Auriane Mallo "A Rio, j'ai beaucoup pleuré !"

La jeune Lyonnaise de 23 ans pointe à la 27e place du classement mondial. Après sa première olympiade à Rio, où elle a brillé avec sa performance lors des quarts de finale en équipe, ses yeux sont désormais tournés vers Tokyo.

Auriane Mallo pratique l'escrime depuis ses huit ans. Aujourd’hui membre de l'équipe de France, elle mène de front la pratique de l'épée à haut niveau et ses études de kiné à l’Insep, dont elle devrait être diplômée l’an prochain. Rencontre avec une jeune femme déterminée et pétillante.

Que représentait cette compétition internationale à Monaco ?

C'est une bonne compétition avec beaucoup de monde pour s'évaluer, voir un peu là où on pêche. C'était aussi un bon moyen pour se situer avant la coupe du monde qui avait lieu deux semaines plus tard à Budapest. En circuit, on se retrouve souvent à tirer INSEP contre INSEP. Cela ne nous apporte pas grand-chose parce qu'on se connaît par cœur. Ici, comme il y a des étrangères, on ne tire pas toutes les unes contre les autres, c'est plus sympa pour nous.

Vous menez en parallèle l'épée et vos études…

Ce n'est pas facile tous les jours. Des fois, je rentre de compétition et le lendemain j'ai partiel. C’est une organisation, un rythme à prendre. Quand tu n'es pas à l'entraînement, tu es à l'école et inversement. On sait que l'on fait un sport d'amateurs et que si on ne va pas à l'école, derrière on n'a rien. Cela nous oblige à ne pas rester à attendre qu'il se passe quelque chose. C'est bien d'avoir la double casquette et de savoir que le jour où j'arrête, je ne me retrouverai pas sans rien, à devoir retourner chez papa-maman. Je suis sereine pour mon avenir. Je sais que j'aurai un travail qui me plaira. Ce n'est pas facile mais c'est pour la bonne cause.

 Comment vit-on quand on est épéiste ?

Concrètement, ce sont mes parents qui paient mon loyer. Sans eux, ce serait dur de continuer. J'ai la chance d'avoir des parents qui peuvent m'aider et je les en remercie. Je ne sais pas comment ça va se passer quand je serai diplômée. J'espère que je trouverai un contrat qui me permettra de faire les deux, à l’hôpital ou un mi-temps. Kiné, c'est un métier manuel. Ne pas travailler tout de suite me fait un peu peur pour la suite. Mais j’ai encore un an et demi, donc je me poserai ces questions après.

Il existe également des contrats pour les sportifs de haut niveau…

Le pacte de performance, créé par Thierry Braillard. Tous les sportifs ne l'ont pas. Lauren (Rembi) en a un. Mais c'est la seule à l'épée dames qui a un contrat. Ce n'est pas facile. Il n'y a pas forcément assez d'entreprises pour le nombre de sportifs de haut niveau. La fédération essaie de nous trouver des choses. Ils font ce qu'ils peuvent, mais ce ne sont pas des magiciens non plus.

Quels souvenirs ramenez-vous des JO ?

J'ai beaucoup pleuré ! Quand on y est, on se rend compte de l'énormité de la chose. C'est vraiment au niveau des émotions que tout change. Aux Jeux, c'est multiplié par mille. C'était une belle expérience, même si, au final, on n'a pas eu les médailles qu'on visait. On était une équipe jeune, on s'est qualifiée, ce n'est pas passé loin. Maintenant, notre objectif c’est Tokyo. On va se servir des erreurs de Rio pour avancer et être fortes à Tokyo.

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