Femina sports : À un salto de l'Europe

Les inséparables

Le matin de notre venue, nous avons eu droit à de jolis extraits de chorégraphies, ces éléments de liaison entre les pyramides qui permettent de gagner des points au niveau artistique. Ce sont Maud (voltigeuse) et Léna (porteuse) qui commencent. C'est souvent la plus jeune qui vole dans les airs car elle est plus petite et légère.

"Pour l'instant, elles s'entraînent encore devant la glace, pour bien travailler leurs expressions et la synchronisation de leurs mouvements", explique Kimberly Arnulf. "Ensuite, elles travailleront sans, en nous regardant, pour s'imaginer devant le jury." Elles sourient en permanence et parviennent à mimer la surprise et l'amusement, le tout, en restant concentrées. 

"La gymnastique nous apprend la recherche de la perfection. Ça apporte beaucoup de confiance en soi", rapporte Léna Benezech. "Moi j'ai commencé par la gymnastique artistique puis je suis naturellement venue à la gym acro. Quand j'étais plus jeune, j'étais voltigeuse et je ressentais plus d'adrénaline dans cette discipline. J'aimais beaucoup l'esprit d'équipe aussi. Je déplorais un peu le fait d'être seule en gymnastique artistique." 

Dans un coin de la salle, on remarque le "clown" Éléonore suspendu à une longe tenue par Yannis. Face à elle, Andressa-Marie et Maéva, les porteuses. Le petit élastique s'élance dans les airs. Elle s'entraîne à réaliser des doubles saltos et des doubles vrilles, à l'aide de ses porteuses sur lesquelles elle prend appui, avant d'atterrir, soutenue par leurs bras habiles. Yannis l'aide à prendre de la hauteur grâce à la longe. C'est aussi un moyen de ne prendre aucun risque. Il est vigilant et la retiendrait dans le cas d'un raté. "Comme ça, on n'a pas peur", explique la jeune fille, pleine de pitreries entre deux figures.

Une psychologue du sport en renfort

"Pour l'instant, elles travaillent de manière dissociée", explique Yannis. "Dans un premier temps, elles enchaînent leurs pyramides dynamiques, avec la longe, et statiques, sur le praticable. Ça leur permet de bien travailler la précision et le souffle. Moi, je suis en parade, c'est-à-dire que je les soutiens lorsqu'elles effectuent leurs figures. Je suis une aide supplémentaire lors de l'atterrissage et je corrige leurs mouvements."

Pour réussir les pyramides, les filles doivent être très concentrées. Et pour réaliser la chorégraphie, il faut avoir une bonne condition physique. "Lorsqu'elles seront prêtes physiquement et mentalement, on reprendra l'ensemble des mouvements", complète la chorégraphe.

Concernant le mental, la coach ne laisse rien au hasard. "Avec de grandes échéances comme l'International acro cup de Sofia en Bulgarie, en mai dernier, j'ai souhaité que l'on travaille avec une psychologue du sport. Elle voit les filles en groupe, en moyenne une fois tous les mois et demi. La séance dure trente à quarante-cinq minutes. Elle les aide à collaborer, à dépasser leurs différences et à se libérer de la pression. Cela complète notre travail de techniciens. Et je suis sûre que ce n'est pas étranger aux deux médailles d'argent décrochées par le duo Maud/Léna (une au général et une au dynamique)." À chaque étape de l'entraînement, les professeurs tiennent compte de l'aspect psychologique. "Nous sommes déjà en train de travailler des éléments en vue des championnats du monde de juillet 2014 pour dédramatiser le niveau de ce qu'elles apprennent pour les "Europe". C'est une méthode de progression psychologiquement intéressante pour gérer la peur", détaille Kimberly Arnulf.

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