Entre colère, fierté et déception

L'équipe de DN1 de l'Etoile de Monaco s'est rendu ce week-end aux championnats de France par équipe à Oyonnax. La formation de Thierry Aymes termine 6e. Une performance teintée de diverses émotions.

Cette sixième place a comme un goût d'amertume pour Thierry Aymes et ses gymnastes. "Ils ont fait une super compétition, car ils ont matché contre des champions d'Europe et des médaillés olympiques", tient d'entrée à souligner le coach monégasque. Mais derrière la satisfaction et la fierté, se cache un mal que l'entraîneur peine à dissimuler. Comme l'année dernière, Kevin Crovetto, Julien Gobaux, Loris Racca, Yann Franc de Ferrière, Paul Alexis Ranc et Romain Chapelle, ont raté de peu la montée dans le Top 12. 

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"Il ne nous a manqué que deux points", souligne Thierry Aymes. "Les gars ont fait ce qu'il fallait. Kevin est revenu de blessure il y a peu, tout comme Julien qui a repris l'entraînement il y a seulement six jours. Le niveau était relevé de par la participation d'un bon nombre d'étrangers dans la compétition." Ces championnats de France, qui ont eu lieu à Oyonnax ce week-end, ont déclenché une vague de contestation dans la sphère de la gymnastique française.

"Je trouve ça injuste"

Depuis plusieurs années, un malaise ainsi qu'un sentiment d'injustice s'est emparé de certains clubs de l'hexagone. "Des Russes, des Italiens, des Hollandais… Ce n'est plus un championnat de France, mais un demi-championnat d'Europe", lâche Thierry Aymes. "Nous avons terminé sixièmes et nous sommes dans le classement, le premier club à n'avoir aucun étranger dans l'équipe. Les autres qui sont dans la même situation que nous, ont clôturé la compétition à la 11e et 12e place. Je trouve ça injuste." 

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A l'issue du championnat national, une pétition a été lancée par le collectif "la gym insoumise" pour tenter de réglementer aux mieux la présence de gymnastes étrangers dans les groupes. Dans cette dernière, le collectif ne mâche pas ses mots : "depuis plusieurs années, les Championnats de France par équipe sont devenus une grande mascarade. Des gymnastes étrangers viennent matcher pour des clubs qui, sans eux, ne pourraient figurer à ce niveau. Les classements ne sont aujourd'hui plus du tout représentatifs du travail de formation fourni par les entraîneurs."

La mort des clubs formateurs

"Mes gars, je les entraîne depuis de nombreuses années. Ils ont été formés au club. Nous avons un vrai groupe avec de la cohésion, on ne peut pas en dire autant de toutes les équipes présentes ce week-end." Au-delà du résultat, Thierry Aymes pense avant tout à ses gymnastes. "Ils s'entraînent tous les jours ou presque alors qu'ils travaillent ou ont leurs études à côté. Et ils ne sont pas récompensés de tous leurs efforts parce que d'autres clubs ont les moyens et peuvent se permettre d'avoir dans leurs rangs des athlètes étrangers. Ce système est en train de tuer les clubs formateurs." 

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Pour limiter leur participation et garder une certaine équité la fédération a crée le statut de "gym formé localement" GFL. Il permet notamment de limiter le nombre d'athlètes étrangers au sein des équipes à deux maximum. Mais cette règle s'applique seulement pour les catégories DN1 et Top 12. "Dans les équipes jeunes comme les Nationales 10-11, 10-13 et les autres, le phénomène prend également de plus en plus d'ampleur", assure Thierry Aymes avant d'ajouter que si rien ne changeait, il serait prêt à "boycotter les championnats de France l'an prochain." Une réunion a été planifiée entre la fédération et les clubs dans une quinzaine de jours. Le ton risque de monter…

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