Femina sports : À un salto de l'Europe

À quelques jours de la rentrée scolaire, les gymnastes de Femina Sports étaient déjà à l'ouvrage. Dans le viseur des huit élèves du groupe performance, catégorie 11-16 ans, les 26es championnnats d'Europe de gymnastique acrobatique, le 16 octobre au Portugal.

Au neuvième étage du bâtiment de la gare, les muscles s'échauffent dès neuf heures du matin. Par petits groupes, elles arrivent, ces jeunes gymnastes tout en force et en souplesse. Elles ont entre sept et seize ans et sont au charbon depuis le 12 août. Farniente écourté pour les meilleurs éléments de Femina Sports, managés par Kimberly Arnulf, entraîneur et chorégraphe passionnée. Certaines sont arrivées en avance et sautent déjà sur le praticable. On sent qu'elles brûlent d'envie d'entamer la séance du jour. De vrais ressorts en culottes courtes qui se contorsionnent avec une aisance déconcertante. Pour chapeauter ces phénomènes, aux côtés de Kimberly on trouve Yannis Odru, spécialiste de la discipline (trois fois champion de France en duo masculin, quatre fois en duo mixte et une fois en quatuor). Avec eux, Rémi Chal Debeauvais, qui a passé dix ans au Cirque du Soleil.

La pépinière acro

Parmi les 640 membres du club, répartis entre les branches gymnastique artistique, baby gym et fitness, il y a le collectif acro. Il compte vingt-quatre gracieuses demoiselles séparées en deux groupes. Celui des "performance", vêtues de justaucorps rouges scintillants, compte huit élèves sélectionnées pour les championnats d'Europe de gym acro, qui se dérouleront du 16 au 28 octobre à Odivelas, au Portugal.

Le trio espoir de Maéva Desplat (16 ans), Andressa-Marie Lopez (15 ans) et Éléonore Ré (11 ans) représentera la France, tout comme le duo espoir de Léna Benezech (16 ans) et Maud Voituret (12 ans). Côté monégasque, on compte sur le trio junior d'Ilona Chiabaut (16 ans), Éva Arnulf (13 ans) et Anastasia Sangiorgio (16 ans).

En tenue libre, on trouve les seize éléments du clan "pré-performance", sorte d'équipe réserve. Les jeunes filles peuvent intégrer ce groupe dès six ans, afin d'apprendre le plus et le mieux possible en habituant le corps aux postures exigeantes et complexes de la gym acro.

"Chez les pré-performance, j'ai déjà quelques Monégasques qui pourront former une équipe dans l'avenir. Elles progressent très vite et on se rend rapidement compte de leur talent. On sait si elles pourront accéder au niveau international. C'est une grande motivation pour elles de voir qu'avec du travail, on peut viser les championnats d'Europe et du monde", commente Kimberly alors que l'échauffement au sol débute pour les trois équipes en partance pour Odivelas.

C'est parti pour trente à quarante minutes de réveil des muscles et des articulations.

"À un mois de l'échéance, elles sont en plein dans la préparation. On les unit. Elles s'entraînent tout le temps ensemble. La particularité à Monaco, c'est qu'on a des nationalités différentes. Donc il faut pouvoir créer des équipes qui correspondent aux années d'âges et qui ont la "bonne" nationalité pour le championnat auquel on choisit de participer", explique Kimberly Arnulf. "Françaises et Monégasques sont mélangées, et là-bas elles vont se soutenir. Moi je managerai l'équipe monégasque et mon collègue Yannis s'occupera de l'équipe de France. Nous nous soutiendrons tout au long de l'épreuve. L'esprit d'équipe est crucial. Il n'y a pas de différence de traitement entre les nationalités. C'est grâce à cela qu'on arrive à amener des équipes à ce haut niveau et qu'il peut y avoir une performance."

"Je stresse beaucoup,mais j'aime bien"

La coach sait de quoi elle parle. Elle a elle-même découvert la gym artistique à l'âge de huit ans, aux États-Unis où elle est née. Arrivée en Principauté à dix ans, elle a pratiqué sa discipline à Femina sports. "Mon entraîneur était Solange Ragazzoni, l'actuelle présidente de la Fédération monégasque de gym", sourit-elle. "On est en famille ici. Monaco m'a tout donné au niveau scolaire. J'ai appris le français et fait mes études ici. J'ai fait ma carrière en tant que gymnaste et j'ai eu envie de devenir entraîneur. Mon club m'a soutenue et aidée dans ma formation. Au moment où j'ai eu tous mes diplômes, on m'a offert de travailler à Femina sports parce que j'y étais très investie depuis longtemps. Mon travail, c'est ma passion. Et j'essaie de transmettre aux enfants ce que j'ai eu, tout simplement."

D'abord spécialiste de la gymnastique artistique, surtout de la poutre, Kimberly a créé la section acrobatique il y a cinq ans. "J'y pensais depuis plusieurs années. Ce sport répond à l'envie des jeunes d'aujourd'hui qui est de pratiquer un sport artistique, chorégraphique et acrobatique en équipe. Voilà pourquoi ça a tant de succès."

Un avis partagé par Ilona Chiabaut, capitaine du trio monégasque. "J'avais très peur en gym, sur la poutre par exemple. Alors qu'à l'acro on est au moins à deux. Ça me rassurait. Avant chaque compétition la porteuse me disait que ça allait bien se passer, qu'elle me rattraperait." "Et avant une compétition de gym acro, est-ce que tu stresses un peu ?" "Je stresse beaucoup mais j'aime bien", avoue Ilona. "J'aime bien avoir peur juste avant de passer, jusqu'à trembler. Une fois sur le praticable, la pression tombe et ça va tout seul." On remarque qu'elle travaille sa souplesse, dans un coin de la salle. "En ce moment j'assouplis mon dos", glisse la jeune fille. "Après mon bac, j'aimerais partir à l'école de cirque de Montréal. Je travaille beaucoup pour ça. Moi, tant que ce n'est pas bien, je peux faire et refaire un exercice jusqu'à ce que j'y arrive." L'exigence du sport de haut niveau…

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