"Le match d'une vie qui commence"

Retraité depuis octobre, Didier Drogba a mis fin à une carrière de footballeur qui a duré 20 ans. Du Mans à Phoenix, en passant par l'EA Guingamp, l'Olympique de Marseille et le Chelsea FC, l'ancien capitaine de la Côte d'Ivoire a débuté en décembre un nouveau match sous les couleurs de Peace and Sport en devenant le vice-président de l'association.

A l'occasion du Forum marquant les 10 ans de Peace and Sport, l'an dernier, Didier Drogba avait fait son entrée chez les champions de la paix. Un an plus tard, celui qui est également ambassadeur du club londonien de Chelsea a été nommé vice-président de Peace and Sport. Un engagement naturel pour celui qui a usé très tôt de son statut pour véhiculer des messages de paix. Notamment lors du désormais fameux "appel de Khartoum". Un soir d'octobre 2005 où l'ex-numéro 11 a pris le micro après que la sélection ait assuré sa qualification pour le mondial 2006. 

Face caméra, ses coéquipiers autour de lui, Didier Drogba demande alors à tout un peuple de s'unir. "Ivoiriennes, Ivoiriens, on vous a prouvé que toute la population de Côte d'Ivoire peut cohabiter et jouer ensemble pour un même objectif. Aujourd'hui, on vous le demande à genoux : un pays qui a toutes ces richesses ne peut pas sombrer dans la guerre. Déposez les armes. Organisez des élections." Tels ont été les mots du champion. Des mots qui ont été un premier pas vers la paix qui a suivi. S'il a ensuite créé sa fondation, il va désormais poursuivre son œuvre pour la paix dans le monde sous les couleurs de Peace and Sport.

Comment s'est faite votre arrivée à la vice-présidence de Peace and Sport ?

J'étais déjà champion pour la paix et on a pas mal échangé avec Joël (Bouzou, le président) lors de notre déplacement en Colombie (Mars 2018), mais aussi à plusieurs reprises au téléphone. Après, bien sûr, ce sont eux qui ont pris la décision. Il en a parlé à Monseigneur le Prince Albert II, et quand ils m'ont fait la proposition, je ne pouvais pas refuser parce que c'est un honneur pour moi.

Concrètement, quelles seront vos prérogatives en tant que vice-président ?

Ce sera d'aller vers les gens, et de faire du sport en général un moteur de paix dans des zones identifiées comme ça a été le cas pendant une dizaine d'années avec les Jeux de l'amitié au Rwanda, au Burundi où en République Démocratique du Congo. Mais aussi comme on l'a fait en Colombie lors d'un séjour il y a quelques mois.

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Au cours de votre discours, vous avez dit vouloir être un leader pour les jeunes. Comment voyez-vous cela ?

Déjà par ma présence et mon expérience, sur et en dehors des terrains, le fait d'être là, avec ces jeunes, leur montrer qu'on pense à eux, leur apporter un sourire, qu'ils se disent, "ah il est venu jusqu'ici pour nous", ce sera déjà une bonne chose. Après il y aura une autre étape, à savoir le développement, l'éducation, et tout ça peut se faire par le sport. Il y a beaucoup de moyens d'agir.

Comment abordez-vous ce nouveau match ?

C'est un match où il n'y a pas de fin de carrière, celui d'une vie. C'est un honneur et ce n'est pas une pression parce que c'est ce que j'aime, ce que je veux. Et c'est aussi ce que j'ai fait pour mon pays.

Malgré ce rôle de vice-président, aura-t-on l'occasion de vous revoir prochainement dans le football ?

Ça va être une de mes priorités, ça c'est sûr. Mais on pourra sans doute me revoir dans le football. Sous quelle manière, je ne sais pas. Aujourd'hui, je prends le temps de me reposer et de remplir mes obligations de vice-président de Peace and Sport.

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