et au 1 d'après vous baissez les jambes", lance Chantal à ses élèves, les trois meilleures du groupe espoirs. Derrière de seyantes lunettes et le nez pincé, Clarisse Lefèvre, 13 ans. 

La jeune fille prépare son solo pour la future coupe de la Comen (Confédération méditerranéenne de natation). La compétition internationale espoirs, l'une des plus importantes de la saison, se tiendra en Andorre, du 4 au 7 juillet. Mais Clarisse répète également la chorégraphie de ses deux consœurs, Cécile Muraki et Carla Ansari, 13 ans. Elles préparent un duo pour l'événement, et Clarisse en est la remplaçante. Au cas où. 

"Là on affine tout. On change, on refait…", explique la coach. "Les nageuses de Monaco présenteront aussi un ballet libre à huit, et un ballet combiné à dix. "Cécile, tu pousses dans la hauteur, genoux hors de l'eau", continue d'asséner l'entraîneur. 

Plus loin dans le bassin, on trouve plusieurs groupes de nageuses au travail. La section compte trois autres coaches en plus de Chantal et Lucero : Christine Damar, Valérie Rodriguez et Jessica Messina.

Passion synchro

Entraîneur depuis 36 ans et juge internationale, Chantal Moschetti a fait ses armes à Saint-Laurent-du-Var où elle a créé son club. "Ensuite j'ai beaucoup travaillé avec les équipes de France parce que je me suis prise d'amitié pour l'entraîneur national, qui était Françoise Schuler. C'était à l'époque de Muriel Hermine, Pascale Besson et Odile Petit qui ont fait les premiers Jeux olympiques de natation synchronisée, à Los Angeles (en 1984)." 

La coach a ensuite travaillé à l'Insep (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance) et toujours avec le club laurentin en parallèle. "Les filles ont progressivement pris du niveau et j'en ai fait rentrer à peu près une vingtaine en équipe de France. En espoirs, juniors et seniors. L'actuel entraîneur de l'équipe de France, Julie Fabre, est d'ailleurs une ancienne nageuse à moi", déclare-t-elle, une lueur de fierté dans le regard. "Maintenant, je les retrouve autour des bassins !", s'amuse la prof. 

Page 1/2

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos