"Le sport m’a appris à ne rien lâcher"

En poste à la direction de la succursale de Monaco depuis le mois de juillet, Rémi Raso est au Crédit Agricole Monaco ce qu'un manager est aux clubs de football anglais. De Bordeaux à Monaco, en passant par Clermont-Ferrand et Nice, rencontre avec un ingénieur agro-alimentaire devenu directeur de banque.

Ancien footballeur de bon niveau, passé par la pelote basque et la course à pied, aujourd'hui golfeur, Rémi Raso a vu autant de sports qu'il a baroudé au sein du Crédit Agricole. Mais ce qui accompagne toujours ce papa de deux enfants, c'est la passion. Du jeu, de Pelé, des gens.

Comment est-ce que l’on passe d’ingénieur en agro-alimentaire à directeur de banque ?

C’est une très bonne question. Je n’étais pas du tout prédestiné à être banquier. Arrivé dans la région en 2001, trouver du travail dans ma spécialité s'est avéré compliqué. J’ai posé une candidature libre au Crédit Agricole. C’était ma banque et lorsque je faisais parti du bureau des élèves dans mon école d’ingénieur, je m’occupais des sports, j’organisais des compétitions de ski, de trail, de courses à pied. On était sponsorisé par le Crédit Agricole, et je me suis dit pourquoi pas. Du coup je suis entré par pur hasard au Crédit Agricole et j’y suis depuis janvier 2002. En 14 ans, vous avez pas mal bougé, évolué, dans différents secteurs du Crédit Agricole. 

Comment êtes-vous arrivé à votre poste à Monaco ?

Quand je suis entré, j’occupais des fonctions d’accueil et d’assistant commercial pour apprendre le métier. J’ai rapidement évolué en passant conseiller professionnel, c’était plus en lien avec mes études et j’avais cette volonté d’aller vers le commercial, ça me plaît, la relation client m'a toujours attiré. Je suis donc resté au Crédit Agricole, car je trouve que les valeurs et l’éthique portées par cette entreprise, la notion de durabilité dans la relation client, de loyauté, me correspondent bien. Et puis il y avait ce challenge professionnel, dans un secteur qui offre une diversité de métiers assez impressionnante. Après avoir été directeur d'agence à Fréjus, j'ai décidé de changer de voie en allant dans les ressources humaines, où j'ai passé 7 ans. Puis on m'a proposé le challenge Monaco. 

Quels sports avez-vous pratiqué ?

Dès l’âge de 5 ans, j’ai pratiqué le foot, comme beaucoup de gens de ma génération. Venant du Sud-Ouest, j’avais la chance de pouvoir pratiquer plusieurs sports, comme le rugby, la pelote basque, le bodyboard, sports initiés par mes parents, eux-même sportifs. Et mes parents étaient assez sportifs aussi. Ma première licence était à l’USC Leognan Foot, avec les terrains à côté des vignes. J'ai choisi ce sport parce que ce qui me plaisait, c’était de me retrouver à jouer entre potes, c’était quelque chose qui me passionnait. Puis j’ai été pris par la passion du ballon et comme je me débrouillais plutôt pas mal, j’ai continué dans cette voie-là. Depuis je suis supporter des Girondins qui ont bercé toute ma jeunesse et j’étais un vrai passionné, un dingue de foot. 

Les événements sportifs qui vous ont le plus marqué ?

Le premier, sans hésitation, est la Coupe du Monde 1998. Et de voir enfin une étoile sur le maillot de l'équipe de France, chez nous, face au Brésil en finale. Ce qui est formidable dans le sport, ce sont les émotions. Ensuite, plus lié à mes racines, le titre de champion de France de Bègles en 1991 (championnat de rugby à XV de 1e division), une équipe de fous furieux, des mecs incroyables, sans doute pas les meilleurs joueurs de rugby du monde, mais ensemble, indémontables. Le 1/8e de finale aller/retour contre Toulon était d'une intensité incroyable. Et plus récemment, l'énième titre de Teddy Riner. Ce que fait cet homme-là provoque encore cette émotion.  

Le sportif qui vous a donné envie de vous lancer ?

J'ai lu beaucoup de biographies sur lui, c'est Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé. Quand j'ai vu les premières images, c'était énorme ce qu'il faisait dans une équipe. Le foot, tout le monde peut y arriver, mais le talent, ça existe. Et ce mec-là, c'était un génie. Il me faisait rêver. Je voulais faire comme Pelé, même si j'ai vite compris que certains trucs, je n'arriverais pas à les faire (rire).Football, pelote basque, rugby, course à pied, golf… 

En quoi la pratique de tous ces sports ont fait de vous le dirigeant que vous êtes aujourd’hui ?

Je suis persuadé d’une chose, ça m’a apporté une éthique, des valeurs qui étaient déjà liées à mon éducation mais qui ont été renforcées par le sport, et notamment collectif. Il y a cette notion d’équipe, se rendre compte qu’on a besoin des autres. Seul je peux être très bon, mais sans les autres, je n’y arrive pas, et ça c’est quelque chose que je soutiens en permanence. Il y a le respect des autres, de l’arbitre, de l’adversaire, des collègues avec qui on joue. Tout le monde est dans le même bateau, et ça je le retrouve dans le groupe Crédit Agricole, avec cette volonté d’accompagner les collaborateurs, de former, de donner. Le sport m’a appris à ne rien lâcher.

Peut-on comparer le rôle d'un directeur de banque à celui d'un coach, d'un président de club ou d'une autre fonction dans un club de sport ?

