Dossier

Monaco paré pour la lutte

Le Comité Monégasque Antidopage est désormais une structure de droit privé. Depuis le 1er janvier 2015, un nouveau Comité de six membres a été mis en place, sur ordonnance souveraine. Philippe Orengo, le président, dévoile la mission du Comité, son fonctionnement et sa composition.

Le Comité Monégasque Antidopage ne date pas d’hier. Sa création remonte à 2003, faisant suite à la déclaration de Copenhague (document sur le dopage dans le sport). En 2005, Monaco fait partie des 193 Etats qui adoptent ou ratifient la convention internationale de l’UNESCO contre le dopage dans le sport. Et acceptent ainsi d’appliquer le Code mondial antidopage. Un code qui en est actuellement à sa quatrième version, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, et qui a poussé le CMA à devenir une structure de droit privé. 

"Auparavant, le Comité était une structure purement administrative qui dépendait de l’Etat. Sous l’impulsion du Prince, Monaco a voulu se mettre en conformité avec la nouvelle version du Code mondial antidopage." Ce qui à donné lieu à une mise à jour de l’ensemble des ordonnances souveraines et arrêtés ministériels qui traitaient du CMA dans sa version initiale. 

Membres

Afin d’assurer le bon fonctionnement de cette structure, six membres ont été choisis. "Le choix des personnes est fait en fonction de ce que prévoit l’ordonnance souveraine. Elle avait déterminé que le président serait un conseiller d’Etat désigné par le directeur des services judiciaires, que le sportif serait désigné sur proposition du Comité Olympique Monégasque (COM), que le COM est nécessairement représenté par sa secrétaire générale.

Parmi ces six membres, l’on trouve deux nouveaux venus, le navigateur Damien Desprat-Lerale et la juriste Sylvaine Arfinengo. "Les membres du Comité ont été choisis en raison de leur indépendance ou de leur impartialité et de leurs compétences respectives", précise le conseiller d’Etat. L’ancien marin "apporte le point de vue des sportifs et peut nous éclairer sur la psychologie ou les réactions des pratiquants du sport de haut niveau en fonction de telle ou telle contrainte.

Concernant Sylvaine Arfinengo, la raison de sa nomination est simple, à en croire le président. "La logique disciplinaire est assez proche de la logique pénale. Il ne s’agit pas de stigmatiser, mais il y a un mode de raisonnement et une impartialité qui font que nous sommes sûrs que chaque athlète aura sa cause entendue de manière juste et impartiale." Autre présence importante pour Philippe Orengo, celle d’Yvette Lambin-Berti. "Madame Lambi-Berti, en sa qualité de secrétaire générale du COM nous apporte une expérience considérable, une connaissance importante et surtout nous avons l’avantage qu’elle est aussi ambassadeur de Monaco auprès de l’UNESCO," explique Philippe Orengo. Le Comité est complété par la présence de deux médecins, les docteurs Michel et Jacomet. 

Missions

En relation constante avec l’Agence mondiale antidopage (AMA), le CMA doit remplir diverses missions. Ces dernières, édictées par ordonnance souveraine et arrêtés ministériels, découlent de son statut d’organisation nationale de lutte contre le dopage et de sa qualité de signataire du Code mondial antidopage. Outre le suivi des sportifs et la réalisation de contrôles sur les athlètes monégasques ou lors de compétitions -"nous en avons fait 90 l’an dernier, nous ne ferons pas moins cette année" - le CMA est l’acteur central de la politique antidopage en Principauté. En prévoyant quatre réunions par an, soit une par trimestre, les membres du Comité pourront mettre en place leurs actions, comme la prévention, qui est l’un des points forts visé par le le Comité. 

"Notre but premier est de prévenir, ce qui suppose une action pédagogique. C’est d’ailleurs pour cela que l’ancien Comité, présidé alors par Paul Masseron, avait engagé des actions pour faire des journées d’informations auprès de certaines classes ciblées. Nous allons naturellement poursuivre cela," explique Philippe Orengo. Au-delà de ça, le CMA doit, entre autres, participer à la veille sanitaire sur le dopage ou encore engager des procédures disciplinaires si cela s’avère nécessaire. Mais pour le président, la sanction n’est pas le principal but recherché, "on n’est pas là pour se faire des adversaires. Il faut que tout le monde comprenne que l’intérêt de chaque athlète, c’est sa santé. Libre à ceux qui veulent tricher de mettre leur santé en jeu, mais il faut qu’ils sachent que nous sommes là pour ne pas laisser faire.

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