Au sommet de la pyramide

Créée il y a maintenant sept ans, la section acrobatique compte désormais près de 80 gymnastes. Retour sur une pratique qui tente de se faire sa place parmi les disciplines olympiques.

Dans la famille de la gymnastique, on demande l'acrobatique ! Et ses jeunes athlètes qui, durant quelques minutes, réalisent d'impressionnantes pyramides défiant les lois de la gravité.Sans grande surprise, celle que l'on surnommait jusqu'à récemment "acrosport" prend ses racines dans le cirque et les figures en "main à main" de ses acrobates. Mais ce n'est qu'au milieu du siècle dernier, en Europe de l'Est, que la discipline moderne se développe avant de prendre une ampleur internationale, concrétisée par la création d'une fédération internationale dans les années 70.

Sport d'équipe

Exit les agrès ! Barres asymétriques, poutres et autre trampolines restent la panacée de la discipline olympique. Oublié également le passage en solo devant les juges. La gymnastique acrobatique, c'est avant tout "un sport d'équipe ", rappelle Kimberly Arnulf, "qui se pratique en duo - féminin, masculin ou mixte -, en trio féminin et même en quatuor chez les hommes." 

Et sur les praticables, c'est une véritable chorégraphie, élaborée en harmonie avec un thème musical, que nous proposent les gyms. Une démonstration de souplesse, d'agilité et d'esprit d'équipe, qui allie aussi bien des éléments au sol et de l'acrobatie. Ces fameuses pyramides.Celles-ci, d'ailleurs, sont divisées en deux catégories : les statiques dans lesquelles les coéquipières, en contact permanent, "doivent maintenir la position pendant trois secondes" et les dynamiques qui voient les voltigeuses "sauter pour descendre", ce qui permet notamment la réalisation de pirouettes aériennes. Et ce sont ces deux catégories que l'on retrouve d'ailleurs dans les compétitions. 

Si les petites, jusqu'à 11 ans, doivent réaliser un programme combiné, les plus grandes, elles, réalisent les deux mouvements, avant d'enchaîner un dynamique, un statique et un combiné une fois arrivées en Elite. Des passages de 2 minutes à 2 minutes 30, durant lesquelles un jury qui évaluera chacun de leur mouvement, selon trois critères de notation : "l’exécution, la difficulté et l'artistique", souligne la coach.

Quand les groupes se font et se défont

Aujourd'hui, la section compte près de 80 gyms, âgés de 6 à 18 ans, répartis au sein des groupes entre les postes de voltigeurs et de porteurs.  Car l'avantage de l'acro, c'est que cette "discipline s'adapte généralement à tous les gabarits", rappelle Kimberly Arnulf, qui dispatche les gyms selon leur poids et leur tailles. "Une voltigeuse sera plutôt petite, alors qu'une porteuse peut être grande et puissante. Chacune trouve sa place à travers l'équipe". 

Mais attention, rien n'est figé dans le temps. Et l'évolution physique de ces jeunes gyms contraint souvent leurs entraîneurs à revoir leur copie. "Les équipes se font et se défont par rapport au poids et à la taille", souligne leur coach, qui a tout récemment été confrontée  à cette situation. "Une voltigeuse, d'un des trios en préparation pour les championnats du monde a beaucoup grandi en l'espace de quatre-cinq mois, elle a pris environ huit centimètres. Les grandes ne suivaient plus et la voltigeuse ne se sentait pas en sécurité".  Et quand un trio se défait en cours d'année, c'est un peu un casse-tête chinois pour la manager de Fémina Sports qui doit "défaire plein d'autres trios pour recomposer des équipes". 

Mais cette évolution peut aussi avoir ses avantages. Puisqu'un petit gabarit, jusque-là voltigeuse, peut également évoluer à l'adolescence et s'orienter plutôt au sol vers un poste de semi-porteuse ou porteuse. "Et plus elle aura d'expérience en tant que voltigeuse, meilleure porteuse elle sera parce qu'elle va connaître des sensations, des finalités, avoir une perception plus fine", explique Kimberly.

Les J.O. dans le viseur

Depuis sa création, le club envoie régulièrement des gyms dans les plus grandes compétitions internationales : championnat d'Europe, championnats du monde par catégorie d'âge… Mais si la discipline bénéficie aujourd'hui d'une visibilité internationale, elle ne figure pas encore sur la liste des Jeux Olympiques. Mais les représentants de cette pratique à travers le monde s'activent d'ores et déjà en ce sens. 

Un point qui pourrait être positif pour les gyms de la Principauté, car s'il s'avère difficile de percer en gymnastique artistique en raison du nombre de pratiquants de cette discipline olympique, Monaco pourrait bien avoir toutes ses chances en ce qui concerne l'acrobatique. "Nous faisons partie des pays qui sont à la construction de ce sport. Et quand il passera olympique Monaco sera sur les rangs", avance la manager de Fémina Sports. 

Des rumeurs évoquent déjà une possibilité pour les duos mixtes. "Ca ressemble au duo mixte du patinage artistique de l'hiver, qui deviendrait le duo mixte de l'été". Cela tombe bien puisque la jeune génération de Fémina Sports - Elie/Sara et Diego/Ariana - s'entraîne d'ores et déjà sur ses praticables. "Nous on commence avec les mixtes. Mais le chemin est très long", tempère Kimberly Arnulf.

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