Fabrice Hay-Veran, "lorsqu'on croit en soi, rien n'est impossible."

Fabrice Hay-Veran est un pur produit des Alpes-Maritimes. Publicitaire de métier, il a réussi à mixer sa vie professionnelle et sa passion pour le sport en créant une agence de communication dédiée aux enseignes sportives.

A 42 ans, ce papa de deux enfants a une vie bien remplie. Car entre sa vie de famille, son activité professionnelle et la pratique de la course à pied, du vélo et de la natation, cet ancien attaquant (football) ou ¾ aile (rugby) a de quoi faire. 

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Pourquoi avoir choisi de mixer vos deux passions, à savoir la communication et le sport avec "La tête et les jambes" ?

Étant publicitaires de métiers et sportifs, nous avons, mes associés et moi, été amenés à voir dans différents magazines des marques de sport, des produits qu'on connaissait, qu'on utilisait. Et nous avons remarqué, avec notre regard de publicitaire, que la pub ne cadrait pas avec ce que l'on avait, du point de vue utilisateur. Nous avons vu cette opportunité et c'était l'idéal de joindre une activité professionnelle à notre passion pour le sport. Nous avons donc décidé de créer cette agence spécialisée à Monaco, La tête et les jambes. C'est une vraie vocation que nous avons. J'ai un côté plutôt rationnel, cartésien, et j'aime bien mêler ça à la créativité. Notre credo, c'est de dire que "la communication c'est de l'art avec de la stratégie".Vous êtes un touche-à-tout, avec du football, du rugby et de l'enduro à votre actif. 

Après tout ça, pourquoi vous orienter sur le triathlon ?

J'avais arrêté le sport à une époque, par manque de temps. Puis un jour, avec mes associés, on s'est lancé dans l'idée de prendre part à la Prom'Classic (course de 10 km). Ça s'est ensuite enchaîné avec le semi-marathon puis un marathon. J'avais toujours eu dans l'idée de me lancer sur un triathlon, donc je me suis racheté un vélo et j'ai repris la natation. J'ai débuté par un petit triathlon dans mon village en 2009, puis deux autres avant de me lancer dans le premier grande distance. Je me suis découvert à ce moment-là.

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Vous avez rapidement basculé sur un Ironman. Qu'est-ce que ça vous a révélé sur vous ?

D'abord, ça m'a renforcé dans l'idée que lorsqu'on veut quelque chose et qu'on s'en donne les moyens, on peut l'obtenir. L'Ironman, c'est beaucoup d'entraînement mais aussi de "sacrifices". Mais si on veut, on peut. Je ne me considère pas comme un surhomme. N'importe qui peut en faire. Au fond, il suffit juste d'avoir envie. Mais c'est vrai qu'il faut de la volonté. Quand on bosse et qu'à 7 h 15 on est déjà en train de nager 3 km au Louis-II, à 8 h 30 on est au travail, à midi on va courir ou le soir on rentre en vélo. Il faut avoir envie. Lorsqu'on croit en soi et quelque part en ses rêves, rien n'est impossible. 

Football, rugby, moto, triathlon, que cela vous apporte-t-il dans votre vie professionnelle et personnelle ?

Ça m'apaise. Ça me permet de me concentrer sur le travail. Comme je le dis souvent, si dans la matinée je bute sur un problème, à midi je prends mon vélo, je vais rouler et là, je vais trouver la solution. C'est la même chose pendant que je cours ou que je nage. Tout ce sport me permet d'avoir des coupures dans la journée. Cela me régénère en quelque sorte. Il n'y a pas de fatigue, ou alors c'est de la bonne fatigue. Même dans la vie de famille, je suis plus cool. Et par exemple, quand le samedi matin j'ai fait 180 bornes de vélo, j'apprécie plus, le soir, le repas en famille. C'est vraiment un apport, les gens qui ne font pas de sport ne peuvent pas comprendre. D'avoir fait un Ironman, je me dis que rien n'est impossible. On gagne en assurance et aussi en calme. Je suis quelqu'un d'un naturel assez anxieux et ça m'a permis d'être apaisé, de mieux gérer mes émotions. 

Qu'avez-vous ressenti quand vous avez fini votre premier Ironman ? 

Alors ce n'est pas tant quand je l'ai fini, mais surtout quand je le faisais. Je me disais "purée, tu es en train de le faire." Et je me souviens qu'une gérante d'un magasin qui nous avait donné des tenues m'avait vu pendant la course. Elle m'avait dit après : "chaque tour que tu passais, tu avais la banane." Et je ne m'en rendais même pas compte, mais c'est vraiment une satisfaction. Le jour J, c'est un plaisir énorme. Car on s'accomplit en quelque sorte. Il n'y a pas de comparatif. 

Combien avez-vous fait d'Ironman ?

 Sept. J'ai fait celui d'Embrun qui est encore plus dur. Cette année, je n'ai pas pu le faire car on a eu beaucoup de travail, mais en 2018 je repars. J'ai fait celui de Nice en 2011, 2012, celui d'Embrun en 2013, 2014. En 2015 j'ai enchaîné ceux de Nice et Embrun et 2016 uniquement celui de Nice. Mais enchaîner les deux, c'est très difficile. J'ai eu deux mois en octobre et en novembre où je planais complètement. Il y avait des moments dans la journée où c'était le vide total. Le contre-coup est énorme. À Embrun, il y avait du vent et de la pluie. J'avais failli abandonner. 

Quand vous aviez failli abandonner, que vous êtes vous dit pour continuer ? 

C'est une question de mental. Le froid devenait une douleur. La douleur physique avait affecté le mental. Au moment où j'ai posé le vélo, le soleil sortait. Il y avait ma fille et la fille d'un copain qui m'encourageaient. Je me suis dit, "je fais le tour du lac et je verrais bien." Et finalement, la chaleur est revenue. Mon sang s'est mis à circuler de nouveau. J'ai mangé, je me suis hydraté et je suis reparti. Le mental avait repris le dessus. Chacun se donne la force de continuer à sa manière. Certains pensent à une personne disparue. D'autres à leurs enfants qui les attendent à l'arrivée. Ce que je me suis dit, c'est que je ne m'étais pas entraîné pour rien. 

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