Objectif Glasgow pour Kevin Crovetto

Trois mois après sa blessure au genou droit, Kevin Crovetto est déjà de retour à l'entraînement. Avec cinq semaines d'avance sur son protocole, le gym monégasque travaille avec un objectif en tête : les championnats du monde. Une condition sine qua non pour arracher sa qualification aux prochains Jeux.

Fin avril 2015, la nouvelle tombe. Rupture des ligaments croisés antérieurs du genou droit. Les ménisques et ligaments intérieurs sont eux aussi touchés. Une opération couplée à une greffe osseuse plus tard, Kevin Crovetto est debout. C'est le docteur Mandrino, spécialiste du genou, qui s'est occupé du Monégasque. Un choix réfléchi, comme l'explique le gym. "J'ai pris différents avis, et j'ai finalement choisi le délai de récupération qui me convenait le plus."  Peu après l'opération, la rééducation commence. 

En séances de rééducation quotidiennes à raison de deux fois par jour, Kevin Crovetto savait qu'il devait en baver pour revenir le plus vite possible. Parce que le garçon garde en tête les Jeux de Rio. Et pour y aller, il lui faut tout d'abord passer par la case "Mondes", au mois d'octobre. C'est donc une course contre la montre qui s'engage. "Les médecins étaient sceptiques sur la reprise au départ. En faisant des séances longues deux fois par jour, j'allais au delà de la douleur. Une grande partie de cette période s'est jouée sur le mental", précise le Monégasque. 

Arçons, anneaux et musculation

Dès lors, il fallait adapter un programme spécifique pour être prêt pour le mois d'octobre. "Il a fait un gros travail physique sur le haut du corps pour bien renforcer son épaule et prendre en force. On a ensuite décidé d'axer un travail de fond sur les agrès d'appuis où il n'a pas besoin de sa jambe", explique Thierry Aymes, le coach de l'Étoile de Monaco. 

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Pour ce faire, Kevin s'entraîne donc tout seul avec son entraîneur, alors que ses habituels partenaires sont encore en vacances. Très motivé, le jeune homme est également soulagé pour son genou. "Il va super bien. Je n'ai pas eu de douleurs, j'arrive à courir, à accélérer sans aucune douleur. A chaque rendez-vous que j'ai eu avec mon chirurgien (un par mois), il mettait 15 jours de moins sur le protocole", explique Kevin Crovetto. Résultat des courses, le bonhomme se retrouve avec 5 semaines d'avances. Et s'il est seul à s'entraîner lorsqu'ils sont à Monaco (ils vont aussi à Antibes pour que Kevin s'y entraîne avec d'autres gyms), cela ne le trouble pas plus que ça.

"Mon objectif est clair dans ma tête. Il n'y a rien qui me dérange ou me perturbe. L'essentiel est que chaque entraînement doit être efficace". Motivé, son coach l'est aussi et veille au grain sur chaque passage, et ce quelque soit l'agrès. Pendant une série de mouvements ou à l'issue de celle-ci, Thierry Aymes enchaîne les conseils à l'encontre de son poulain. De quoi lui permettre de s'améliorer sur les points de détails qui pourront faire la différence.

Glasgow avant Rio

Forcément diminué sur sa jambe droite, Kevin ne pourra pas forcer sur les programmes au sol et au saut de cheval. Deux de ses points forts habituellement. C'est pourquoi son entraîneur le fait travailler les détails, comme les positionnements des mains sur la croupe du cheval d'arçons, ou la façon dont sa tête rentre entre ses épaules sur la barre fixe. Des points de détails qui peuvent jouer pour beaucoup aux championnats du monde. "Il va devoir réduire le programme au sol. Le but est de grappiller des points sur la propreté des gestes sur les barres parallèles, les arçons, la barre fixe et les anneaux. J'y crois, et lui aussi. Et s'il pouvait se qualifier pour les Events, ce serait une super performance pour lui", note Thierry Aymes. 

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"Pour les mouvements de championnats du monde, j'ai la structure du mouvement plus le mouvement de base et je dois juste rajouter un ou deux éléments et la sortie pour les avoir", précise Kevin. Que ce soit aux arçons, anneaux, à la barre fixe ou aux parallèles, le jeune homme y est presque. En ce qui concerne les autres mouvements, il va falloir attendre encore un peu. "J'ai vu le chirurgien lundi, il m'a dit que début septembre je pourrai reprendre le sol. Pour le saut, on verra un peu plus tard, mais c'est quelque chose que je maîtrise bien." De quoi avoir encore pas mal de boulot en vue des Mondes de Glasgow en octobre.

Car pour aller à Rio, il lui faudra d'abord aller aux championnats du monde, et se qualifier pour les Events. Ce n'est que là qu'il pourra défendre sa place pour Rio.  "Pour les mondes, il est à 40-50% de chances de pouvoir les faire. Il reste encore trois mois et il va lui falloir reprendre les percussions au sol, les réceptions. Il y a aussi l'appréhension, ce qui fait que beaucoup de facteurs entrent en jeu. Mais il a une chance d'être présélectionné pour les Jeux", prévient l'ancien gym. 

"Les mondes sont la première étape. Il faut être dans les 56 premières délégations sur un peu plus de 80. Il est capable de le faire. C'est à lui de démontrer qu'il est aussi motivé que ce qu'il prétend.

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