Le poste que j'occupe c'est directeur d'une succursale, ce qui englobe des fonctions très larges. De prime abord, j'aurais dit capitaine d'équipe. Mais il est un peu plus large que ça. La première valeur, c'est le capital humain, qui se motive dans le temps, s'accompagne, il suit des cycles. Mais il faut aussi gérer un budget, un écosystème, c'est-à-dire un environnement qui est mouvant. Vous devez aussi gérer tout un ensemble de partenaires. Donc on est au-delà du rôle de capitaine. On est plus dans un rôle de dirigeant d'entreprise, très large, puisqu'il faut à la fois fixer le cap mais aussi revenir à des choses pragmatiques et concrètes puisque c'est une équipe de 21 collaborateurs. On pourrait donc prendre en exemple le modèle du manager général anglo-saxon. Le Crédit Agricole est une banque très liée au milieu sportif. Pourquoi s'investir à ce point dans ce domaine ?Le groupe Crédit Agricole, c'est 140 000 collaborateurs dans 70 pays. 

Comment fédère-t-on tant de personnes ? 

Je pense que le sport est un super vecteur, qui rapproche tout un chacun. C'est donc une des raisons qui ont poussé les dirigeants à investir dans le partenariat sportif. Et ce, même à l'international, puisque la sélection de rugby italienne, c'est le Crédit Agricole. Il y a ce partenariat avec la Fédération Française de Football depuis 1974. On voit l'équipe de France en premier, mais c'est aussi la coupe Gambardella, le challenge Mozaïc jeune, le challenge des débutants. On le fait avec le sport professionnel mais aussi dans les structures amateurs, parce que le Crédit Agricole est attaché à son territoire. Les clubs participent à la vie locale sociale, ce qui est essentiel. Monaco est sur notre territoire, donc c'est important aussi de pouvoir accompagner les structures de sport sur la place. Parce que c'est dans l'ADN historique du groupe. 

Comment se matérialise votre engagement envers le sport monégasque ?

Sur Monaco, l'exemple concret, c'est le partenariat avec Code Sport Monaco. Je trouve leur démarche intéressante parce qu'elle s'adresse à tous les sportifs. Je ne me voyais pas cibler un sport plus qu'un autre. Pour toucher le plus de sportifs possible, ce partenariat est judicieux. Notre action s'inscrit aussi dans la participation à des manifestations sportives à but associatif. Comme j'ai la chance d'avoir une équipe jeune, dynamique et investie, la participation à la No Finish Line tombe sous le sens. C'est ma démarche depuis que je suis là, de renvoyer cette image autour des valeurs que porte le Crédit Agricole et le sport est un super vecteur pour mieux nous faire connaître. Une équipe de votre succursale a pris part à la No Finish Line. 

En quoi cet événement est-il important pour vous ?

Je la découvre, mais je me suis rendu compte qu'elle était importante ici. C'est une histoire d'hommes et de femmes, sur la No Finish Line. Ce sont des collaborateurs qui ont, au début, décidé de le faire et puis ça a pris. L'an dernier, la caisse régionale comptait plus de 180 participants. C'est devenu maintenant un incontournable. J'ai donc dû me remettre à courir (sourire).

Quand vous voyez vos collaborateurs se lancer, qu'est-ce que cela vous inspire ?

Très sincèrement, un sentiment de fierté. C'est eux qui l'ont construit, je suis arrivé le 1er juillet, je n'ai fait que les accompagner. C'est un plaisir assez extraordinaire que de mobiliser autant de monde autour d'un évènement comme ça. Voir cette générosité qui s'exprime, ce n'est que le reflet de ce qu'ils sont. Cela se traduit dans la qualité des relations établies avec le client dans leur mission de conseils et d'accompagnement. C'est donc super agréable pour moi d'arriver dans un groupe de collaborateurs où il y a cet état d'esprit.

Ce genre d'événements est-il un bon moyen pour renforcer les liens entre collaborateurs ?

En interne, ça permet de fédérer. On est au-delà de la simple activité sportive, mais bel et bien dans une équipe soudée face aux challenges. On est aussi plus armés auprès de notre clientèle. Ils le perçoivent et sentent cette volonté de personnaliser la relation. Ce n'est pas juste de la façade, une volonté de s'afficher, la volonté c'est "on y va". Et pour quelqu'un comme moi, qui demande beaucoup d'investissement à ses collaborateurs, arriver à ce que ça vienne d'eux, c'est incroyable. Surtout que ce qu'on fait là, c'est très sincère. Maintenant j'aimerais qu'on voit comment être encore plus immergé, encore plus actif sur ce genre d'événements, car je ne pourrais me satisfaire d'une simple publicité. 

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Du tac au tac

ASM ou OGCN ?
Question piège, mais mon fils de cinq ans m'oblige à répondre OGC Nice. Mais le cœur est plutôt Girondin.
Balotelli ou Falcao ?
J'adore les fortes personnalités. Donc Balotelli.
Stade du Ray ou Allianz Riviera ?
J'ai peu connu le Ray, mais les choses évoluent, donc l'Allianz.
Match en tribune ou devant la télé ?
Clairement, match en tribune, pour l'atmosphère, la ferveur.
Cinéma ou Classico ?
Classico.
Barbajuan ou pissaladière ?
Joker, parce que Sud-Ouest oblige,
cannelés bordelais et magret de canard.
Messi ou Ronaldo ?
Ronaldo, parce qu'au-delà du talent,
c'est un bosseur, un perfectionniste qui ne lâche rien.
Prost ou Senna ?
Senna.
Pelé ou Maradona ?
(Rires). Pelé, pour l'ensemble de sa carrière.