David Lappartient : "Ça va devenir un véritable événement"

Alors que le championnat d'Europe de cyclisme était initialement prévu à Monaco et Nice, les événements du 14 juillet ont poussé la ville de Nice à ne plus les accueillir. Le président de l'Union Européenne de Cyclisme (UEC), David Lappartient, revient sur les raisons de son choix initial.

Si les championnats d'Europe de cyclisme se sont finalement déroulés à Plumelec, en Bretagne, deux coureurs de l'UCM y ont participé (voir page 52 et 54). Avec, pour la première fois des coureurs professionnels, comme l'explique David Lappartient dans cet entretien.

Pourquoi avoir choisi initialement de venir faire le championnat d'Europe de cyclisme à Monaco et Nice ?

Les championnats d’Europe existent depuis un certain temps, mais ils étaient ouverts aux jeunes catégories, donc pas du tout médiatiques, avec peu de spectateurs, pas de diffusion télé. Mon idée était de dire "il faut les ouvrir aux professionnels". Et si on veut réussir nos premiers championnats d’Europe, il faut quand même que l’on ait un lieu qui soit sportivement intéressant et que le circuit soit dur pour que les meilleurs coureurs soient intéressés. Il faut aussi que le lieu d’accueil parle à l’Europe et au monde, et c’est vrai que Nice et Monaco sont un territoire qui parle à l’Europe et au monde. Et il y avait aussi un savoir faire, une volonté exprimée de la ville de Nice, et le Prince Albert II, on connaît aussi son attachement au sport, puisqu'il est notamment membre du CIO. 

Comment aviez-vous choisi le parcours ?

On voulait quelque chose d’assez difficile, et à Nice vous avez la mer d’un côté et la montagne de l’autre, l’autoroute, ce n’est pas si simple que ça. Naturellement, quand on fait l’ensemble du circuit, on était parti sur un parcours autour de Nice-Eze, en passant par le Col d’Eze, qui est connu par le monde du vélo et de cette manière on a essayé de prendre des zones un peu moins urbaines.

Ça a été difficile de le mettre en place ?

Ça n’a pas été facile, il y a des communes où c’était simple, d’autres où c’était plus compliqué. C’est vrai que sur la commune d’Eze ou Villefranche-sur-mer, on créé des contraintes, il ne faut pas se voiler la face. Donc l’organisation n’était pas aisée. Mais tout a été fait pour minimiser les impacts que nous avions sur ces communes-là. Et les départs de Monaco, il y avait deux courses par jour, sauf le dimanche où il n'y avait que les professionnels. Quand on part de Monaco à 9 heures le matin, ce n’est pas peu simple quand même. 

L'apport de la Fédération Monégasque de Cyclisme (FMC) avait été important dans le cadre de ce dossier ?

Bien sûr ! Dès qu’on est sur le territoire de la Principauté, on est forcément en lien avec la FMC. En plus, Umberto Langellotti (le président de la FMC) est un homme sérieux, qui aime le vélo, qui le connaît et que j’apprécie. On a beaucoup travaillé ensemble sur ce dossier et pour tout ce qui se passait sur la Principauté, il a été d’une grande aide, ce qui a été appréciable avec la volonté du Prince Albert II.  

Quelles relations entretiennent l'UEC avec la FMC ?

La FMC est particulièrement impliquée par la voix de son président. Umberto est membre de la commission route (qui réunit 3 personnes), une commission très importante, il est aussi délégué votant au congrès UCI (Union Cycliste Internationale). Ce n’est pas chaque fédération qui vote, on vote par continents. Les fédérations sont représentées par continent, l’Europe a le droit à 14 votants, 14 délégués et parmi eux, Umberto Langellotti fait partie des 14 qui votent au nom de l’Europe. Il y a 42 votants au niveau du congrès de l’UCI, et donc il est un des 42 au niveau mondial.

Que pensez-vous de ce qui est fait pour les espoirs du cyclisme par l'Union Cycliste de Monaco ?

C’est particulièrement intéressant, car avec des fonds de solidarité, on a aidé l’Union Cycliste Monégasque et la FMC pour monter ce pôle et je peux voir qu’il y a des coureurs de bons talents, qui viennent de plusieurs pays européens différents. Ça joue tout à fait le jeu de ce que l’on essaie de faire en terme de développements. Ce que je peux voir, c’est que la FMC a tendance à se développer et est reconnue par son expertise. 

Peut-on espérer un jour voir le championnat d'Europe venir à Monaco et Nice, comme cela était initialement prévu ? 

Je pense que ce serait bien. Je sais qu'en ce qui concerne la mairie de Nice, qui serait assez sensible, c’est quelque chose qui peut se faire à l’avenir. J’aimerais bien. 

Quelles sont les conditions à remplir pour l'organisation d'un championnat d'Europe ?

Il y a des conditions, avec un ticket d'entrée à payer à l'UEC, une organisation technique à mettre en œuvre, et là on s’est appuyé sur ASO, l’organisateur du tour de France, et puis derrière il faut quand même des capacités hôtelières et des aéroports. On va dire que dans votre secteur, ce n’est pas ce qui manque ! 

Le ticket d’entrée est dans quelle fourchette ?

On est dans des fourchettes à 500 000 euros, avec une participation aux frais de production qui sont de 150 000 €. Et après vous avez le coût d’organisation technique à mettre en place, qui est à la charge de l’organisateur. Là on s'appuyait sur ASO, et la ville de Nice avait un contrat avec la Fédération à qui elle laissait le soin d'organiser tout ça. 

Que va apporter la participation des professionnels au championnat d'Europe ?

Je trouvais que c’était un peu une anomalie qu’on n’ait pas de championnat d’Europe professionnel. Là on a la course des moins de 23 ans qui va être produite, celle des dames va être diffusée, dans 60 pays pour les deux. Si on n’a pas les professionnels, on n’est pas capables de faire ça, parce que l'accord est global. Je pense que ça va apporter une notoriété supplémentaire, des spectateurs complémentaires, ça va devenir un véritable événement en fait. 

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