Dossier

Les sapeurs-pompiers de Monaco au charbon

Chez les sapeurs-pompiers de Monaco, la condition physique doit être optimale. Et il est crucial de la repenser de temps en temps, afin de coller toujours plus au besoin du métier ainsi qu'au bien-être des hommes. Afin d'en savoir davantage sur le sujet, nous sommes allés à leur rencontre, accompagnés du lieutenant-colonel Tony Varo et du commandant Marc Degabriel.

Vous commencez à travailler à quelle heure vous ? Parce que les hommes débutent leur entraînement à 8 h 30", s'inquiétait le lieutenant-colonel Varo. Mais participer (passivement) à la séance de sport des hommes du feu ne souffre pas de compromis. Nous allions ouvrir l'œil un poil plus tôt que de coutume et marcher au pas. Rendez-vous était fixé à 8 h 15.

Une fois arrivés au 11, avenue du port, nous étions reçus par le grand chef lui-même pour quelques explications de rigueur autour d'un café."Les sapeurs-pompiers de Monaco, c'est qui ? C'est quoi ?", commence-t-il, plein d'entrain. "Nous sommes une unité composée de 142 hommes, répartis entre la caserne du port et celle de Fontvieille, au statut professionnel et militaire. Nous sommes, avec les Carabiniers du Prince, le deuxième élément de la force publique."

"De bonnes aptitudes physiques"

Lors de la formation initiale d'un sapeur-pompier, on lui enseigne la lutte contre les incendies et le secours à la personne. À Monaco, on les forme en plus aux risques technologiques, aux feux de navires et de forêts, et au sauvetage déblaiement. La préparation des forces sur le plan opérationnel est confiée au commandant Marc Degrabriel, à la tête du bureau "formation instruction sport". 

Après une sélection rigoureuse des recrues, qui s'effectue sur une semaine, le commandant forme les futurs sapeurs-pompiers pendant cinq mois. Ici, comme chez les Carabiniers, il n'y a pas de femme. Pour espérer intégrer l'unité, "il faut avoir entre 19 et 27 ans, de bonnes moralités, de bonnes aptitudes physiques et être célibataire", explique Tony Varo. 

Trois minutes chrono

Après le recrutement et la formation des nouveaux, la mission du commandant Degabriel consiste à veiller au maintien de la condition physique et opérationnelle des pompiers. "Les deux sont liés, car ils doivent être en mesure de réagir rapidement, tout le temps. Imaginez, on vous réveille à 3 heures du matin et 3 minutes après, vous vous apprêtez à grimper en haut d'une échelle pour sauver une personne d'un bâtiment en flammes", décrit le commandant. 

Trois minutes, ce n'est pas une façon de parler. C'est réellement le temps maximum qu'on laisse aux sapeurs-pompiers pour être prêts à quitter la base. "Pour arriver à bon port en Principauté, il faut compter cinq minutes. Donc en huit minutes, vous avez quelqu'un pour vous secourir. Bon, si c'est en pleine nuit, il ne sera peut-être pas rasé…", plaisante le lieutenant-colonel Varo. Quoiqu'on soit en train de faire, on le lâche pour intervenir. 

Toute la problématique physique du pompier réside dans le fait d'être capable de fournir un effort physique intense, sans échauffement, et sur la durée. "On n'improvise rien, les bases doivent être solides. Les gars sont vêtus de carapaces qui pèsent 30 kilos, dans une ambiance parfois mortelle. À 600 degrés, personne ne vit. Ce qui signifie qu'on ne peut pas se planter", déclare Tony Varo.

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