Du rire aux rames

Mathias Raymond et Quentin Antognelli sont monégasques et pratiquent l'aviron. Le premier a porté les couleurs de la Principauté à deux reprises aux JO tandis que le second ambitionne de faire de même à Tokyo dans 3 ans. Rencontre.

L'un a commencé l'aviron pour raisons médicales quand le second y a baigné dedans depuis l'enfance. Mais tous deux ont suivi un parcours ressemblant.  

Au-delà de l'aviron, votre premier point commun est Jean-Louis, le papa de Quentin qui était l'entraîneur de Mathias. Vous vous êtes connus comme ça ?

Q : Je ne me souviens plus exactement comment j'ai connu Mathias, parce que ça remonte à loin et j'étais tout petit. Mais je me rappelle lorsque mon père était parti à Athènes pour les suivre en double en 2003, à l'époque j'avais 9 ans et je n'avais pas trop d'idée de ce qu'il faisait.

M : C'est exactement ça. Jean-Louis, son papa, s'est occupé de nous, notamment sur l'aspect international, et ça a commencé très jeune pour moi, dès 2003. Et après, Quentin était toujours dans les environs, il avait 10-11 ans, il était toujours là à tourner, il venait un peu sur le bateau moteur, des fois il ramait. C'est pour ça que même avec son papa, ce n'est pas une relation d'entraîneur-entraîné. On partait très souvent en stage et en compétition. On passait 24h/24 ensemble, pendant des mois et à un moment j'étais plus proche de son père que du mien. Et Quentin était dans les parages, je l'ai toujours vu là.

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Mathias, à ce qu'il paraît, Quentin portait vos rames à l'époque ?

(Les deux éclatent de rire)

M : C'est vrai.

Q : (à Mathias) C'est quand tu étais en U23. Comme mon père partait, on suivait un peu avec ma mère et j'étais content de suivre Mathias que je considérais comme un des meilleurs rameurs mondiaux (rires).

M : Ça fait toujours plaisir même si on s'en prend des belles après.

Q : Au moins tu as l'admiration des enfants (rires). C'était impressionnant pour moi à l'époque d'être avec toutes les équipes nationales, comme les Français avec qui Mathias s'entraînait. C'était très sympa.

Vous avez un parcours assez similaire tous les deux, de la Société Nautique au pôle espoirs de Lyon…

M : Je ne sais pas si c'est voulu, mais à l'époque, quand j'ouvrais certaines portes, je ne voulais pas que ce soit du one shot et je savais qu'il y avait Quentin derrière.

Parce que ça a été compliqué à mettre en place. Quand j'étais là-bas, j'étais content de savoir que Quentin était là parce qu'au moins, ce que je faisais, n'était pas gâché. Au début je m'entraînais pour moi avant tout, mais de savoir que ce qu'on fait ça pourra aussi profiter  à quelqu'un d'autre et lui faire gagner du temps, c'est bon aussi. Quand j'étais à Lyon, comme ailleurs, j'avais toujours Quentin derrière la tête en me disant que s'il en avait envie, il pourrait en bénéficier par la suite.

Q : Je pense que Mathias a essuyé beaucoup de plâtres avant moi, ne serait-ce que sur les compétitions internationales, où je sens que c'est plus rôdé, beaucoup plus carré avec Monaco que ce que ça pouvait l'être à l'époque. Mon père le dit encore (rires). Les premières années étaient compliquées.

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